I Cor., XI
[An 54]
On était conduit par une sorte de logique k distinguer le repas fraternel en commun de l'acte mystique, lequel consistait seulement dans la fraction du pain \ La fraction du pain devenait chaque jour plus sacramentelle; le repas, au contraire, à mesure que l'Église s'élargissait, devenait plus profane'. Tantôt le repas se réduisit à presque rien et , en se réduisant de la sorte, laissa toute l'importance à l'acte sacramenteP. Tantôt les deux choses subsistèrent en se scindant : le repas fut un prélude ou une suite de l'eucharistie ; on dîna ensemble, avant ou après la communion*. Puis les deux cérémonies se séparèrent tout à fait ; les repas pieux furent des actes de charité envers les pauvres, parfois des restes d'usages païens, et n'eurent [plus de lien avec l'eucharistie ^ Comme tels, ils furent en général supprimés
1. Voir saint Jean Chrys., In I Cor., xi, homil. xxvii, et la fresque du cimetière de Saint-Calliste, dans Pitra, Spic, Sol., III,
lab. I, fig. 2.