Corp. inscr. gr., n
3. Plutarque, Vie de Cic. 24; Himérius, dans Photiu., cod. ccxLiii, p. 365, 366, édit. Bekker; Quintilien, V, ix, 13.
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cultes de la cité S et il n'y a rien d'invraisemblable à ce qu'une doctrine nouvelle se produisant , on ait invité le prédicateur à venir en quelque sorte faire sa déclaration h un tel tribunal , ou du moins h l'endroit où il tenait ses séances*. Paul, dit-on , debout au milieu de l'assemblée, parla de la sorte ' :
4. Lysias, Areopagilica or, pro sacra olea entier; Démosth.(?), Contre Néère, % 80 et suiv.; Eschine, Contre Timarque, 81 et suiv., 92; Diogène Laërte, II, viii , 15; xi, 5; VIÏ , v, 2; Xénophon, Mém., III , v, 20; Cic, Epist. ad fam., XIII, 1 ; Ad Att., V, 11 ; De divin., I, 25; Athénée, IV, 64, 65; VI, 46; XIII, 21 ; Plut., De plac. phil., I, vu, 2; Corp. inscr. gr., n« 123 ; Ross,
Demen, inscr. n® 163.
2. Comp. Josèphe, Contre Apion, II, 37, et Lysias, fragm. 175 {f)rat, attici de Didot). Rien, dans le récit des Actes, n'indique que Paul ait été l'objet d'une action judiciaire devant le tribunal. Cependant, les mots èTCiXa6o>6voi... -n^a^ov du v. 19 indiquent bien que, dans l'intention du narrateur, la mention de l'Aréopage n'est pas une simple indication de lieu. Du reste , il est probable qu'à l'époque romaine, le nom d' « Aréopage » n'avait plus de force topographique. L'étroit rocher en plein air qui portait ce nom dut sembler bien incommode; on y substitua quelque édifice (Vitruve, n, 1, 5), ou plutôt on transféra l'institution au Portique Royal, à la Basilique (Démosth. {1),I contre Aristog., % 23), située près de la colline. Malgré cette translation, le nom d' « Aréopage » put rester, comme il reste encore de nos jours à Athènes pour désigner un tribunal qui ne siège nullement sur la colline ; de même, les noms de « tribunal de la Rote », de « cour des Arches », etc., ont été autrefois justifiés, mais ne le sont plus.
3. Luc, qui n'est pas étranger à toute rhétorique, a probable-
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« Athéniens , „ En tout je vous trouve le plus religieux des peuples'. Passant, en effet, dans vos rues et regardant vos objets sacrés, j'ai trouvé un autel sur lequel était écrit : Ad Dieu inconnd. Ce que vous honorez sans le connaître, moi, je viens vous le révéler.
„ Le dieu qui a fait le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment, étant le maître du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de mam d'homme, et ne saurait être honoré par des mains humaines, comme s'il avait besoin de rien, lui qui donne à tous la vie , le souffle et toute chose. C'est lui qui a tiré d'un seul homme toutes les nations et
„.ent disposé «n peu la mise en scène et l'attitude de son ora^u. Le discours ne peut être considéré. comme authcnfque a la façon d'un discours sténographié par un auditeur ou écrU âpre coup par celui qui l'a prononcé. On sent chez le narrateur un jus es „timent d'Mhènes, qui lui dic.« quelques tra.ts appropriés a 1 autimem a «. , h impossible que Paul lui-même
ditoire; mais, après tout, il n est pa» imp h
ait obéi aux nécessités oratoires du ««'«'«"'•,''%'™",.'" ",''7 inconnu, et la citation d'Aratus pouvaient être familiers a 1 a- "t e Timothée, d'ailleurs, était à Athènes avec Paul, et a pu g^lr la mémoire de tout ceci. Le style du morceau n est pas Ls analogie avec celui de Paul. Pour les idées, comparez Rom ,.
1 Comp. JOS., Contre Apion, I, M. Ae.atJataov.orefC^; doit
se prendre en bonne part, comme l'a bien vu saint Jean Chrjsostome. Cf. Pollux, l , 21 • Voir Schleusner, s. h. v.
ORIGINES DU CHRISTIAiNISME.
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les a fait habiter sur la face de la terre, marquant à chacune d'elles la durée de son existence et les limites de ses domaines. [C'est lui qui a rais en elles Tinstinct de] chercher Dieu, pour voir si elles sauraient le toucher et le trouver; [ce qu'elles n'ont pas su faire,] quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous. Car c'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons, que nous existons, et, comme l'ont dit quelques-uns de vos poètes :
De sa raco nous sommes
« Etant de la race de Dieu, nous ne devons point nous imaginer que le divin ressemble à l'or, à l'argent, à la pierre, sculptés par l'art et le génie de l'homme.
« Oubliant donc des siècles d'ignorance , Dieu maintenant ordonne partout à tous les hommes de venir à résipiscence; car il a fixé le jour où il doit juger le monde avec justice par l'homme qu'il a désigné pour cela et qu'il a accrédité auprès de tous , en le ressuscitant d'entre les morts... »
A ces mots, selon le narrateur, Paul fut interrompu. Entendant parler de la résurrection des morts.
4. Cet hémistiche se trouve dans Ara tus, Phœnom., 5, et dans Cléanthe, Hymne à Jupiter, 5.
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les uns se mirent à plaisanter, les plus polis dirent : „ Nous t'écouterons là -dessus une autre fois. »
Si le discours que nous venons de rapporter a été réellement prononcé, il dut causer en effet une impression bien singulière sur les esprits cultives qui l'entendirent. Cette langue tantôt barbare, mcorrecte sans construction, tantôt pleine de justesse; cette éloquence inégale, semée de traits heureux et de chutes désagréables ; cette philosophie profonde aboutissant aux croyances les plus étranges, durent sembler d'un autre monde. Immensément supérieure à la religion populaire de la Grèce, une telle doctrine restait en bien des choses au-dessous de la philosophie courante du siècle. Si, d'un côté, elle tendait la main à cette philosophie par la haute notion de la Divinité et la belle théorie qu'elle proclamait de l'unité morale de l'espèce humaine S de l'autre, elle enfermait une part de croyances surnaturelles qu'aucun esprit positif ne pouvait admettre. En tout cas, il n'est pas surprenant qu elle n'ait eu aucun succès à Athènes. Les motifs qui devaient faire le succès du christianisme eUien ailleurs que dans des cercles de lettrés. Ils étaient
IV «9; Dion Chrysostome, orat. xii, p. 231-232 (edit. tmperiùs); Porphyre- ^<^ Marcellam, ch. H, 18-
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dans le cœur de pieuses femmes, dans les aspirations intimes des pauvres, des esclaves, des patients de toute sorte. Avant que la philosophie se rapproche de la doctrine nouvelle , il faudra et que la philosophie se soit fort affaiblie , et que la doctrine nouvelle ait renoncé à la grande chimère du prochain jugement, c'est-à-dire aux imaginations concrètes qui furent Tenveloppe de sa première formation. ^
Qu'il soit de Paul ou d'un de ses disciples, ce disr cours, en tout cas, nous montre une tentative, à peu près unique au premier siècle, pour concilier le, christianisme avec la philosophie et même, en un sens, avec le paganisme. Faisant preuve d'une largeur de vues très-remarquable chez un juif, l'auteur reconnaît dans toutes les races une sorte de sens intérieur du divin, un instinct secret de monothéisme qui aurait du les porter à la connaissance du vrai Dieu. A l'en croire , le christianisme n'est pas autre chose que la religion naturelle , à laquelle on arrive en consultant simplement son cœur et en s'interrogeant de bonne foi : idée à double face qui devait tantôt rapprocher le christianisme du déisme, tantôt lui inspirer un orgueil déplacé. C'est ici le premier exemple de la tactique de certains apologistes du christianisme, faisant des avances à la philosophie,
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prenant ou feignant de prendre le langage scientifique , parlant avec complaisance ou politesse de la raison , qu'ils décrient d'un autre côté , voulant faire croire par des citations habilement groupées qu'au fond on peut s'entendre entre gens lettrés , mais amenés à d'inévitables malentendus dès qu'ils s'expliquent clairement et parlent de leurs dogmes surnaturels. On sent déjà l'effort pour traduire dans le. langage de la philosophie grecque les idées juives et chrétiennes ; on entrevoit Clément d'Alexandrie et Origène. Les idées bibliques et celles de la philosophie grecque aspirent à s'embrasser ; mais elles auront pour cela bien des concessions à se faire; car ce Dieu dans lequel nous vivons et nous nous mouvons est fort lom du Jéhovah des prophètes et du Père céleste de Jésus. Il s'en faut que les temps soient déjà mûrs pour une telle alliance; d'ailleurs, ce n'est pas à Athènes qu'elle se fera. Athènes, au point où l'avaient amenée les siècles, cette ville de grammairiens, de gymnastes et de maîtres d'ai-mes, était aussi mal disposée qu'on pouvait l'être à recevoir le christianisme. La banaute, la sécheresse de cœur de l'homme d'école . sont des péchés irrémissibles aux yeux de la grâce. Le pédagogue est le moins convertissable des hommes ; car il a une reUgion à lui, qui est sa routine, la foi en
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ses vieux auteurs, le goût de ses exercices littéraires; cela le contente et éteint chez lui tout autre besoin. On a trouvé à Athènes une série d'herniesportraits de cosmètes * du second siècle. Ce sont de beaux hommes, graves, majestueux, à l'air noble et encore hellénique. Des inscriptions nous apprennent les honneurs et les pensions qui leur furent conférés^; les vrais grands hommes de l'ancienne démocratie n'en eurent jamais autant Certainement, si saint Paul rencontra quelqu'un des prédécesseurs de ces superbes pédants, il n'eut pas auprès de lui beaucoup plus de succès que n'en aurait eu du temps de l'Empire un romantique imbu de néo- catholicisme essayant de convertir à ses idées un universitaire attaché à la religion d'Horace, ou que n'en aurait de nos jours un socialiste humanitaire déclamant contre les préjugés anglais devant les fellows d'Oxford ou de Cambridge.
Dans une société aussi différente de celle où il avait vécu jusque-là, au milieu de rhéteurs et de professeurs d'escrime , Paul se trouvait bien dé-
i. Maintenant déposée au musée de la Société d'archéologie, dans les bâtiments de l'université d'Athènes. Voir Âj>x*t«X6-jix7i
è<pr.|A6piç, 4862, pi. XXX, XXXI, XXXIII.
2. Voir surtout le <lHXiaTcap , IV, p. 332 et suiv. Comp. d'autres inscriptions, ibid,, et ci-dessus, p. 186, note 2.
''ft
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paysé. Sa pensée se reportait sans cesse vers ses chères Églises de Macédoine et de Galatie, où il avait trouvé un sentiment religieux si exquis. Il songea plusieurs fois à repartir pour Thessalonique'. Un vif désir l'y portait, d'autant plus qu'il avait reçu la nouvelle que la foi de la jeune Église était soumise à beaucoup d'épreuves; il craignait que ses néophytes n'eussent cédé aux tentations*. Des obstacles qu'il attribue h Satan l'empêchèrent de suivre ce projet. N'y tenant plus , comme il le dit luimême, il se priva encore une fois de Timothée , l'envoya à Thessalonique pour confirmer , exhorter et consoler les fidèles , et resta de nouveau seul à
Athènes'.
Il y travailla derechef, mais le sol éUit trop
ingrat. L'esprit éveillé des Athéniens était le contraire de cette disposition reUgieuse tendre et profonde qui faisait les conversions et prédestinait au christianisme. 'Les terres vraiment helléniques se prêtaient peu h la doctrine de Jésus. Plutargue, vivant dans une atmosphère purement grecque, n'en a pas encore le moindre vent dans la première moitié du ii"" siècle. Le patriotisme, l'atta-