Strabon, XII, vi, 3. Cf. IMommsen , Res geslœ divi Aug
p. VII.
50 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 48]
rie*, 5° la Phrygie Montagneuse, avec ses villes d'ApolIonie et d'Antioche *. Cet état de choses dura longtemps ^ Ancyre était la capitale de ce grand ensemble, comprenant presque toute l'Asie Mineure centrale *. Les Romains n'étaient pas fâchés , pour décomposer les nationalités et dérouter les souvenirs,
1. Pline, V, 23; Le Bas, Inscr., III, 1383 6^s, et la note dp Waddington. Elle fit partie du royaume d'Amyntas; or, après la mort d'Amyntas, elle ne fut ni rendue à la liberté ni réunie à une autre province.
2. Heiizen, n» 6912. Cf. Perrot, De Gal.prov. rom., p. 39 et suiv., 46 et suiv.; Momrasen, Res gestœ divi Aug., p. vu. Pour Apollonie, cependant, voir Le Bas, III, n° 1192.
3. Ainsi la ville d'Iconium honore comme son bienfaiteur un procurateur de Galatie [Corp. inscr. gr., n" 3991 ). Cf. Le Bas, III, 1383 bis. Pline (//. A^., V, 42) indique les Lyslreni parmi les populations de la Galatie. Ce qu'il dit des frontières de la Galatie (V, 25 et 42) est confus, mais ne contredit pas essentiellement notre thèse. Ptolémée (V, iv, 1, 10, 11) entend la Galatie comme Strabon. Cf. Henzen, n» 6940; Le Bas, III, 1794; Capitolin, Maœimin et Balbin, 7; I Pétri, i, 1. Les inscriptions qui, comme celles de Henzen, 6912, 6913; Marini, AUi, p. 766; Le Bas, III, 176, 627, 1816; Perrot, De Gai., p. 102, énumèrent à côté de la Galatie ses provinces annexes, prouvent seulement que les vieux noms subsistaient. Du reste, ces agglomérations de provinces varièrent souvent, surtout à partir de Vespasien. Cf. Le Bas et Waddington , III, 1480; Perrot, De Gai, p. 134-136.
4. Corp. inscr. gr., 4011, 4020, 4030, 4032, 5896; Henzen, 6912, 6013; Marini, AUi, p. 766; Perrot, De Gai., p. 102; ïïckhel, n.n. v , III, 177-178.
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de changer ainsi les anciennes acceptions géogrci[)liiques et de créer des groupes administratifs arbitraires, analogues à nos départements *.
Paul avait l'habitude de se servir, pour désigner chaque pays, du nom administratif \ Le pays qu'il avait évangélisé depuis Antioche de Pisidie jusqu'à Derbé s'appela pour lui « Galatie » ; les chrétiens de ce pays furent pour lui « les Galates ' » . Ce nom
1. Strabon, XII, iv, 6; XVII, m, 25. La môme politique est bien sensible dans la Gaule. Jlais au-dessous de la province, dont les limites étaient très-variablos, se conservaient les divisions antiques du canton et de la cité.
2. Asie, Macédoine, Achaïe, désignent pour lui les provinces qui portaient ces noms, et non les pays qui les avaient portés d'abord.
3. Parla on s'explique cette particularité unique de l'Épître aux Galates, qu'elle ne porte pas d'adresse à une Église déterminée. Parla on s'explique aussi une des singularités apparentes de la vie de saint Paul. L'Épître aux Galates suppose que Paul avait fait chez ceux à qui cette lettre est adressée un long séjour, qu'il avait eu avec eux des rapports intimes, au moins autant qu'avec les Corinthiens, les Thessaloniciens. Or les Actes ne font aucune mention de l'évangélisation de la Galatie proprement dite. Dans son second voyage, Paul «traverse le pays galatique» {Act., xvi, 6); nous verrons qu'on ne peut supposer à ce moment-là qu'un trèscourt temps d'arrôt; il n'est nullement probable que l'évangélisation profonde et suivie que suppose l'Épître aux Galates ait eu lieu dans un aussi rapide voyage. Au contraire, ce qui frappe en la première mission, c'est sa longue durée comparée au peu d'étendue de l'itinéraire et à ce que les résultats auraient de secon-
lui resta extrêmement cher. Les Églises de Galatie comptèrent entre celles pour lesquelles l'apôtre eut le plus de tendresse et qui eurent pour lui le plus d'attachement personnel. Le souvenir de l'amitié et du dévouement qu'il avait trouvés chez ces bonnes âmes fut une des impressions les plus fortes de sa
daire si on n'y rattachait pas la fondation dos Églises de Galatie. En y plaçant l'évangélisation des Galates, nous lui donnons une sorte de poids nécessaire à l'équilibre de la vie de saint Paul. En comparant Act., XVI, 6 à Act., XVIII, 23, on se persuade que, pour l'auteur des Actes, rcû.y.Tu-h y.wsx signifie la province romaine de Galatie, et que la partie qu'il veut désigner à ces deux endroits est la Lycaonie. N'objectez pas qu'en racontant au chapitre xiv l'évangélisation d'Iconium, de Lystres et Derbé, l'auteur des Actes ne prononce pas le nom de Galatie. Il procède là en détail, tandis que dans Actes j XVI, 6 ; xviii, 23, il procède par masses. La preuve, c'est que dans un des cas il intervertit l'ordre de «Ppuf t'a et de raXaTocvi y.ûpa. Dans la pensée de l'auteur des Actes , ces deux voyages à travers l'Asie Mineure sont des voyages de confirmation et non de conversion {Act.j XV, 36, 41; xvi, 5,6; xviii , 23). Enfin, dans l'un des voyages, l'objectif de saint Paul étant Troas, et dans l'autre Éphèse, l'itinéraire de Act., xvi, 6 et de Act., xviii , 23, est inconcevable si Ta.iy-'.y.rt -/jcù^t. est la Galatie proprement dite. Pourquoi cet étrange détour vers le nord , surtout si l'on considère combien le steppe central est difficile à traverser? 11 n'y avait probablement à cette époque aucune route d'Iconium à Ancyre ( Perrot, De Gai., p. 102-103). Combien il est invraisemblable aussi que les émissaires hiérosolymites (Gai., i, 7) aient fait un tel voyage! Ajoutons que les mentions de Barnabe dans l'Épître aux Galates portent à croire que les Galates le connaissaient; ce qui reporte l'évangélisation des Galates à la première mission.
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vie apostolique ^ Quelques circonstances redoublèrent la vivacité de ces souvenirs. Il semble que, durant son séjour en Galalie, l'apôtre fut sujet aux accès de faiblesse ou de maladie qui l'atteignaient fréquemment. Les soins, les égards des fidèles prosélytes lui allèrent au cœur*. Les persécutions qu'ils eurent à souffrir ensemble ^ achevèrent de créer entre eux un lien profond. Ce petit centre lycaonien eut de la sorte beaucoup d'importance : saint Paul aimait à y revenir comme à sa première création ; c'est de là qu'il tira plus tard deux de ses plus fidèles compagnons, Timothée et Caïus*.
Il y avait quatre ou cinq ans qu'il s'absorbait ainsi dans un cercle assez limité. Il songeait moins alors à ces grandes courses rapides qui, sur la fin de sa vie, devinrent pour lui une sorte de passion, qu'à fonder solidement des Églises qui pussent lui servir de point d'appui. On ne sait si pendant ce temps il eut des relations avec l'Église d'Antioche, dont il avait reçu sa mission. Le désir de revoir cette Église mère s'éveilla en lui. Il résolut d'y faire un voyage, et suivit à l'inverse l'itinéraire qu'il avait