Ibiil; vers. 9-1 î
INTRODUCTION
pxy-a^w, verbe d'une nuance très-mitigée sans doute, mais qui est toujours le mot qu'il emploie quand il parle à ses disciples*.
Le verset 33 termine parfaitement l'épître aux Romains, selon les règles des finales de saint Paul. Les versets 1 et 2 du chapitre xvi pourraient encore être admis comme un post-scriptum de l'épître aux Romains ; mais ce qui suit à partir du verset 3 fait naître de véritables difficultés : Paul, comme s'il n'avait pas clos sa lettre par le mot Amen,, se met à saluer vingt -six personnes, sans parler de cinq Églises ou groupes. D'abord, Paul ne met jamais ainsi les salutations après la bénédiction et VAmen final. En outre, ce ne sont pas ici des salutations banales comme on peut en adresser à des gens qu'on n'a pas vus. Paul a eu évidemment les relations les plus intimes avec les personnes qu'il salue. Toutes ces personnes ont leur trait spécial : celle-ci a travaillé avec lui ; ceux-là ont été m prison avec lui; une autre lui a servi de mère (sans doute en le soignant dans quelque maladie'); il sait à quelle époque chacun s'est converti; tous sont ses amis,
-1. II Cor., VIII, 6; ix, 5; xii, 18; cf.'î Tim., i, 3. Voir saint Jean Chrysostome, sur ce dernier passage. 2. Voir ci-dessous, p. 426.
ses collaborateurs, ses très- chers. Il n'est pas naturel qu'il ait tant de liens avec une Église où il n'a jamais été, qui n'est pas de son école, avec une Église judéo-chrétienne, où ses principes lui défendent de travailler. Non-seulement il connaît par leur nom tous les chrétiens de l'Église à laquelle il s'adresse, mais encore il connaît les maîtres de ceux qui sont esclaves, Aristobule, Narcisse; comment désîgne-t-il avec tant d'assurance ces deux maisons, si elles sont à. Rome, où il n'a jamais été? Écrivant aux Églises qu'il a fondées, Paul salue deux ou trois personnes; pourquoi salue -t-il un nombre si considérable de frères et de sœurs dans une Eglise qu'il n'a jamais visitée?
Si nous étudions en détail les personnes qu'il salue, nous verrons avec plus d'évidence encore que cette page de salutations n'a jamais été adressée à l'Église de Rome. Nous n'y trouvons aucune des personnes que nous savons avoir fait partie de l'Église de Rome S et nous y trouvons plusieurs personnes qui sûrement n'en ont jamais fait partie. En première ligne (v. 3-4), figurent Aquila et Priscille. Tout le monde reconnaît qu'il ne s'est
4. II Tim., IV, 21, passage qui a sa valeur historique, quoique la lettre soit apocryphe.
INTRODUCTION
écoulé que quelques mois entre la rédaction de la première épître aux Corinthiens et la rédaction de répître aux Romains. Or, quand saint Paul écrivait la première aux Corinthiens, Aquila et Priscille étaient à Éphèse^ Dans l'intervalle, ce couple apoT stolique a pu, dira -t- on, être parti pour Rome. Cela serait bien singulier. Aquila et Priscille étaient partis une première fois de Rome, chassés par un édit ; nous les trouvons ensuite à Corinthe, puis h Éphèse ; les ramener h Rome sans que leur sentence d'expulsion eût été rapportée, juste le lendemain du jour où Paul vient de leur dire adieu à Éphèse, c'est leur prêter une vie par trop nomade; c'est accumuler les invraisemblances. Ajoutons que l'auteur de la deuxième épître apocryphe de Paul à Timothée suppose Aquila et Priscille à Éphèse S ce qui prouve que la tradition les fixait là. Le petit Mar-