VENTE PRINCE DE CONTI
CozLecrion RoBErT PEEL. de Cologne,
117. — Différentes places de la ville de Cologne. Deux morceaux peints sur bois, provenant du cabinet du due de Choiseul, 4,950 liv. les deux. Vue du château de Bentheim, au bas on aperçoit la ville et une grande prairie. Figures par Adrien. 2,401 liv. VENTE RaNpoN De Bors
église el de plusieurs maisors altenantes. Les figures dont
— Vue du dehors d'une
RECHERCHRS
INDICATIONS
ce tablean est enrichi sont, les unes d'Eglon Van der Neer, les autres d'Adrien Van de Velde, 13 pouces sur 1$- 6,153 liv.
L'entrée d'une ville de Hollande. — On y remarque une hôtellerie d'où sort un homme tenant un cheval par la bride, etc. On y compte quatorze figures par Adrien Van de Velde ; sur bois, 3,003 liv.
VENTE JULLENNE. 1767 — Vue d'une église, de plusieurs maisons, de différents arbres, et d'un pont sur un canal. — On y compte dix-sept figures par Adrien; peint sur bo 20 p. sur 23 00 iv.
VENTE BLONDEL DE GAGNy, sieurs maisons de campagne, environnées d'arbres agréables.
. — Un château et plu-
près d'un canal. — On y voit des figures par Adrien Van de Velde, et des bateaux par Guillaume Van de Velde. 4,461 liv.
La vue du château de Rosindul, avec figures par Adrien 3,920 liv.
VE Rogir, 1801. — Vue d'une place de Cologne offrant les détails précieux, dix-sept figures, une avenue d'arbres, ete. Ce tableau fut acheté par Boucher, en Hollande, lors e qu'il fit dans ce pays en 1766, avec Randon
du voyag de Boisset. 3,450 fr.
VENTE Van DER Por, 4808. — Deux morceaux peints sur
cuivre. Ils représentent des intérieurs de ville avec canaux,
ponts de pierre, des arbres et des figures, 13 p.
Levis
ont
sur 17 environ. 1,045 florins.
VENTE ErARD, 1 — Vue prise dans l'intérieur d'une ville; une église à facade d'ordre conique sur une grande ace garnie de figures par Adrien Van de Velde. On croit que c'est une vue prise à Cologne ; sur bois. 6,951 fr.
Vue d'une des portes d'Amsterdam. Sur bois, c'est la
. En avant est un es bar- Adrien.
porte qui ouvre sur le chemin de Leyt >ont-levis en decà duquel un chemin fermé par € rières à hauteur d'appui, de jolies figures par 2,550 fr.
VENTE PERREGAUX. 4841. — Une magnifique ég par le chevet; à droite une maison à l'angle de thique ; vers la gauche, de l’autre côté d'une belle rue, une autre église sur le devant de laquelle est planté un chène. Nombre de figures par Adrien; sur cuiy 17,003 fr.
VENTE ParuREAU. 4857. — Vue de l'entrée d'une ville. On y remarque, vers la droite, à la porte d’une métairie construite en briques, un puits où une femme puise de l'eau ;
e vue aquelle
ève une tour
à gauche, deux militaires ayant auprès d'eux un chien. Le fond présente une porte de ville flanquée de deux tourelles. On voit, en dehors de la porte, deux figures, et, sur la droite, des arbres de haute futaie. Les figures de ce joli tableau sont par Adrien Van de Vel il est sur bois centimètres de hauteur sur 27 de large. Adjugé
et porte
500 fr. au marquis de Lagrange
Preyden
ÉVREUX, IMPRIMERIE
DE
CHARLES HÉRISSEY
Fi
CD TELE , T Geole À 2. Guie Va ia ges
GUILLAUME DE HEUSCH
NÉ EN 1638. — monrT EN 1712?
IL nous aurait fallu renoncer à écrire l’histoire des peintres hollandais, si nous avions dû en exclure ces nombreux artistes qui ne brillent dans leur école qu'au second rang, mais qui ont su s'y ménager une telle place, que l’omission de leur nom est devenue impossible. Si nous ne connaissions pas les ouvrages de Jean Both, dont Guillaume de Heusch fut l'élève,
celui-ci nous paraitrait un paysagiste original, lumi-
neux et piquant; mais, à côté de son maitre, il n'est plus guère qu'un heureux imitateur, ou, pour mieux
dire, qu'un excellent disciple. Et, cependant, il faut
avouer que ses tableaux ont encore beaucoup de
saveur, même après ceux dont ils reproduisent la manière, et l’on peut dire, à l'éloge de Guillaume, qu'il a plutôt recommencé Jean Both qu'il ne l'a servilement imité.
Comme son maître, de Heusch était né à Utrecht; mais il alla fort jeune en Italie, et ce fut là qu'il
devint l'élève de son compatriote. Il apprit de lui à choisir dans la nature italienne les sites agrestes,
les arbres au feuillage léger qui laissent transparaitre le ciel, les campagnes montueuses, accidentées de
petites chutes d'eau, hérissées de buissons, coupée
s de rivières. Tandis que Poussin et Claude et le
Guaspre imprimaient à la campagne romaine, ou au paysage des environs de Naples, un caractère simple,
supposer des héros antiques et des demi-dieux, ils n
grandiose el solennel, Jean Both et son disciple la voyaient mouvementée, pittoresque, et, au lieu d’y
‘y regardaient que le paysan qui chemine en sifflant
sur ses mulets, le batelier qui passe des voyageurs et des bœufs sur son bac, la fileuse qui indique à un
cavalier son chemin, l'ânier qui tire après lui sa bêle pour lui faire traverser ua ruisseau bordé de
broussailles et plein de cailloux.
La brûlante lumière du ciel d'Italie joue toujours un grand rôle dans les tableaux de Guillaume de
Heusch, et les fonds de son paysage en sont toujours du soleil sont interceptés par des bouquets d'arbres desquelles grimpe un chemin lortueux, font premier
à leurs pieds et avec des figures de muletiers, de pât colline. Des touffes d’arbrisseaux, de grosses pierres
du repoussoir, et, après s'être heurté à tous ces ob,
perspectives d'un horizon estompé par une poussièr
élancées et des rameaux tourmentés et capricieux ; leur feuillage est pointu, Airsutus, peu charg
paraît toujours agité par le souffle de l'air. Les ciels
on y voit circuler des nuages qui ajoutent au mouve d'un paysag
païens en ruine, ni des monastères chréliens aux lig ni des obélisques renversés, ni des colonnades vèl maisons rustiques, des cabanes isolées, de simples fe disjointes. Parfois, une lour ronde, bâlie sur le ro
dernières montagnes ; mais l'architecture lient si peu
qu'il semble avoir fait toutes ses études dans les éloignés des villes et des monuments. Toutefois, c'e
peintures, sans doute en y mettant en œuvre les é
portefeuilles, car tout porte chez lui le cachet de la non pas naïvement et au hasard, mais avec le parti
el plat, de ne regarder qu'aux accidents.
Tel est le caractère des paysages de Guillaume de d'après cette descriplion, combien sa manière rappe distingue de son maitre par les nuances de sa touc
couleur de Heusch n'est pas aussi cuite, aussi {ann
convenue et reproduit mieux les impressions partie
contraire : elle est, chez de Heusch, plus maniéré comme le seraient des plantes épineuses, et le faire toujours le même, loujours pointu, toujours piqué 4 à Rome, où il avail été occupé et payé fort cher, €
vécut fort âgé, disent les biographes. Les tableaux
e toujours remué et quelquefois même un peu cahoté. S
éclairés à profusion ; mais, sur le devant, lesrayons dont l'ombre s’allonge ; de petites collines, autour plan avec les plantes à larges feuilles qui croissent res, qui montent ou descendent l’escarpement de la s, des fragments de rocs éboulés ajoutent à l'énergie jets, le regard va se reposer et se perdre dans les e lumineuse. Les arbres de Heusch ont des formes é, et il s de ses tableaux sont rarement unis et tranquilles : ment de la composition et complètent le sentiment
es fabriques ne sont ni des temples
nes imposanies, ni des aqueducs à moitié détruits,
ses de lierre, de mousse ou de fleurs; ce sont des
rmes, et, par exception, de grands ponts aux briques
re o
e, s'aperçoit au loin à mi-côle ou au sommet des
s de Guillaume de Heusch,
de place dans les pay
Apennins, aux endroits les plus sauvages, les plus st à Rome qu'il exécuta la plus grande partie de ses léments dont il était allé remplir dans les bois ses nature, l'accent de la vérité, de la vérité observée,
ris de ne rien voir de ce qui est calme, uniforme
e Heusch, et nos lecteurs reconnaitront aisément, le en général celle de Both d'Italie. Mais l'élève se he et par son coloris. Bien que chaude et dorée, la ée que l'est souvent celle de Both; elle est moins les de la nature. Quant à l'exécution, c'est tout le e et plus monotone. Tous ses arbres sont touchés du peintre, au lieu de varier selon les objets, est e touches étroites, vives, acérées. Après un séjour f
qu'il fit à cette époque représentent des vues du
e Heusch retourna finir ses jours à Utrecht, où il
Rhin. Bien que la province d'Utrecht soit un pays p de la Hollande, de Heusch avait tant de goût pour qu'il n'aurait pu se contenter des sites trop uniforme Sallleven, comme Griffier , il remonta le Rhin, jusq ceux qui le bordent quand il se perd dans les sable sont presque loujours frappantes :
placées tout exprès. Il ornait ses paysages de jolies
us pittoresque, je veux dire moins plat que le reste les mouvements de terrain et les pays montueux, s qu'il rencontrait autour de sa ville natale. Comme u'à ce qu'il y trouvàt des rivages plus escarpés que s de la Hollande. « Ses vues du Rhin, dit Descamps,
il sut choisir les endroits où les oppositions se trouvaient comme
figures, de chasses, de fêtes ou de moissons. »
GUILLAUME DE HEUSCH (1638) 3
Nos amateurs connaissent de Heusch par ses eaux-fortes et ses dessins, plus encore que par ses
tableaux qui ne sont pas communs, même dans les Pays-Bas, et qui sont très rares en France. Bien qu'ils reproduisent le système de composition de Jean Both, ses arbres aux branches fines et au feuillage peu touffu, ses devants arrosés de cours d’eau et ornés de larges pentes, il y a cependant une différence sensible entre l'élève et le maître. Celui-ci est plus expert dans l'art d'entamer le cuivre, plus habile à faire mordre l'acide. De Heusch est un graveur moins exercé, moins adroit que Jean Both ; ses estampes
ne sont pas aussi bien liées, aussi bien ensemble. Les morsures de l'eau-forte n'y sont pas conduites avec celle insensible dégradation qui fait que les divers plans, en reculant jusqu'à la ligne extrême de l'horizon, ne forment qu'un seul et même tableau. Mais les gravures de Guillaume de Heusch n'en sont pas moins l’œuvre d'un peintre, et, à cela près de cette expérience purement matérielle qui lui fait un peu défaut, on y retrouve la main, je veux dire le sentiment d'un maitre, presque autant que dans celles de Jean Both. La plupart sont dessinées avec esprit, et animées par des figures de muletiers italiens, dont la présence y semble toute naturelle, au milieu d’un paysage brûlant de soleil. Le feuillé de ses
arbres, le plus souvent traité en zig se projette sur le ciel en forme de petits fers de lance, et le
maniement de sa pointe y rappelle exactement sa manière de dessiner à la plume et les touches aiguës de son pinceau.
CHARLES BLANC