DEUXIEME VOYAGE DE SAIKT PAUL. — NOUVEAU SEJOUR EN GALATIE
A peine retourné à Antioche , Paul se mit à fornnier de nouveaux projets. Son âme ardente ne pouvait supporter le repos. D'une part, il songeait à élargir le champ assez étroit de sa première mission. D'une autre part, le désir de revoir ses chères Eglises de Galatie, pour les confirmer en la foi% le travaillait incessamment. La tendresse, dont cette nature étrange paraissait à quelques égards dépourvue, s'était transformée en une faculté puissante d'aimer les communautés qu'il avait fondées. Il avait pour ses Églises les sentiments que les
4. La irpcoxapTî'pr.ffi; OU confirmation des prosélytes (voyez Schleusner, aux mots cjrr.pf^w, et è-iffr/ipi^M ) était aussi une des préoccupations des juifs. Voir Anliq. du Bosph. cimm., II, inscr. 22.
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autres hommes ont pour ce (ju'ils alTcctionnent le plus'. C'était là un don spécial des Juifs. L'esprit d'association qui les remplissait leur faisait donner à l'esprit de famille des applications toutes nouvelles. La synagogue, l'église, étaient alors ce que le couvent sera au moyen âge , la maison aimée , le foyer des grandes affections, le toit où l'on abrite ce que l'on a de plus cher.
Paul communiqua son dessein à Barnabe. 3Lais l'amitié des deux apôtres, qui jusque-là avait résisté aux plus fortes épreuves, qu'aucune susceptibilité d'amour-propre, aucun travers de caractère n'avait pu diminuer, reçut celte fois une atteinte cruelle. Barnabe proposa à Paul d'emmener Jean-Marc avec eux; Paul s'emporta. Il ne pardonnait point à Jean-Marc d'avoir abandonné la première mission à Perge, au moment où elle entrait dans la partie la plus périlleuse du voyage. L'homme qui avait une fois refusé d'aller à l'ouvrage lui paraissait indigne d'être enrôlé de nouveau. Barnabe défendait son cousin , dont il est probable , en effet , que Paul jugeait les intentions avec trop de sévéï-ité. La querelle en vint à beaucoup de vivacité ; il fut impossible de s'entendre ^ Cette vieille amitié, qui avait