DOMINIQUE VAN TOL
VEVAIT
La biographie de Dominique Van Tol n’est pas plus connue que celle d’Ochtervelt. Quelques historiens
prétendent qu'il était neveu de Gérard Dow; mais qu'il fût ou non son parent, il est sûr qu'il l’a imité, qu'il
l’a copié même avec une fidélité parfaite. Ses tableaux, qui se rencontrent assez souvent dans les collections
d'amateurs, sont d’une exécution poussée aux dernières limites du fini. Comme Gérard Dow, Van Tol aime à
peindre de petites figures isolées : la jeune ménagère apparaissant à une fenêtre qu'ombrage une guirlande de
vigne, l'enfant rieur faisant des bulles de savon, le vieillard qui fume tranquillement sa longue pipe hollandaise,
à côté d’un pot de tulipes. D'élégantes grisailles, imitant des bas-reliefs, encadrent souvent les compositions
familières de Van Tol. Dans bien des cas, il s’est contenté d’être le copiste de Gérard Dow. Mais, soit qu'il
invente, soit qu'il reproduise, sa manière est toujours précieuse jusqu'au mesquin; ce qui en fait excuser
le fini excessif, c’est qu'il l’applique en général à des tableaux très-petits. Dominique Van Tol excelle à rendre,
dans ces proportions exiguës, des ustensiles de cuisine groupés au hasard, sans autre intention que celle
d'arriver à une imitation surprenante, à ce genre d'illusion que produirait une lorgnette retournée.
AMSTERDAM. — La Souris. Un jeune garçon montre une
re à un chat: deux autres enfants le regardent en riant. — L'Astronome.
LS n vieillard à barbe grise, as fenétre et mangeant un hareng saur. — Une vieille femme dévidant du fil.
LONDRES. GALERIE BRIDGEWATER. — Une vieille fenvme tenant un livre. — Un vieillard lisant. — Le Musicien endormi. — Une vicille femme caressant un chien.
RoTrERDAM. — Portrait de Gérard Dow. — Un vieillard allumant sa pipe à un réchaud.— Une vieille femme achetant
près d'une
du poisson.
VENTE DE M°° HEEMSKERK. — (La Haye, 1770). — La Souris, 420 flor. (C'est le tableau du musée d'Amsterdam.) Vente DuBaRRY. 1774.— Portrait de Van Tol, un bonnet sur la tête. 656 livres.
VENTE RANDON DE Bot . 1777.— Une vieille femme qui peigne son enfant. 2,402 livres.
VENTE DE L'ABBÉ DE JUviGNY. 1779.— Un cordonnier sur le seuil de sa maison. Il parle à une jeune fille. (Gravé dans la galerie Lebrun.) 750 livres.
VENTE SOLLIER, 1781. — Une vieille femme tenant une bobine et cherchant le bout du fil. 664 livres.
VENTE SARRAZIN. 1802.— Le tableau de la vente Juvigny. S01 francs.
VENTE ITER. 1802. — Un médecin dans son laboratoire. 945 francs. — Deux enfants faisant des bulles de savon. Prix : 1.050 francs.
VENTE DuBreuIL-LENOIR. 182%. — La Vieille femme, du cabinet Randon de Boisset, 3,300 francs.
VENTE HENRY. 1836.— La Nourrice, 445 francs.
JEAN HACKAERT
La liste des paysagistes hollandais est inépuisable; et telle fut la fécondité de cette école privilégiée que, même parmi les artistes de second ordre, on rencontre encore des maîtres habiles et charmants. Jean Hackaert est de ceux-là. Né à Amsterdam en 1636, il se forma, sans maître, par une étude assidue de la nature. Il voyagea en Allemagne et surtout en Suisse, dessinant les montagnes, les cascades, les solitudes alpestres, en un mot {out ce qui amusait son œil curieux, tout ce qui frappait son imagination poétique.
Son voyage achevé, il revint en Hollande chargé de matériaux précieux, dont il sut plus tard tirer un
excellent parti. Ses paysages ne sont ni sans grandeur, ni sans vérité. Hackaert est passé maître dans le dessin el dans la coloration des feuillages, et, mieux que tout autre, il sait imiter les blonds rayons de lumière se glissant entre les branches pressées des grands arbres. Ses horizons ont des profondeurs dorées; ses ciels, où courent de légers nuages, sont limpides et lumineux. Semblable en ce point à la plupart des paysagisies de son temps, il ne peignait pas lui-même les figures qui ornaient ses tableaux. Il confia ce soin à Lingelbach, et plus souvent encore à Adrien Van de Velde ; ce dernier finit même par devenir son collaborateur préféré. L'association de Hackaert et de Van de Velde à produit des œuvres pleines de distinction et de finesse.
Jean Hackaert, qui est morten 1699, à laissé beaucoup de dessins et d'aquarelles; il a gravé aussi, avec un singulier esprit, six eaux-fortes que Bartsch a cataloguées, et qui sont très-recherchées par les
amateurs.
AmsrerDaM. — L'Allée de frénes, figures d'Adrien Van de VENTE VAN HELSLEUTER. 1802.— Intérieur de forêt traverse Velde. (Gravé par Daudet.) Ce tableau fut acheté 3,005 florins par un chemin. (Figures de Van de Velde.) 2,375 francs. — à la vente Van der Pot. Musée VAN DER Hoop.— Paysage Deux autres paysages, « étoffés, » l'un par le même, l’autre montagneur. par Lingelbach. )0 francs).
ANGLETERRE. CABINET DE M. Nabiër. — Chasse au Cerf. Vente Smern Van ALPuEx. 1810. — Paysage montueux
CaBiNer DE M. F. Evwarn. — Un paysage. | coupé par une rivière. Fig. d'Ad. Van de Velde.
BERLIN. — Soleil couchant, pay sage avec des montagnes et | Vexre LaroNTAINE, 1821. — Chasse au cerf. (Figures de de l'eau. (Figures par A. Van de Velde. dat en ee
COPENHAGUE.— Deux paysages. (Figures de Lingelbach.) S :
DRESDE. — Un vallon orné d'arbres. — Des figures sur un VENTE LarriTre. 1834. es RME RE ONCE chemin. | rivières et des montagnes. 2,700 francs.
Municu.— Des chasseurs avec leur meute dans un parc. | VENTE HERIS. 1841. — Un muletier descendant une mon-
VENTE SYBRAND-FEITAMA. 1758.— Deux vues de Suisse | tagne. Figures de Lingelbach. 2,000 francs dessins à la plume et lavés. 33 florins. | VENTE DU CARDINAL FEscH. 1845. — Un étang entoure
VENTE DE CHANGRAN. 1780 —Une chasse au Cerf. (Figures d'arbres. Figures par A. Van de Velde. 640 seudi, soit 3,300 fr. par Adrien Van de Velde.) 230 livres environ.
ABRAHAM HONDIUS
Abraham Hondius est le François Sneyders de l’école hollandaise. Il n’est pas moins maitre que lui dans la représentation des animaux; son pinceau n’a pas moins de fermeté et d'ampleur ; son coloris est peut-être mème plus vigoureux. Quand on a vu sa Chasse au Sanglier au musée de Rotterdam, on s'étonne qu'Abraham Hondius ne lienne pas une meilleure place dans l'estime des connaisseurs, et Pon se ‘prend à douter de la justice des distributeurs de renommée.
Le malheur de ce puissant artiste, e’est qu'il s’est expatrié, et qu'il a laissé oublier son nom et son lalent
à ses compatriotes. Né à Rotterdam, en 1638 (et non en 1650, comme l'indique Descamps), il alla, jeune encore, se fixer en Angleterre; il y travailla beaucoup, et c’est à Londres qu'il mourut, en 1691. L'abondance et la souplesse de son imagination lui ont permis d'aborder avee succès plusieurs genres de
peinture. Habile à rendre les effets de lumière, il a peint l'/ncendie de Troie; il a fait aussi des paysages
ornés d'excellentes figures; mais c’est surtout par ses animaux, par ses chasses, qu'il a mérité l'admiration des curieux. Le tableau dans lequel il avait représenté le Marché aux chiens d'Amsterdam passait autrefois pour son chef-d'œuvre. « On y voyait, nous dit-on, près de trente différentes espèces de chiens, bien dessinés et variés avec beaucoup de vérité. » Son Entrée des Animdux dans l'Arche est aussi citée avec éloge par les biographes. Nous ne savons ce que ces deux peintures sont devenues, mais les quelques tableaux d'Abraham Hondius qu'on peut voir dans les musées de la Hollande et de la France disent assez quelles
furent la correction de son mâle dessin, l'énergie de son coloris et la vaillance de son pinceau large et libre.
AVIGNON. — Un héron blessé poursuivi par des chiens. marcassins contre une meute de chiens furieux. (Tableau donné DRespe, — Des Cavaliers se battant en duel près d'un vil- au musée par M. Jacobson.)
lage. | VENTE LHOMME. 183%, Un tigre attaqué par des chiens. FLOREN — Le Départ pour la chasse | VENTE DES COMTES DE BRABECK ET DE STOLBERG Ha- MonrrELLiER. Une chasse au sanglier. 1675. | novre, 1859) Un chien faisant lever une cigogne ; — Un chien
RoTrERDAM. — Chasse au sanglier, Une laie défend ses faisant lever un héron (1670). Vendus ensemble 19% thalers.