‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 816 sur 1128 · PUUner el Bunsen, 111, 3« partie, p. 6o · texte numérisé non relu

PUUner el Bunsen, 111, 3« partie, p. 6o

[An 51] SAINT PAUL. 109

en contestation pour un certain lieu qui autrefois avait été public, et que ce bon empereur fit adjuger aux chrétiens ^ On sent qu'on est ici sur le sol natal d'un vieux christianisme populaire. Claude, vers ce temps, frappé du « progrès des superstitions étrangères », avait cru faire un acte de bonne politique conservatrice en rétablissant les aruspices. Dans uii rapport fait au sénat, il s'était plaint de l'indifférence du temps pour les anciens usages de l'Italie et les bonnes disciplines. Le sénat avait invité les pontifes à voir celles qu'on pourrait rétablir de ces vieilles pratiques. Tout allait bien, par conséquent, et l'on croyait ces respectables impostures sauvées pour

l'éternité.

La grosse affaire du moment était l'arrivée d'Agrippine au pouvoir, l'adoption de Néron par Claude et sa fortune toujours croissante. Nul ne pensait au pauvre juif qui prononçait pour la première fois le nom de Christus dans la colonie syrienne, et communiquait la foi qui le rendait heureux à ses compagnons de chambrée. D'autres survinrent bientôt; des lettres de Syrie, apportées par les nouteaux arrivants,

K. Lampride, Vie d'Alex. Sév., 49. Rapprochez Anastase le Bibl., Vilœ Poniif. rom., xvii (édit. de Bianchini), en tenant compte des observations de Platner.

Si

IIU

" ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51]

parlaient du mouvement qui grandissait sans cesse. Un petit groupe se forma. Tout ce monde sentait l'ail ' ; ces ancêtres des prélats romains étaient de pauvres prolétaires, sales, sans distinction, sans manières, vêtus de fétides souquenilles, ayant l'haleine mauvaise des gens qui mangent maP. Leurs rédmts présentaient cette odeur de misère qu'exhalent des personnes vêtues et nourries grossièrement, remues dans une chambre étroite ' . On fut bientôt assez nombreux pour parler haut; on prêcha dans le ghetto; les juifs orthodoxes résistèrent. Que des scènes tumultueuses se soient produites alors, que ces scènes se soient renouvelées plusieurs soirs de suite, que fa police romaine soit intervenue, que, peu soucieuse de savoir de quoi il s'agissait, elle ait adressé son rapport à l'autorité supérieure et mis les troubles sur le compte d'un certain Chrestus, dont on n'avait pu se saisir, que l'expulsion des agitateurs ait été décidée, il n'y a rien dans cela que de très-plausible. Le passage de Suétone et plus encore celui des Actes sembleraient impliquer que tous les juifs furent chassés à cette occasion; mais cela n'est pas à sup-

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