Poema vcu9£Tiy.o'v, vers 173 et suiv
2. Comp. surtout Act., xv, 20, et I Cor., viii-x. Il est impossible d'admettre l'authenticité textuelle du décret rapporté Act., XV, 23-29, d'abord, parce que saint Paul, Gai., ii, invoquerait un tel décret s'il avait existé; 2° parce que Gai., ii, 12 et suiv., n'a plus de sens si un tel décret eût été porté; 3° parce que le récit Ad., XXI, 18 et suiv. et même xvi, 3, ne s'expliquent pas davantage en cette bypothèse ; 4° parce que la doctrine de Paul sur les viandes immolées (I Cor., viii-x) est en contradiction avec le décret; 5° parce que le parti judéo-chrétien nia toujours la légitimité de toute abrogation d'une partie delà Loi, ce qui ne se concevrait pas si la question avait été can.oniquement réglée par des personnes telles que Jacques et Pierre, dont le parti judéochrétien proclamait la suprême autorité.
(An 51J SAINT PAUL. 93
prendre des moyens termes qui ne conteiileut personne , de laisser les problèmes s'user et mourir faute de raison d'être.
On se sépara content. Paul exposa à Pierre, Jacques et Jean l'Évangile qu'il prêchait aux gentils ; ceux-ci l'approuvèrent complètement, n'y trouvèrent rien à reprendre, n'essayèrent non plus d'y rien ajouter*. On donna hautement la main à Paul et à Barnabe , on admit leur droit divin immédiat à l'apostolat du monde païen ; on leur reconnut une sorte de grâce particulière pour ce qui était l'objet spécial de leur vocation. Le titre d'apôtre des gentils, que saint Paul s'attribuait déjà, lui fut, à ce qu'il assure % officiellement confirmé, et sans doute on lui accorda, au moins par aveu tacite , le fait auquel il tenait le plus, savoir qu'il avait eu sa révélation spéciale aussi directement que ceux qui avaient vu Jésus, en d'autres termes, que sa vision du chemin de Damas valait les autres apparitions du Christ ressuscité. On ne demanda en retour aux trois repré-
t. Gai., II, 2, 6 et suiv. Cf. le kx^u^^j-x rixûXcu, cité par l'auteur du De non ilerando bapUsmo , à la suile des Œuvres de saint Cyprien, édit. Rigault, Paris, 1648, apperid., p. ISg.
2. Gai., II, 7-9. 11 est probable que la mémoire de Paul le servait ici conformément aux intérêts de sa thèse et l'induisait en quelque exagération.
94 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51]
sentants de l'Eglise d'Antioche que de ne pas oublier les pauvres de Jérusalem. L'i'^giise de cette ville, en effet, par suite de son organisation communiste , de ses charges particulières et de la misère qui régnait en Judée, continuait d'être aux abois. Paul et son parti accueillirent avec empressement cette idée. Ils espérèrent par une sorte de contribution fermer la bouche au parti hiérosolymite intolérant et le réconcilier avec la pensée qu'il existait des Églises de gentils. Au moyen d'un léger tribut, on achetait la liberté de l'esprit et l'on restait en communication avec l'Église centrale, hors de laquelle on n'osait espérer de salut \
Pour qu'aucun doute ne restât sur la réconciliation, on voulut que Paul, Barnabe et Titus , retournant à Antioche, fussent accompagnés de deux des principaux membres de l'Église de Jérusalem, Juda Bar-Saba et Silvanus ou Silas , chargés de désavouer les frères de Judée qui avaient jeté le trouble dans l'Église d'Antioche, et de rendre témoignage à Paul et à Barnabe, dont on reconnaissait les services et le dévouement. La joie à Antioche fut trèsgrande. Juda et Silas avaient le rang de prophètes; leur parole inspirée fut extrêmement goûtée de