‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 737 sur 1128 · Cimitero degli antichi Ehrei, p · texte numérisé non relu

Cimitero degli antichi Ehrei, p

INTRODUCTION

adressés à l'Église de Rome, ils ont été adressés à rÉgUse d'Éphèse. Les versets 17-20 ne peuvent davantage avoir été adressés aux Romains. Saint Paul y reprend le mot qui lui est habituel, quand il donne un ordre à ses disciples (Trapaza'Xw) ; il s'exprime avec une extrême aigreur sur les divisions semées par ses adversaires ; on sent qu'il est là en famille ; il sait l'état de l'Église à laquelle il s'adresse ; il se fait gloire de la bonne réputation de cette Église ; il se réjouit d'elle comme un maître de ses élèves (ècp' u'xiv /^aipw). Ces versets n'ont pas de sens, si on les suppose adressés par l'apôtre à une Église qui lui aurait été étrangère; chaque mot prouve qu'il avait prêché ceux à qui il écrit, et qu'ils étaient solUcités par ses ennemis. Ces versets ne peuvent avoir été adressés qu'aux Corinthiens ou aux Éphésiens. L'épîlre à la fm de laquelle ils se trouvent fut écrite de Corinthe ; ces versets , qui constituent une finale de lettre , ont donc été adressés à Éphèse. Comme nous avons montré que les versets 3-16 ont été également adressés aux fidèles d'Éphèse, nous obtenons ainsi un long fragment (xvi, 3-20) qui a du faire partie d'une lettre aux Éphésiens. Dès lors, il devient plus naturel de rattacher à ces versets 3-20 les versets 1-2 du même chapitre, versets qui pourraient être considérés comme un post-scriptum après XAmen, mais quil

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vaut mieux rapporter à ce qui suit. Le voyage de Phœbé est ainsi plus vraisemblable. Enfin, les recommandations assez impératives de xvi , 2 , et le motif dont Paul les appuie , se comprennent mieux , adressés aux Éphésiens, qui avaient tant d'obligations h rapôtre, qu'aux Romains, qui ne lui devaient

rien.

Les versets 21-24 du chapitre xvi * n'ont pu, mieux que ce qui précède, faire partie d'une épître aux Romains. Pourquoi toutes ces personnes, qui n'avaient jamais été à Rome, qui n'étaient pas connues des fidèles de Rome, salueraient-elles ces derniers ? Que pouvaient dire à l'Église de Rome ces noms d'inconnus ? Une remarque bien importante, c'est que ce sont tous des noms de Macédoniens ou de gens qui pouvaient connaître les Églises de Macédoine. Le verset 24 est une finale de lettre. Les versets xvi, 21-24, peuvent donc être une fin de lettre adressée aux Thessaloniciens.

Les versets 25-27 nous offrent une nouvelle finale, qui n'a rien de topique, et qui, comme nous l'avons déjà dit , se trouve dans plusieurs manuscrits, à la fin du chapitre xiv. Dans d'autres manu-

\ . Sur rincertitude des manuscrits à propos de la place du verset 24, voirGriesbach, lYov. Test,, II, p. 222.

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scrits, en particulier dans le Bœrnerianus et VAugiensis (partie grecque), cette finale manque ^ Sûrement, ce morceau n'a pas fait partie de l'épître aux Romains, terminée au verset xv, 33, ni de l'épître aux Éphésiens , terminée au verset xvi, 20, ni de l'épître aux Églises de Macédoine, qui finit par le verset xvi, 24. Nous arrivons donc à ce singulier résultat que l'épître finit quatre fois, et dans le Codex Alexandrinus cinq fois. Gela est absolument contraire aux habitudes de Paul , et même au bon sens. Il y a donc ici un trouble, provenant de quelque accident particulier. Faut -il, avec Marcion^ et avec Baur, déclarer apocryphes les deux derniers chapitres de l'épître aux Romains? On est surpris qu'un critique aussi habile que Baur se soit contenté d'une solution aussi grossière. Pourquoi un faussaire aurait-il inventé de si insignifiants détails? Pourquoi aurait -il ajouté à l'ouvrage sacré une liste de noms

i. Voir les éditions de ces Codices données par Matthœi (]\Ieissen, 1791) et par Scrivener (Cambridge, 1859), ou Griesbach, Nov. Test. Al, p. 212. Dans le Bœrnerianus, un espace blanc est laissé à la fin du ch. xiv. Dans le Claromonlanus, le passage se trouve à la fin du ch. xvi, mais on sent que les correcteurs l'ont tenu pour suspect. (Tischendorf, Codex Clarom.. p. 550.)

2. VoirOrigène, Comment, sur r Épître aux Rom., livre X, 43. \\ est évident qu'ici Marcion n'était conduit par aucune vue dogma- . tique.

if.

propres? Au premier et au second siècle, les auteurs d'apocryphes avaient presque tous un intérêt dogmatique; on interpolait les écrits apostoliques en vue d'une doctrine ou d'une discipline à établir. Nous croyons pouvoir proposer une hypothèse plus satisfaisante que celle de Baur. Selon nous , l'cpître dite aux Romains, i° n'a pas été adressée tout entière aux Romains, 2° n'a pas été adressée aux seuls Romains.

Saint Paul, en avançant dans sa carrière, avait pris le goût des épîtres encycliques \ destinées h être lues dans plusieurs Églises *. Nous supposons que le fond de l'épître aux Romains fut une encyclique de ce genre. Saint Paul, au moment de sa pleine

maturité, l'adresse à ses plus importantes Eglises, au moins à trois d'entre elles, et, par exception , il l'adresse aussi à l'Église de Rome. Les quatre finales tombant aux versets xv, 33; xvi, 40; xvi , 2/i; XVI, 27, sont les finales des divers exemplaires expé-

4. Voir Col , IV, 16, et ci-dessus, p. xx et suiv. II est remarquable que l'auteur de la /« Pelri, lequel fait usage des épîtres de Paul, se sert principalement de l'épître aux Romains et de l'épître aux Éphésiens, c'est-à-dire des deux épîtres qui sont des traités généraux, des catéchèses.

2. Nous verrons les épîtres dites « catholiques » sortir d'une habitude analogue.

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diés. Quand on fit l'édition des épîtres, on prit pour base l'exemplaire adressé à l'Éghse de Rome^ mais, afin de ne rien perdre , on mit à la suite du texte ainsi constitué les parties variantes et notamment les diverses finales dçs exemplaires qu'on abandonnait ^ Par là s'expliquent tant de singularités : i° le double emploi que fait le passage xv, 1-13, avec les chapitres XII, XIII, XIV, chapitres qui, ne convenant qu'à des Églises fondées par l'apôtre, ne devaient pas se trouver dans l'exemplaire envoyé aux Romains, tandis que le passage xv, 1-13, ne peut convenir à des disciples de Paul et convient au contraire parfaite-

1. Peut-être Tédition des lettres de Paul se fit-elle à Rome.

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