‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 28 sur 427 · Eusèbe, ïf. E., III · texte numérisé non relu

Eusèbe, ïf. E., III

4. Epist. ad Dardanum, 1. c; In Jerem., xxxi; In Tit., i, 5; II, 2 ; De viris ilL, 5.

5. De peccalovum rnerilis et remissione , I, § 50; Inchoata expositio ep. ad Rom., § 11. Comp. cependant De doclrina christ., II, § 13.

LViii SAINT PAUL.

mcnt^ Les manuscrits anciens de provenance latine suffiraient, nous l'avons vu, pour témoigner de la répugnance que l'Occident éprouva quand cette épître lui fut présentée comme un ouvrage de Paul. 11 est clair que, lorsqu'on fit, s'il est permis de parler ainsi, Vediiio princeps des lettres de Paul, le nombre des lettres fut fixé à treize. On s'habitua sans doute de bonne heure à mettre à la suite de ces treize lettres l'épître aux Hébreux, écrit apostolique anonyme, qui se rapproche à quelques égards pour les idées des écrits de Paul. De là il n'y avait qu'un pas à faire pour arriver à penser que l'épître aux Hébreux était de l'apôtre. Tout porte à croire que cette induction fut tirée à Alexandrie, c'est-à-dire dans une Église relativement moderne si on la compare aux Églises de Syrie, d'Asie, de Grèce, de Rome. Une telle induction ne peut avoir de valeur en critique, si de bonne^ preuves intrinsèques détournent d'un autre côté d'attribuer l'épître en question à l'apôtre Paul.

Or, c'est ce qui a lieu en réalité. Clément d'Alexandrie et Origène, bons juges en fait de style grec, ne trouvent pas à notre épître la couleur du style de

\ . Passages d'Eusèbe, de saint Jérôme, de Primasius, de Philastre, d'Isidore de Séville, précités.

INTRODUCTION, lix

Paul. Saint Jérôme est du môme sentiment; les Pères de l'Église latine qui refusent de croire que l'épîlre soit de Paul donnent tous la môme raison de leur doute : propler slyli sermonisque dislantiam *. Celte raison est excellente. Le style de l'épître aux Hébreux est, en effet, différent de celui de Paul ; il est plus oratoire , plus périodique ; le dictionnaire présente des mots particuliers. Le fond des pensées n'est pas éloigné des opinions de Paul , surtout de Paul captif; mais l'exposition et l'exégèse sont tout autres. Pas de suscription nominative , contrairement au constant usage de l'apôtre; des traits qu'on peut s'attendre à trouver toujours dans mie épître de Paul manquent dans celle-ci. L'exégèse est surtout allégorique et ressemble bien plus à celle de Philon qu'à celle de Paul. L'auteur participe de la culture alexandrine. Il ne se sert que de la version dite des Septante; il fait sur le texte de cette version des raisonnements qui prouvent une complète ignorance de l'hébreu* ; sa façon de citer et d'analyser les textes bibliques n'est pas conforme à la méthode de Paul. L'auteur, d'un autre côté, est un Juif; il

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