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ÉpUre supposée de saint Ignace aux Tralliens

6. Toutes ces villes, excepté Sardes, sont encore aujourd'hui des villes plus ou moins considérables.

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déjà des colonies juives importantes ^ . La douceur des mœurs et les longs ennuis de la vie de province, au sein d'un beau et riche pays , mort depuis des siècles à toute vie politique et pacifié jusqu'à l'adulation % avaient préparé beaucoup' d'âmes aux joies d'une vie pure. La mollesse des mœurs ioniennes, si contraire à l'indépendance nationale , était favorable au développement des questions morales et sociales. Ces populations bonnes, sans esprit militaire, féminines, si j'ose le dire, étaient naturellement chrétiennes. La vie de famille paraît avoir été chez elles très- forte; l'habitude de vivre en plein air, et, pour les femmes, sur le seuil de leur porte, ^n un climat déhcieux , avait développé une grande sociabilité'. L'Asie, avec ses asiarqiies, présidents

4. Cic, Pro Flacco, 28; Jos., AnL, XII, m, 4; XIV, x, H, 44, 20 et suiv.; XVI, vi, 2, 4, 6; Acl., ii, 9.

2, Voir l'ignoble concours de bassesse, raconté par Tacite, Ami,, IV, 55-56. Notez les titres de ôeo; oû^xXtiToç, éepà adyCkrtxoçy donnés au sénat romain en cette province. Waddington. Voyage numismatique, p. 8, 23, etc.; le même. Explication des inscriptions de Le Bas, III, p. 442; Numismattc chronicle, nouv. série, t. VI, p. 44 9.

3. Impression du quartier grec de Smyrne le dimanche. ( Observer que les villes , môme quand elles ont eu des lacunes dans leur existence, ont comme un génie propre, un esprit qui fait qu'elles sont toujours plus ou moins semblables à elles-mêmes et qu'elles renaissent telles qu'elles furent. )

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de jeux et de spectacles \ semblait une compagnie de plaisir, une association de divertissements et de fêtes \ La population chrétienne, aujourd'hui encore, a du charme et de la gaieté ; les femmes ont le teint clair, rœil vague et doux, de beaux cheveux blonds, mie tournure retenue et modeste , impliquant le vif sentiment de leur beauté.

L'Asie devint ainsi, en quelque sorte, la seconde province du royaume de Dieu. Les villes de ce pays, à part les monuments, ne différaient peut-être pas essentiellement alors de ce qu'elles sont aujourd'hui : entassements sans ordre de maisons en bois, avec des loges à jour couvertes d'un toit incliné; quartiers le plus souvent étages les uns sur les autres et tou-

1 Sur la fonction des asiarques, voir Le Bas et Waddington, Jnscr III n- 5, 458 a, 649, 885; Churchill Babington, dans Numùm. \hron.. nouv. série, vol. VI, p. 93 et suiv.; Strabon, XIV I 42- ^lius Aristide, Sacr., IV, 531; Act., xix, 34 ; Marbre'de samt Polvcarpe, 42; Cor,, i. gr.. 29,2, 3.48 3190 3191, 3243, 3324, 3421, 3426, 3495, 3504, 3665, 3677; Na lan , Num, gr. imp, rom.. p. 342-313. Mionnet, II, ^^J^^^^^ .50- IV, 55, 428, 440, 328, 347, 362; suppl., V, 2i6, 50o U y avai't de même des bithynarques, des pontarques, des galatarques, etc. Cf. Le Bas, III, n- 4478, 4221, 4224; Perrot, Expl de /aCfl^. p. ^99etsuiv. . . .a

2 Le mvbv'Aaîa; désignait des jeux , des spectacles, des panegyries qui se célébraient à tour de rôle dans les diverses grandes villes de la province. ' \^^

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jours entremêlés de beaux arbres. Les édifices publics, ' nécessaires dans un pays chaud à une vie de plaisir et de repos, présentaient une grandeur surprenante. Ce n étaient pas ici , comme en Syrie, des constructions artificielles, très-peu faites pour les mœurs, des villes à colonnes imposées à des bédouins *. Nulle part Fampleur d'une civilisation satisfaite et sûre d'ellemême ne s'étale en formes plus imposantes que dans les ruines de ces « magnifiques villes d'Asie ' » . Toutes les fois que les belles contrées dont nous parlons ne seront pas écrasées par le fanatisme , la guerre ou la barbarie, elles deviendront maîtresses du monde par la richesse; elles en tiennent presque toutes les sources, et forcent ainsi le numéraire des peuples plus nobles h s'entasser chez elles '. L'Ionie, au r siècle, était .très-peuplée, couverte de villes et de villages *• Les malheurs de l'époque des guerres civiles étaient oubliés. De puissantes associations d'ouvriers (epyactat,

1 . A Hiérapolis , par exemple, on sent une vraie élégance, une ville qui s'est bâtie spontanément et non officiellement ; rien de la banalité administrative trop fréquente dans les villes romaines.

i. Ovide, Pont.,\\, x, 21. Se les représenter surtout par Aphrodisias et Hiérapolis, encore très-bien conservées, et par les ruines de Tralles, de Laodicée, etc. Cf. Strabon, XIV, i, 37.

3. C'est ce que la crise du coton a montré, et ce qui sera surtout sensible dans cent ans.

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