‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 955 sur 1128 · Gai., VI, ^2etsuiv · texte numérisé non relu

Gai., VI, ^2etsuiv

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pratiquer. Tournant contre lui ses concessions, ils alléguaient des cas où on l'avait vu reconnaître la nécessité des pratiques juives* ; peut-être rappelaientils en particulier les faits relatifs à la circoncision de Tite et de Timotlièe. Comment, lui qui n'avait pas vu Jésus, osait-il parler au nom de Jésus? C'était Pierre, c'était Jacques qui devaient être tenus pour les vrais apôtres, pour les dépositaires de la révélation. La conscience des bons Galates fut toute troublée. Les uns abandonnèrent la doctrine de Paul , passèrent aux nouveaux docteurs et se firent circoncire ; les autres restèrent fidèles à leur premier maître. Le trouble, en tout cas, était profond ; on se disait de part et d'autre les choses les plus dures ^

1. Gai., V, 11. Comparez I Cor., ix, 20; II Cor., v, 16* Voir cidessus, p. 36, note.

2. Gai., V, 15, 26. Quand saint Paul écrivit cette épître, il avait été deux fois en Galatie (iv, 13). Cela détourne de songer, pour la date de cette épître, à la troisième mission. D'un autre côté, rincident Gai., ii , 11 et suiv., n'avait pas eu lieu, ce semble, à la date de la deuxièmc'mission, et, si l'épître eût été écrite pendant cette mission, nous y trouverions, comipe dans les épîtres aux ïhessaloniciens, le nom de Silas, lequel était connu des Galates depuis le commencement ]5u second voyage. La vague formule Gai., I, 2, convient bien à Antioche. La promptitude avec laquelle Paul apprit l'incident et y répondit suppose une certaine facilité de communications; or les communications avec le centre oriental de TAsie Mineure étaient plus faciles d' Antioche (par Tarse) que d'Éplièse.

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Ces nouvelles , en arrivant à Paul , le remplirent de colère. La jalousie qui faisait le fond de son caractère , sa susceptibilité , déjà souvent mise à l'épreuve, furent excitées au plus haut degré. C'était la troisième fois que le parti pharisien de Jérusalem s'efforçait de démolir son œuvre à mesure qu'il l'achevait. L'espèce de lâcheté qu'il y avait à s'attaquer à des gens faibles , dociles , sans défense , et qui ne vivaient que de confiance en leur maître, le révolta. Il n'y tint plus. A l'heure même, l'audacieux et véhément apôtre dicta cette épître admirable, qu'on peut comparer, sauf l'art d'écrire , aux plus belles œuvres classiques, et où son impétueuse nature s'est peinte en lettres de feu. Le titre d' « apôtre » qu'il n'avait pris jusque-là que timidement, il le prend maintenant comme une sorte de défi, pour répondre aux négations de ses adversaires et maintenir ce qu'il croit la vérité.

« PAUL APÔTRE (non PAR LA GRACE DES HOMMES M PAR INSTITU- TION HUMAINE, MAIS PAR LA GRACE DE JÉSUS-CHRIST, ET DE DIEU LE PÈRE , QUI A RESSUSCITÉ j|gUS d'ENTRE LES MORTS) , AINSI QUE TOUS LES FRÈRES QUI SONT AVEC MOI, AUX ÉGLISES DE GALATIE.

« Grâce et paix descendent sur vous tous des mains de Dieu le Père et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s'est

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livré lui-même pour nos péchés, afin de nous sauver du monde pervers où nous vivons, conformément à la volonté de Dieu notre père, auquel soit la gloire dans tous les siècles

des siècles. Amen.

« J'admire que si vite vous vous laissiez détourner de celui qui vous a appelés en la grâce du Christ, pour passer à un autre Évangile ; non qu'il y ait deux Évangiles , mais il y a certaines gens qui veulent vous troubler et changer la doctrine du Christ. Écoutez -moi bien : Si jamais quelqu'un, fut-ce moi-même, fût-ce un ange du ciel, venait vous évangéliser autrement que je ne l'ai fait , qu'il soit anathème! Ce que je vous ai dit, je vous le dis encore : Si quelqu'un vous prêche autre chose que ce que vous avez appris, qu'il soit anathème! Sont -ce les bonnes grâces des hommes ou celles de Dieu que je cherche à gagner? Est-ce aux hommes que je cherche à plaire? Ah! si je plaisais aux hommes, je ne serais plus serviteur de Christ.

« Je vous le déclare, en effet , mes frères : l'Évangile que je vous ai prêché n'est pas d'origine humaine. Je ne l'ai point reçu, je ne l'ai point appris des hommes; je l'ai appris par une révélation de Jésus-Christ. Vous avez entendu parler de ma conduite quand j'étais dans le judaïsme; vous savez avec quel excès je persécutais et ravageais l'Église de Dieu, et aussi comment je surpassais ceux de mon âge et de ma race par mon zèle à garder nos traditions nationales. Mais, quand celui qui m'a choisi dès le sein de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce daigna faire pour moi une apparition de son fils, afin que je fusse son évangéliste auprès des gentils, sur-le-champ, sans

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prendre conseil de personne *, sans aller à Jérusalem vers ceux qui étaient apôtres ïivant moi, je me rendis en Arabie, puis je retournai à Damas. Trois ans après, il est vrai, j'allai à Jérusalem , pour faire connaissance avec Céphas , et je restai quinze jours auprès de lui; mais je ne vis aucun autre membre du corps apostolique, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je jure devant Dieu que c'est vrai.

« J'allai ensuite dans^ les parages de la Syrie et de la Cilicie; mais mon visage était inconnu aux* Églises de Christ qui sont en Judée. Seulement, elles avaient entendu dire que celui qui les persécutait autrefois prêchait maintenant la foi qu'il avait d'abord voulu détruire, et elles glorifiaient Dieu à mon propos.

« Puis, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau^ à Jérusalem avec Barnabe; je pris aussi Titus avec moi. J'y montai sur une révélation, et je leur communiquai TÉvangile que je prêche parmi les gentils. J'eus en particulier des entrevues avec ceux qui paraissaient des personnages importants, de peur que mes courses présentes et passées ne fussent peine perdue. On ne nous fit pas une seule critique. On n'exigea pas même de Titus, qui m'accompagnait et qui était hellène, qu'il se fit circoncire. S'il y consentit , ce fut par égard pour ces faux frères intrus, qui se sont glissés parmi nous pour espionner la liberté que nous avons grâce au Christ Jésus, et pour nous réduire de nouveau en servitude. Je leur cédai sur le moment; mais je ne me soumiji pas à eux, afin que la vérité de l'Évangile vous demeurât

4. Pour la nuance de ax^x: xcà iiaaTi, comp. Matlh., xvi, 17.

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acquise. Quant à ceux qui paraissaient des personnages (ce qu'ils furent autrefois ne m'importe; Dieu ne fait pas acception de personnes), ceux, dis-je, qui paraissaient être quelque chose ne m'apprirent rien de nouveau. Au contraire, voyant que l'Évangile du prépuce m'était commis, comme Tétait à Pierre celui de la circoncision (car celui qui a conféré à Pierre la force pour l'apostolat de la circoncision m'a conféré la force pour l'apostolat des gentils), connaissant, dis-je, la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui semblaient les colonnes de l'Églfee, me donnèrent la main, à moi et à Barnabe, en signe de communion , et reconnurent que nous serions pour les gentils ce qu'ils étaient pour la circoncision , nous priant sei lement de nous souvenir des pauvres; ce à quoi je n'ai pas

manqué.

« Ensuite, quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était digne de blâme. Avant que vinssent, en effet, les émissaires de Jacques, il mangeait avec les gentils; mais, quand ceux-ci furent venus, il commença à se soustraire et à s'isoler, par la crainte de ceux de la circoncision. Les autres juifs partagèrent son hypocrisie, si bien que Barnabe lui-même s'y laissa entraîner. Pour moi, voyant qu'ils ne marchaient pas d*ans la droite voie de la vérité de l'Évangile, je dis à Céphas devant tout le monde : « Si, -(( toi qui es juif, tu fais des actes de païen, comment peuxci tu forcer les gentils à judaïser? Nous autres, nous sommes u juifs par nature; nous ne sommes pas du nombre de ces « pécheurs de païens ; et cependant, sachant que l'homme « est justifié non par les œuvres de la Loi, mais par la foi « en Jésus-Christ, nous avons cru en Jésus pour être justi-

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« fiés par cette foi. Que si après cela nous faisons revivre « les obligations légales, à quoi aura servi le Christ? Il « aura été (ce qu'à Dieu ne plaise!) un ministre de péché. « Se dégager d'une obligation, puis se l'imposer de nouveau « pour y manquer, n'est-ce pas de gaieté de cœur se con- (( stiiuer prévaricateur? » Pour moi , c'est par égard pour la Loi elle-même que je suis mort à la Loi , afin de vivre à Dieu. Je suis crucifié avec Christ; je ne vis plus, c'est Christ qui vit en moi, et ce reste de vie que je traîne en la chair, je le VIS en la foi de Dieu et de Christ, qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je ne veux pas réduire à néant la grâce de Dieu ; or, si la justice est le résultat de l'observation des œuvres de la Loi, le Christ est mort pour rien.

« 0 Calâtes insensés, qui vous a fascinés de la sorte, vous aux yeux de qui on a tracé l'image de Jésus-Christ crucifié! Permettez-moi une seule question : Est-ce l'observation des œuvres de la Loi ou le fait d'avoir entendu prêcher la foi qui vous a valu de recevoir l'Esprit ? Comment êtes-vous si fous qu'après avoir commencé par l'Esprit, vous finissiez par la chair? Voulez-vous donc rendre inutile (que dis-je? funeste! ) tout ce qui a été fait pour vous? Celui qui vous a conféré l'Esprit, celui qui a fait des miracles parmi vous, est-ce par les œuvres de la Loi ou par la foi qu'il les a faits? Rappelez -vous qu'il est dit d'Abraham : u 11 crut à (( Dieu, et cela lui fut imputé à justice *. » Sachez donc que ceux qui ont la foi sont fils d'Abraham... Avant le règne de la foi , nous étions enfermés dans la Loi comme dans une prison , qui nous gardait pour la révélation future. La Loi

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