‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 382 sur 427 · Act., XIII · texte numérisé non relu

Act., XIII

490 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 58]

juste», remettre à quelqu'un une faute qu'il a commise et déclarer qu'il ne l'a pas commise. Le « justifié » est, d'après, cet idiotisme, non-seulement celui qui est absous d'une faute, mais celui qui est tranquillisé à ses propres yeux, qui n'a plus à s'occuper des péchés qu'il peut avoir commis, des préceptes qu'il peut avoir violés à son insu.

Quand Paul expédia sa terrible épître, il avait à peu près fixé le jour de son départe Les plus graves inquiétudes l'assiégeaient ^ ; il avait le pressentiment d'accidents graves, et il s'appliquait souvent ces vers d'un psaume ^ : « Pour toi nous supportons la mort tous les jours, nous sommes tenus pour des brebis destinées à la boucherie* ». Des renseignements trèsprécis , et qui ne se vérifièrent que trop , lui représentaient les dangers qu'il allait courir de la part des Juifs de Judée ^ Il n'était même pas rassuré sur les dispositions de l'Eglise de Jérusalem. Il avait trouvé tant de fois cette Eglise dominée par des préjugés mesquins qu'il craignait une mauvaise réception , laquelle, vu le nombre des croyants encore

\. Rom., XV, 25.

Page 1