‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 4)Chapitre 75 sur 83 · ALONSO MIGUEL DE TOBAR · texte numérisé non relu

ALONSO MIGUEL DE TOBAR

Alonso Miguel de Tobar, né en 1678 àHiguera, apprit la peinture à Séville sous la direction d'un médiocre professeur appelé Juan Antonio Fajardo. Les dispositions naturelles de l'élève suppléèrent à l'insuffisance du maître. De lui-même, Tobar recourut à de meilleurs modèles. Il demanda aux ouvrages de Murillo les secrets de leur beauté, étudia le génie du grand artiste dans ses diverses manifestations, s'identifia avec son style, ses procédés, et parvint à atteindre une telle perfection d'imitation que ses copies ont été souvent prises pour les originaux mêmes.

Cette périlleuse habileté, tant admirée de ses contemporains, décida de l'avenir de l'artiste; malgré ses brillantes qualités natives, Tobar demeura condamné au pastiche.

Un tableau qu'il peignit pour la cathédrale de Séville prouve cependant que Tobar aurait pu être un peintre original; ce tableau représente la Vierge assise sur un trône et portant l'Enfant-Dieu; deux saints se tiennent débout aux côtés du trône, tandis qu'au premier plan, un clerc, revêtu d'un surplis, se prosterne en adoration. Au jugement de Cean Bermudez, cette composition, empreinte d'un sentiment exquis et d'une exécution vraiment remarquable, est le meilleur qu'ait exécuté l'artiste. C'est encore l'ouvrage le plus parfait qui ait été peint dans cette époque de décadence.

Lorsque Philippe V vint visiter Séville, les principaux personnages de la cour se firent présenter Tobar. Tous s'émerveillèrent de son talent d'imitateur, et le roi le nomma, par une cédule datée de 1729, pintor de camara. Tobar quitta alors Séville et suivit la cour à Madrid.

A Madrid, l'artiste fit quelques bons portraits : Cean Bermudez cite entre autres celui du cardinal Molina. Tobar copia également des portraits peints par Murillo. Parmi ces derniers figure une excellente et vigoureuse reproduction du portrait même de Murillo; elle appartient au Musée royal, et l'ancienne Galerie espagnole du Louvre en possédait une réplique.

Le Musée de Madrid" renferme une curieuse composition mystique de Tobar ; on la nomme la Divina Pastora : la divine pastourelle, parée d'une robe rose et portant une sorte de justaucorps en peau de mouton, présente des roses à ses brebis; des anges veillent sur le troupeau; dans le fond, un ange vole au secours d'une brebis égarée que poursuit le démon sous la forme d'un dragon. Cette toile est encore une imitation, mais singulièrement affadie, du style de Murillo. Le coloris en est pâle, la touche maigre et léchée, le dessin timide et gauche. Rien enfin ne relève cette peinture énervée, où la fadeur de la pensée n'a d'égale que la mièvrerie de l'exécution.

Les biographes s'accordent pour louer une Sainte Famille, copie de Tobar d'après Murillo, qui se voit dans l'église de Santa Maria la Blanca, à Séville.

Tobar mourut à Madrid en 1758.

Madrid. — Misée royal. — La Divine Bergère. — Portrait de Murillo.

Académie de San Fernando. — L'Ange apparaissant à saint François. — La Vierge et l'Enfant.

Londres. — Collection W. Stirling. — Portrait de :l/«rillo.

Berlin. — Musée. — Saint Joseph et l'enfant Jésus

Saint-Pétersbourg. — Hermitage. — Enfant couronné de pampres.

Vente Aguado (1843). La Vierge et l'Enfant Jésus (deux médaillons) ; 1,360 fï.

Vente Soult (1852). Jésus et saint Joseph : 1 150 fr.

Ancienne Galerie espagnole. — Vente a Londres (1853). —Saint Jean-Baptiste : i 10.

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