‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 3)Chapitre 81 sur 93 · ALONSO DEL ARCO · texte numérisé non relu

ALONSO DEL ARCO

L’extrême fécondité d’Alonso del Arco n’a pas peu contribué à entourer son nom d’une notoriété qui manque à tant d’autres artistes d’un talent plus sévère, plus châtié, mais moins prodigue.

Né à Madrid en 1625, Alonso, que ses biographes désignent quelquefois par le surnom de el Sordillo de Pereda, était, comme ce surnom l’indique, atteint de surdité. D’un âge déjà avancé lorsqu’il commença d’apprendre la peinture, il entra dans l’atelier d’ Antonio de Pereda. Sous sa direction, Alonso devint un coloriste remarquablement habile, mais il resta dessinateur inégal, parfois incorrect et lit rarement preuve d’une entente sérieuse de la composition : aussi, la plupart de ses ouvrages fourmillent-ils de réminiscences ou plutôt d’emprunts faits à toutes les sources.

Dans la peinture des portraits, Alonso s’acquit une assez légitime célébrité : il les réussissait admirablement comme ressemblance, et son coloris aisé, harmonieux, savait toujours les parer de grâces séductrices.

Son talent facile le lit employer souvent à improviser des arcs de triomphe et des décorations emblématiques à l’occasion des entrées solennelles des rois et des fêtes publiques ou religieuses.

Sa femme, créature avide, fut son mauvais génie; elle avait pris un tel empire sur Alonso, quelle l’obligeait à ne refuser aucune commande alors même qu’il n’v pouvait suffire; elle-même dirigeait l’atelier, mesurait les tâches, ordonnait les préparations des toiles et les faisait ébaucher par les élèves; à son tour, Alonso y posait bien vite quelques touches à effet, ne travaillant tout juste, d’après les ordres de sa tyrannique moitié, que dans la mesure du prix qu’il était appelé à recevoir. De là, cette prodigieuse quantité de tableaux faibles et lâchés dont la fécondité d’Alonso a inondé les monuments religieux de Madrid.

A travers ce labeur écœurant et sans dignité, Alonso perdit vite tout sentiment de l’art ; a ers la fin de sa vie, ses ouvrages n’accusaient plus ni invention, ni caractère; l’artiste n’est alors qu’un praticien expéditif, habile coloriste encore, mais banal à force de facilité.

Alonso del Arco mourut en 1700, à Madrid, et dans un dénûment tel que le marquis de Santiago, son protecteur, dut le faire enterrer à ses frais. Ses principaux tableaux se trouvent dans les églises de San Juan de Bios, de San Andrès, de San Felipe el Real, de San Bernardo et dans la chapelle de Notre-Dame delà Novena; à l’église San Sébastian, chapelle qu’il décora en entier et qui est peut-être son meilleur ouvrage.

Madrid. — Musée National. — Conception (datée 1683). — Martyre d’un Saint (1682). — Notre-Dame de la Merci (1682). — Sainte Rose de Viterbe. — Conception (1687).

Académie de San Fernando. — L’Enfant Jésus endormi sur la croix.

Collection Madrazq (Palais Salamanca). — Conception dans une gloire d'anges.

Ancienne Galerie espagnole du Louvre. — Portrait de D. Manuel de San Martin.

Page 1