I Cor., XI, 3 et suiv.; xiv
7. Voir i'étyniologie grotesque de o.sWstv, dans Philon, Dû plantât. Noe, % 39.
382 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 57]
ayant faim. Les pauvres étaient couverts de honte ; les riches semblaient insulter par leur abondance à ceux qui n'avaient rien. Le souvenir de Jésus et de la haute signification qu'il avait donnée à ce repas paraissait effacé \ L'état corporel de l'Eghse était, du reste, assez mauvais : il y avait beaucoup de malades et plusieurs étaient morts ^. Les cas de mort, dans la situation où se trouvaient les esprits, causaient beaucoup de surprise et d'hésitation ^ ; les maladies étaient tenues pour des épreuves ou pour des châtiments*.
Est-ce à dire que quatre années eussent suffi pour enlever toute sa vertu à l'œuvre de Jésus? Non certes. Il y avait encore des familles édifiantes, en particulier celle de Stéphanas, qui tout entière s'était vouée au service de l'Église et était un modèle d'activité évangéhque'. Mais les conditions de la société chrétienne étaient déjà bien changées. La petite Eglise de saints du dernier jour était jetée dans un monde corrompu, frivole, peu mystique. Il y avait déjà de mauvais chrétiens ! Le temps n'était