Strasbourg, Treuttel et Wurtz. Paris, Cherbuliez
5. Les grands résultats obtenus sur ce point n*ont été acquis
INTRODUCTION. x"»*
tort de se tenir beaucoup trop sur le terrain théologique et trop peu sur le terrain historique*, il est indispensable, pour se rendre compte des motifs qui m'ont guidé dans une foule de minuties, de suivre la discussion toujours judicieuse, quoique parfois un peu subtile, du livre si bien traduit par mon savant confrère M. Littré.
Je crois n'avoir négligé, en fait de témoignages anciens, aucune source d'informations. Cinq grandes collections d'écrits, sans parler d'une foule d'autres données éparses, nous restent sur Jésus et sur le temps où il vécut, ce sont : 1° les Évangiles et en général les écrits du Nouveau Testament; 2' les compositions dites « Apocryphes de l'Ancien Testament » ; 3° les ouvrages de Philon ; 4° ceux de Josèphe ; S*» le Talmud. Les écrits de Philon ont l'inappréciable
que depuis la première édition de Touvrage de M. Strauss. Le savant critique y a, du reste, fait droit dans ses éditions successives avec beaucoup de bonne foi.
4 . Il est à peine besoin de rappeler que pas un mot , dans le livre de M. Strauss, ne justiHe Tétrange et absurde calomnie par laquelle on a tenté de décréditer auprès des personnes superficielles un livre commode, exact, spirituel et consciencieux, quoique gâté dans ses parties générales par un système exclusif. Nonseulement M. Strauss n'a jamais nié l'existence de Jésus, mais chaque page de son livre implique cette existence. Ce qui est vrai, c'est que M. Strauss suppose le caractère individuel de Jésus plus effacé pour nous qu'il ne l'est peut-ôtre en réalité.
VÎE DE JÉSUS.
INTRODUCTION
avantage de nous montrer les pensées qui fermentaient au temps de Jésus dans les âmes occupées des gi-andes questions religieuses(Philon vivait, il est vrai, dans une tout autre province du judaïsme que Jésusj mais, comme lui, il était trcs-dégagé de Tesprit pharisaïque , qui régnait à Jérusalem ; Philon est vraiment le frère aîné de Jésus/Il avait soixante-deux ans quand le prophète de Nazareth était au plus haut degré de son activité, et il lui survécut au moins dix années. Quel dommage que les hasards de la vie ne raient pas conduit en Galilée! Que ne nous eut-il pas
appris !
Josèphe, écrivant surtout pour les païens, n'a pas dans son style la même sincérité. Ses courtes notices sur Jésus, sur Jean-Baptiste, sur Juda le Gaulonite, sont sèches et sans couleur. On sent qu'il cherche à présenter ces mouvements, si profondément juifs de caractère et d'esprit, sous une forme qui soit intelligible aux Grecs et aux Romains. Je crois le passage sur Jésus* authentique dans son ensemble. Il est parfaitement dans le goût de Josèphe, et, si cet historien a fait mention de Jésus, c'est bien comme cela qu'il a dû en parier. On sent seulement qu'une main chrétienne a retouché le morceau, en y ajoutant quelques