Act.,yint, 44; siv, i
3' En réaulé, 'celte ville était située en Phrygie (Strabon, XII, V,., U). Elle en avait les traditions { Waddington , sur le n« 668 du'tome 111 des Inscriptions de Le Bas ) .
4 Ruines considérables près du bourg de Jalovatch. Arundell , Discoveries in Asia Minor, I, 263 et suW, W. J- Ham.lton Researches in Asia Minor, I , p. 471 et suiv.; Laborde, Voy. de l'Asie Mineure, p. H3 et suiv., pi. xxx, w"-
5 C'est ce que prouvent ses monnaies.
6 Strabon, XII, vm, H; Pline, V, 24; Etienne de Byz., à ce mot; Eckhel, III, p. <8-19; Corp. inscr. gr., n«' 1386, 2811 6; Digeste L, xv, 8. Cf. Ann. de l'Inslit. archéol. de Rome, XIX,
(An '.01 SAINT PAUL. ^5
alors très-considérable et changea en partie de caractère. Jusque-là, elle avait été une ville de prêtres, analogue, ce semble, à Gomane. Le temple qui l'avait rendue fameuse, avec ses légions d'hiérodules et ses riches domaines, fut supprimé par les Romains (25 ans avant J.-C.) '. Mais ce grand établissement religieux , comme il arrive toujours, laissa des tracés profondes dans les mœurs de la population. Ce fut sans doute à la suite de la colonie romaine que des juifs avaient été attirés à Antioche
de Pisidie.
Selon leur habitude, les deux apôtres se rendirent à la synagogue, le samedi. Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les présidents, voyant deux étrangers qui semblaient pieux, envoyèrent leur demander s'ils avaient quelque parole d'exhortation à adresser au peuple. Paul parla , exposa le mystère de Jésus , sa mort, sa résurrection. L'impression fut vive, et on les pria de recommencer leur prédication
„ 147. Les inscriptions latines y sont nombreuses (U Bas elWad- Lgton, Inscr., III, n" 1189-1191, 1815 et suiv.). Les monna.es
sont latines. ,
1. strabon, XII, vn, 14 {comp. XH, m, 31); "0" '^ «• Cf. Waddington, Expl. des Inscript, de Le Bas, 111, p.2<5-2^6 Les médailles prouvent cependant que le culte propre d Ant.oche dura jusqu'au temps de Gordien. .
le samedi suivant. Une grande foule de juifs et de prosélytes les suivit au sortir de la synagogue, et, durant toute la semaine, Paul et Barnabe ne cessèrent d'exercer un ministère actif. La population païenne entendit parler de cet incident et sa curiosité en fut
Le samedi suivant , toute la ville fut réunie à la synagogue; mais les sentiments du parti orthodoxe étaient bien changés. Il se repentait de la tolérance qu'il avait eue le samedi précédent; ces foules empressées irritaient les notables; une dispute, mêlée d'injures, commença. Paul et Barnabe soutinrent bravement l'orage; cependant ils ne purent parler dans la synagogue. Ils se retirèrent en protestant : «Nous devions commencer par vous prêcher la parole de Dieu, dirent-ils aux juifs. Mais, puisque vous la repoussez , et que vous vous jugez indignes de la vie éternelle, nous allons nous tourner vers les gentils. » A partir, de ce moment, en effet', Paul se confirma de plus en plus dans l'idée que l'avenir était non pas aux juifs, mais aux gentils; que la prédication sur ce terrain nouveau porterait de bien meilleurs fruits; que Dieu l'avait spécialement
« Paul lui-même avait conscience d'avoir changé à cet égard. Il Cor., V, 16; Gai., v, H; Phil , u,, (3; Eph., .v, 13-U; 1 Cor., II entier: m, 1 ; i") ÎO.
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choisi afin d'être l'apôtre des nations et d'annoncer la bonne nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre. Sa grande âme avait pour caractère particuher de s'élargir et de s'ouvrir sans cesse. Je ne vois que l'âme d'Alexandre qui ait eu ce don de jeunesse sans bornes, cette capacité indéfinie de vouloir et
d'embrasser.
Les dispositions de la population païenne se trouvèrent excellentes. Plusieurs se convertirent et se trouvèrent du premier coup parfaits chrétiens. Nous verrons le même fait se passer à Philippes, à Alexandria Troas et en général dans les colonies romaines. L'attrait qu'avaient ces populations bonnes et religieuses pour un culte épuré, attrait qui jusque-là s'était montré par des conversions au judaïsme, se montrera maintenant par des conversions au christianisme. Malgré son culte étrange, et peut-être par une réaction contre ce culte, la population d'Antioche, comme en général celle de Phrygie, avait une sorte de penchant vers le monothéisme >. Le nouveau culte , n'exigeant pas la circoncision et n'obligeant pas à certaines observances mesquines , était bien mieux fait que le judaïsme pour attirer les
1 Corp inscr. gr., n" 3980. Cette formule est particulière à U Phrvïie. Comp. ci-dessous, p> 363-365. Comp. aussi, pour le contracte avec la Pisidie, n« 4380 r, s, t. Voir Le Bas, III, n- 1231.
païens pieux ; aussi la faveur se porta-t-elle trèsvite de son côté. Ces provinces écartées , perdues dans les montagnes, peu surveillées de l'autorité, sans célébrité historique ni importance quelconque , étaient m excellent terrain pour la foi. Une Eglise assez nombreuse s'établit. Antioche de Pisidie devint un centre de propagande, d'où la doctrine rayonna
tout alentour.
Le succès de la prédication nouvelle parmi les païens acheva de mettre les juifs en fureur. Une pieuse" intrigue se forma contre les missionnaires. Quelques-unes des dames les plus considérables de la ville avaient embrassé le judaïsme ; les juifs orthodoxes les engagèrent à parler à leurs maris pour obtenir l'expulsion de Paul et de Barnabe. Les deux apôtres, en efTct , furent bannis par arrêté municipal de la ville et du territoire d' Antioche de Pisidie'.
Suivant l'usage apostolique , ils secouèrent sur la ville la poussière de leurs pieds*. Puis ils se dirigèrent vers la Lycaonic et atteignirent, au bout d'une marche d'environ cinq jours à travers un pays fertile % 1» ville d'Iconium. La Lycaonie était, comme
«. Ael; xin, U e( suiv.; Il Tim., m, 4t.
S. Ael., xin, 5«. Cf. MaUh.. x. U; Marc, m, H ; Luc, «, 5;
Aet., xviii, 6.
«. Laborde. Vog. de FAsie JHh., p. U5 el suiv.; Speriing,
[An «1
la Pisidie, un pays ignoré, peu en -vue, et qm avait conservé ses anciennes coutumes. Le patriotisme y était assez vif encore ' ; les mœurs y étaient pures, les esprits sérieux et honnêtes ^ Iconium était une ville de vieux cultes et de vieilles traditions', traditions qui par beaucoup de points se rapprochaient même de celles des Juifs*. La ville, jusque-là trèspetite ' , venait de recevoir ou était à la veille de recevoir de Claude, quand Paul y arriva, le titre de colonie. Un haut fonctionnaire romain, Lucius Pupius Prssens , procurateur de Galatie , s'en faisait appeler le second fondateur, et la ville changeait son nom antique pour celui de Claudia ou de Claudico-
nhim ^ Les juifs, sans doute par suite de cette circon-
dans la Zeitschrifl fur allgemeine Erdkunde. 1864, p. <0 et
suiv.