EMMANUEL DE WITTE
I est peu de peintres qui aient compris aussi bien qu'Emmanuel de Witte la perfection de la lumière et la I
reté des demi-teintes dans les intérieurs d'église, Né à Alkmaar en 1607, il apprit à peindre Delft, sous la conduite d'Évrard Van Aelst, et, se méprenant d'abord sur le
à caractère de son aptitude véritable, il débuta par des portraits et même par de grands tableaux d'histoire. Établi bientôt après à Amsterdam, il comprit mieux sa vocation et se mit à peindre des intérieurs d'église. Dans ce genre, qui
serait sans intérêt sous un pinceau vulgaire, il a su faire de petites merveilles. Aussi exact pour la
reproduction des lignes architecturales que le photographe prétend l'être, Emmanuel de Witte a de plus qu'eux l'impression poétique et le charme mystérieux : il est moins sec que Peter Neefs, et plus artiste que Steenwyck. Son défaut est de donner parfois trop de transparence aux reflets, et d'ôter ainsi aux piliers et colonnes de ses églises leur aspect solide : d’où il résulte que ces piliers et colonnes ont l'air parfois d’être éclairés en dedans, comme une lanterne,
Malgré son incontestable valeur, Emmanuel de Witte, fort apprécié pendant la première partie de sa vie, eut une vieillesse précaire et troublée. Les terribles angoisses de la pauvreté attristèrent ses derniers jours. Le malheureux artiste n'eut pas la force de supporter la misère, et, en 1692, il se noya
dans un des canaux d'Amsterdam. Son corps, retrouvé près d’une écluse, fut enterré au cimetière des
pestiférés.
AMSTERDAM. — Intérieur d'église (provenant de la vente RoTTERDAM. — Intérieur d'un temple protestant. Van der Pot). STOCKHOLM. — Perspective d'une église. Musée VAN DER Hoop. — Intérieur d'église. VENTE JULIENNE, 1761. — Une église : on y remarque un BRUXEL — L'Église de Delft. homme qui creuse une fosse. 151 livres. BERLIN. — Jntérieur d'une église ornée de tableaux et de VENTE LANEUVILLE, 1811.— Les Serviteurs de Laban ap-
statues, — La Synagogue d'Amsterdam.
portent des présents à Rachel, composition de onze figures.
LONDRES. GALERIE BRIDGEWATER. — /ntérieur d'église hol- (Nous avons des doutes sur la justesse de cette attribution. Il landaise. se pourrait pourtant que ce tableau füt l'œuvre d’'Emmanuel CoLcecTion DE M. MATTHEW ANDERSON. — Intérieur d'é- de Witte avant son voyage à Amsterdam.) glise.
HEEMSKERK (EGBERT)
Il nous sera peut-être permis de dire que, malgré la bravoure apparente de son exécution et la naiveté de ses types, Egbert Heemskerk a mis un pinceau un peu grossier au service d’un esprit un peu lourd. I n’est pas donné à tous d’imiter Brauwer. Heemskerk cependant avait pu le connaître et le voir à l'œuvre, étant né comme lui à Harlem, vers 1610. Influencé par l'exemple de Brauwer, Heemskerk, qu'on à surnommé le Paysan, entreprit de peindre des scènes rustiques, les travaux de la chaumière ou de l'atelier, les loisirs et les querelles des tavernes enfumées. Dans ces compositions, si chères au réalisme hollandais, il suivit de très-près la nature et ne fut pas même arrêté par ses laideurs. Pilkington remarque avec raison qu'Egbert Heemskerk a surtout cherché l'expression : il est certain que la colère, la passion du jeu, l'ivresse lubrique, se lisent en caractères fortement accusés sur les visages et dans les attitudes des personnages qu'il met en scène.
Heemskerk, qui vivait encore en 1680, eut un fils qui porta le même prénom que lui, et qu’on désigne d'ordinaire sous le nom de Heemskerk le jeune. Né à Harlem en 1645, il fut élève de son père et de Pierre Grebber. Il passa une partie de sa vie à Londres, où il mourut en 1704. Il a laissé un certain nombre de tableaux que les faiseurs de catalogues ont trop souvent confondus avec ceux d'Heemskerk le Paysan.
Musée pu Louvre. — Deux Intérieurs de tabagie (si- Des Hommes jouant aux cartes.— Une Vieille femme avec un gnés H K). voile sur la tête. — Des Fumeurs assis autour d’une table. BRUXEL — Le Cabaret flamand. Hampron-CourT. — Des Rustres hollandais.
CamBRal. C :CTION DE M. Dumont. — Le Concert de VENTE SOLLIER. 1781. — Une Chambre remplie de fumeurs
et de buveurs, 240 livres
willage.
FLORENCE, — Buste d’un vieillard avec un bonnet noir. —
REINIER ZEEMAN
Reinier Nooms, plus connu sous le nom de Zeeman (komune de mer), s'est fait une double réputation par
ses tableaux et par ses gravures à l’eau-forte. Peintre de marines, il ressemble en plus d'un point à
LES TROIS VAISSEA
Guillaume Van de Welde, Il a, comme lui, un grand sentiment de l'unité, une harmonie des plus poétiques. Zeeman, né à Amsterdam en 1612, fut matelot avant d’être peintre, et paraît avoir beaucoup voyagé. Il a, dit-on, travaillé à Berlin, à Londres et même en France : le tableau du Louvre, qui représente une Vue de Paris, en est une preuve. Mais l'inscription d’une de ses estampes (le n° 23 de Bartsch) prouve qu'il se trouvait à Amsterdam en 1656. Ses eaux-fortes représentent ordinairement des marines, des scènes du bord de la mer, des batailles navales; mais Zeeman à gravé aussi des paysages et des vues de monuments. L'époque de sa mort n'a pu jusqu’à présent être exactement précisée ; nous savons
toutefois, par la date d’une de ses estampes, qu'il vivait encore en 1673.
Les eaux-fortes de Zeeman sont au nombre de 154. Bartsch en a dressé le catalogue dans le 1° volume du Peintre- Graveur, mais il n'en a pas connu tous les états Elles sont fort estimées, et avec raison, €
r il y à exprimé à merveille le mouvement des vagues de la mer; mais ses ciels sont maladroitement et sèchement repris au burin, et ses nuages n'ont rien de vaporeux. Ses fabriques et ses navires sont d'un travail excellent et qui trahit toujours le dessin d'après nature. Ses morceaux les plus rares et partant les plus chers sont : l’Emeute des matelots
on y voit le buste du capitaine dans un ovale entouré de lauriers ; les Deux Maisons fortifiies ; on lit dans la marge du bas : De twe Blockuisen..…. 1651. (vente Rigal). Épreuve avant le nuage au haut du ciel, 460 fr. le même avec le nuage, 80 fr. — Le Lazaret;
gauche un moulin à vent, à droite une barque sur un canal dont le bord est animé par des vaches : on lit Æet Pest huis. — L'Incendie del'hôtel-de-ville d'Amsterdam; la place fourmille depompiers et de soldats, On lit Het oude Slathuis a° 4652, Vente Rigal. 180 fr.