Luc, IV
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,2 , OniGINES DU CHRISTIANISME. [An 45]
villes. Les premiers apôtres chrétiens ne prêchèrent pas les campagnes. Le paysan {paganus) fut le dernier à se faire chrétien. Les patois locaux que le grec n'avait pas déracinés dans les campagnes en étaient en partie la cause. A vrai dire, le paysan disséminé hors des villes était chose assez rare dans les pays et à l'époque où le christianisme se répandit d'abord. L'organisation du culte apostolique consistant en assemblées {ecclesia) était essentiellement urbaine. L'islamisme, de même, est jussi pa» excellence une religion de ville. Il n'est complet qu'avec ses grandes mosquées, ses écoles, ses oulémas, ses
muezzins.
La gaieté , la jeunesse de cœur que respirent ces odyssées évangéliques furent quelque chose de nouveau, d'original et de charmant. Les Actes des Apôlres , expression de ce premier élan de la conscience chrétienne, sont un livre de joie', d'ardeur sereine. Depuis les poëmes homériques, on n'avait pas vu d'œuvre pleine de sensations aussi fraîches. Une brise matinale, une odeur de mer, si j'ose le - dire, inspirant quelque chose d'allègre et de fort, pénètre tout le livre et en fait un excellent compagnon de voyage, le bréviaire exquis de celui qui
%. Act; XIII, oî; XV, 3, 31.
(An 45] , SAINT PAOL. "
poursuit des traces antiques sur les mers du Midi. . Ce fut la seconde poésie du christianisme. Le lac de Tibériade et ses barques de pêcheurs avaient fourni la première. Maintenant, un souRle plus puissant, des aspirations vers des terres plus lointaines nous entraînent en haute mer.
Le premier point où touchèrent les trois missionnaires fut l'île de Chypre, vieille terre mixte où la race grecque et la race phénicienne, d'abord placées côte à côte, avaient fini par se fondre h peu près. C'était le pays de Barnabe , et cette circonstance fut sans doute pour beaucoup dans la direction que prit la mission dès ses premiers pas. Chypre avait deja reçu les semences de la foi chrétienne ' ; en tout cas la religion nouvelle comptait plusieurs Chypriotes dans son sein ^ . Le nombre des juiveries y était considérable ». H faut songer d'ailleurs que tout ce cercle de Séleucie, Tarse, Chypre est fort peu étendu, que le petit groupe de juifs répandus sur ces points représente à peu près ce que seraient des familles parentes établies à Saint-Bneuc, Saint-Malo, Jersey. Paul et Barnabe sortaient donc