‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 994 sur 1128 · Act., XIX · texte numérisé non relu

Act., XIX

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les partis, les divisions sont un besoin social. La vie sans cela paraît ennuyeuse. Pour se procurer la satisfaction de haïr et d'aimer, d'être excité, jaloux, triomphant à son heure , on se bute souvent sur les choses les plus puériles. L'objet de la division est insignifiant; c'est la division qu'on veut et qu'on cherche pour elle-même. Les questions de personnes deviennent, dans ces sortes de sociétés, des questions capitales. Que deux prédicateurs ou deux médecins se rencontrent dans une petite ville du Midi , la ville se divise en deux partis sur les mérites de chacun d'eux. Les deux prédicateurs , les deux médecins, ont beau être amis; ils n'empêcheront pas leurs noms de devenir le signal de luttes vives, la bannière de deux camps ennemis.

Il en fut ainsi à Corinthe*. Le talent d'Apollos tourna toutes les têtes. C'était une manière absolument différente de celle de Paul. Celui-ci enlevait par sa force, sa passion, l'impression vive de son àme ardente; Apollos, par sa parole élégante, correcte, sûre d'elle-même. Quelques personnes peu affectionnées à Paul, et qui peut-être ne lui devaient

1. I Cor., I, 10 et suiv.; m, 3 et suiv.; 11 Cor., xii, 20. L'Église de Corinthe garda longtemps les mômes défauts. Voir la première épUre de Clément Romain aux Corinthiens, ch. 2, 3, U, 46, 47, 5i.

Un 571 SAINT PAUL.

oL leur conversion, préférèrent hautement Apollos. Ls traitèrent Paul d'homme grossier sans e -- Uon, étranger . la philosophie et aux ^eUes-l ^^^^ Wllos fut leur docteur; elles ne jurèrent que par l;Uos^ Les fidèles de Paul, sans doute, rephqu^

rent chaleureusement, et rabaissèrent le nouveau docteur. Quoique Paul et Apollos ne fussent nu^^m ennemis, qu'ils s'envisageassent comme cd^o a teurs et qu'il n'y eût entre eux aucune différence d'opinion ', leurs noms devinrent ainsi les enseignes de Tux pa;tis,. qui échangèrent, malgré les deux docteurs N d'assez grandes vivacités. L'a,greur pers.U,

„,ême après le départ d'Apollos. Celm-ci , en effet fatigué peut-être du zèle qu'on déployait pour lui, et .e mettlnt au-dessus de toutes ces petitesses quUU

Corinthe et revint à Éphèse. Il y trouva Paul avec

lequel il eut de longs entretiens^ et noua des ela-

ol qui, sans être celles du disciple ou de ami

intimes furentde deux grandes âmes, dignes de se comprendre et de s'aimer.

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