RÉFORMES DE CHARLES VII
ge et un antre de prostitution. Le tiers état aVait pris une )ortance considérable dans la direction des affaires, et ques Cœur, les deux Jouvenel des Ursins, les frères reau, Cousinot, Chevalier et quelques autres, dirigeaient
conseils du roi, au détriment de la prépondérance de la dalité, au grand avantage des intérêts du peuple. Il ne rchanda pas à Charles les moyens de pacifier le royaume, de s'affranchir de la dépendance des grands feudataires mettant du même coup un terme aux abus sans nombre ils encourageaient. Pour cela, il fallait à la royauté deux )ses : une armée, des finances. J'aurais pu dire une seule )se, "de l'argent, car avec de l'argent tout s'achète, me les hommes. Cette chose, les états de 1439 la lui ;ordèrenl en lui laissant lever les impôts comme il le dut, et, tandis que ses prédécesseurs avaient vécu jusalors de leur domaine privé et des droits de gîte et de irvoirie, Charles put faire la taille annuelle, ordinaire et 'pétuelle, d'accidentelle qu'elle était. Cela, d'ailleurs, ne irait durer qu'un temps, et jusqu'à l'entière expulsion des iglais; mais il est rare que l'on retire, à la paix, les arges intolérables que les nécessités de la guerre ont t établir, et il resta à Charles VII, à la suite de la lutte ntre l'Angleterre, un impôt non voté et une armée permente, les deux pivots de la monarchie absolue. Le roi t un maître, la nation fut asservie ; la convocation des Us généraux devint inutile, l'impôt permît au prince d'augenter indéfiniment l'armée, et par l'armée, d'augmenter sa volonté l'impôt. Mais l'avenir seul devait montrer la ofondeur de l'abîme que des conseillers bien intentionnés Basaient à leur insu sous les pas du peuple, et ce n'est pas us étonnementque l'on voit un écrivain du temps, Thomas sin, évêque de Lisieux, signaler par avance les dangers ur la nation, pour l'Europe tout entière, de celte innova- ^n, heureuse dans le principe, des armées permanentes
temps de paix.
lie HISTOIRE DES PAYSANS.
« Comme de vils esclaves, dit-il, les sujets n'auron rien qu'ils puissent dire être à eux, ni leurs biens, ni leurs vies. En telle misère et servitude est tombé le ro^ de France, autrefois noble et libre, que tous les bat sont déclarés hautement, par les généraux des fînan< leurs commis, taillables à la volonté du roi, sans qu( .sonne ose murmurer ou même demander merci, e parler à rencontre serait plus périlleux que de reniei le symbole de la foi, et serait châtié en crime de lèse Jesté... Le mal ira croissant, et toujoui;s, s'il enman forgerait-on nouvelles causes de guerres et de troubles de maintenir milices et tributs. Et cette calamité n( meurera point particulière au royaume de France, ni contagion gagnera les autres nations, comme nous le v* commencer de nouvelleté en certaines seigneuries, 1 jusqu'ici de telles servitudes.
> L'autorité divine nous commande bien d'être se aux princes, mais non comme serfs. L'Apôtre dit : » soyez point serfs des hommes. » Il dit encore : « Serf » appelé? n'en aie point de souci; mais si tu peux de » libre, mieux feras-tu. » Obéissons donc librement nous commande selon la justice et la loi ; mais à qui i mande contre la loi et la justice pour satisfaire ses in passions, subvertir l'État et tout réduire en servitude, béissons pas si nous avons pouvoir de résister ; ce sera juste encore (1). '>
Les soldats, en dépit de leur nom, étaient rarement dés, et c'était souvent leur situation normale et réguUèi vivre aux dépens du manant, ainsi que cela semble rés d'une « monstre (revue) de huit hommes d'armes, à ch ei quarante-cinq archers, de la compagnie de sir Hue! lowe, escuyer, qui sont des gens des champs et agai
(i) Histwla CaroU YII,^\iAN, V^VWU