‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 841 sur 1128 · Voir les Apôtres, p · texte numérisé non relu

Voir les Apôtres, p

2. Cela résulte de Act., xvi, 13 et suiv., comparé à Act., xvii, 1, 10.

[An 52] SAINT PAUL. 145

à une lieue et demie de la ville par une énorme source bouillonnante, et qu'on appelait Gangas ou Gangitès \ Peut-être était-ce là l'antique nom aryen des fleuves sacrés {Ganga)\ Ce qu'il y a de sûr, c'est que la scène pacifique racontée par les Actes ^ et qui marqua le premier établissement du christianisme en Macédoine, eut lieu à l'endroit même où, il y avait un siècle, s'était décidé le sort du monde ^ Le Gangitès marqua, dans la grande bataille de l'an 12 avant Jésus-Christ, le front de bandière de Brutus et

de Cassius.

Dans les villes où il n'y avait pas de synagogue, les réunions des affiliés au judaïsme se faisaient

1 . Appien, Guerres civ., IV, 106-107; Dion Cassius, XLVII, 47. Aujourd'hui rivière de Bounarbachi. Voir le plan de Philippes de M. Heuzev, et le texte, p. 97, 106, 120. Hérodote (VII, 113) parle d'une rivière Angitès (VAngista actuel), qui, dit-il, se jette dans le Strvmon à Toccident du Pangée. C'est peut-être le même nom que Gangitès; la rivière de Bounarbachi est, en efifet, le plus fort affluent du marais central de la plaine de Philippes, lequel se décharge dans l'Angista, puis dans le Strymon. Voir la carte de Turquie de Kiepert, et Cousinéry^Koy- dans la Macéd., II, p. 45

et suiv

2. Cette masse d'eau provenant d'une seule source, comme le Loiret, devait en effet inspirer aux anciens des idées religieuses. ' ,

3. L'arc appelé Kiémer. situé vers Vendroit mentionne par les Actes, peut avoir été élevé en souvenir de la bataille. Heuzey, p. 118-120.

[An 52]

dans de petites constructions hypèthres, ou souvent simplement en plein air dans des espaces à peine clos, qu'on appelait proseuchœ *. On aimait à établir ces oratoires près de la mer ou des rivières, afin d'avoir des facilités pour les ablutions*. Les apôtres se rendirent à l'endroit indiqué. Plusieurs femmes y vinrent, en effet, pour faire leurs dévotions. Les apôtres leur parlèrent et leur annoncèrent le mystère de Jésus. Ils furent bien écoutés. Une femme surtout fut touchée : « Le Seigneur, dit le narrateur des Actes, ouvrit son cœur. » On l'appelait Lydia ou « la Lydienne », parce qu'elle était de Thyatires'; elle faisait le commerce d'un des principaux produits de l'industrie lydienne*, la pourpre. C'était une personne

4 . Inf cr. dans les Antiquités du Bosphore cimmérien, n° 22 ; Mél. gréco-rom. deTAcad. de Saint-Pétersb.,11, p. 200 etsuiv.; Épiph., Contra hœr., haer. lxxx, K, Comp. Juvénal, m, 296.

2. Jcs., Ant., XIV, X, 23; Pseudo-Aristeas, p. 67 (édit. Moriz Schmidt); Philon, In Flaccunij § 14; Tertullien, Dejej., 16.

3. Comparez comme analogue Kopivôîa, Corp. inscr. gr., n» 3847 w; Le Bas, III, n*» 1022 ; Miss, de Phén., inscr. de Sidon.

4. Pline, H. N.j VII, 57 ; Maxime de Tyr, xl, 2 ; Valerius Flaccus, IV, 368-369; Claudien, Rapt, Proserp., I, 276; Élien, Anim.y IV, 45 ; Strabon, XIII, iv, 1 4. Comp. Corpus i. g., n°* 3496, 3497, 3498, 3924, 3938; Le Bas, III, 1687; Wagener, dans la Revue de Vinstr. publ. en Belgique j 1868, p. Vet suiv. Les juifs paraissent avoir été particulièrement adonnés à cette industrie (Wagener, /. c).

pieuse, de l'ordre de celles qu'on appelait « craignant Dieu » , c'est-à-dire païenne de naissance, mais observant les préceptes dits « de Noé * » . Elle se fit baptiser avec toute sa maison , et n'eut de cesse que quand elle eut obtenu, k force d'instances, des quatre missionnaires qu^ils demeurassent chez elle. Ils y restèrent quelques semaines, enseignant chaque samedi à la place des prières, sur le bord du Gangitès.

Une petite Église, presque toute composée de femmes*, se forma, très-pieuse, très -obéissante, trèsdévouée à PauP. Outre Lydie, cette Église comptait dans son sein Évodie et Syntyché*, qui combattirent vaillamment avec l'apôtre pour l'Evangile, mais qui se disputaient quelquefois à propos de leur ministère de diaconesses"; Épaphrodite, homme courageux, que Paul traite de frère, de collaborateur, de compagnon d'armes^; Clément et d'autres encore que Paul appelle « ses collaborateurs, et dont les noms.

Page 1