Exod., xxii
2. Pour l'antipathie des pharisiens contre le fils de Nébédée, et en général contre le haut sacerdoce, voir Taloi. de Bab., endroits cites à la page précédente.
530 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 58]
et des esprits; les pharisiens admettaient tout cela^ Le stratagème de Paul réussit à merveille * ; la guerre fut bientôt dans l'assemblée. Pharisiens et sadduccens furent plus attentifs à se combattre qu'à perdre leur ennemi commun. Plusieurs pharisiens prirent même la défense de Paul, et affectèrent de trouver vraisemblable le récit de sa vision. « En somme, disaient-ils, que reproche-t-on à cet homme? Qui sait si un esprit ou un ange ne lui a point parlé? »
Claudius Lysias assistait bouche béante à ce débat, dénué de sens pour lui. Il vit le moment où, comme la veille, Paul allait être mis en pièces. Alors il donna ordre à une escouade de soldats de descendre dans la salle, d'arracher Paul des mains de l'assistance et de le reconduire à la tour. Lysias était fort embarrassé. Paul, cependant, se réjouissait du glorieux témoignage qu'il venait de rendre au Christ; La nuit suivante, il eut une vision. Jésus lui apparut et lui dit : a Courage ! comme tu m'as confessé à Jérusalem, il faut que tu me confesses aussi à Rome. »
La haine des fanatiques, pendant ce temps, ne restait pas inactive. Un certain nombre de ces zé-
i. Cf. Jos., Ant., XVIII, I, 3, 4; B. J., II, viii, 14. 2. Nous croyons bien qu'il y a dans ce récit des Actes quelque arrangement artificiel.
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lolcs OU sicaires, toujours armés du poignard pour la défense de la Loi, firent entre eux une conjuration pour tuer Paul. Ils s'obligèrent par vœu, sous les plus terribles anathèmes, à ne manger ni boire tant que Paul serait encore en vie\ Les conjurés étaient plus de quarante; ils prononcèrent leur serment le matin du jour qui suivit l'assemblée du sanhédrin. Pour arriver à leurs fins, ils allèrent, dit-on, trouver les prêtres, leur exposèrent le plan qu'ils avaient formé, les engagèrent à intervenir avec le sanhédrin auprès du tribun pour obtenir le lendemain une nouvelle compaïution de Paiil. Les conjurés devaient saisir leur moment et tuer Paul dans le trajet. Mais le secret du complot fut mal gardé; il parvint à la connaissance d'un neveu de Paul, qui habitait Jérusalem. Celui-ci court à la caserne et révèle tout à Paul ; Paul le fait conduire auprès de Glaudius Lysias par un centurion. Le tribun prend le jeune messager par la main, le conduit à part, obtient de lui tous les détails du complot, et le renvoie en lui commandant de ne rien dire.
A partir de ce moment, Claudius Lysias n'hésita plus. Il résolut d'envoyer Paul à Gésarée, d'une part, pour enlever tout prétexte aux troubles de Jérusalem,