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JEAN GLAUBER

Jean Glauber est un de ces maitres qui, après avoir joui longtemps d'une brillante renommée, ont été dépossédés de leur gloire par le progrès ou peut-être par le caprice du goût publie. Imitateur de Guaspre et

des paysagistes italiens et français du xvuf siècle, il a peint comme eux les campagnes enchantées d’une Arcadie

imaginaire. C'était, d’ailleurs, un artiste bien doué : né à Utrecht en 1646, il fut d'abord élève de Berghem ;

mais ayant vu chez un marchand de tableaux quelques paysages de l'école italienne, il les copia d’abord avec

un soin extrême, et, bientôt après, il partit pour Rome. Toutefois il n'y arriva que vers 1674, s'étant arrêté un an à Paris, chez un peintre de fleurs et deux ans à Lyon, chez Van der Cabel. Padoue et Venise l'attardèrent ensuite ; si bien que lorsqu'il revint dans sa patrie, il ÿ rapport, — avec le surnom de Polydore, que lui avaient donné ses camarades à Rome, — un talent déjà müri, un goût exercé, une mémoire abondamment fournie de souvenirs classiques.

Jean Glauber se rendit ensuite à Hambourg et à Copenhague, et, après un assez long séjour dans le Nord, il revint, en 1684, à Amsterdam, où il se lia d'une étroite amitié avec Gérard de Lairesse. Ce dernier prenait plaisir à orner de petites figures mythologiques les paysages de Glauber, qui s'y prêtaient à merveille. Chargés de grands travaux, honorés par les princes, chantés par les poëtes, les deux amis prolongèrent longtemps leur heureuse collaboration. Jean Glauber n'est mort qu'en 1726.

Son frère Gottlieb, qui l'avait suivi à Rome el qui a été surnommé Myrtil, a exécuté un grand nombre de paysages que l’on confond quelquefois avec ceux de Jean. Is ont peint Pun et l'autre des pastorales, des scènes champêtres qui ont toujours pour théâtre une: nature solennelle et des horizons italiens. Cest dire que, dans les œuvres des deux Glauber, on rencontre plus souvent des intentions de poésie que cette vérité naïve qui élait la muse des Hollandais.

LOUVRE. — Paysage. 1686. — Les figures sont de G. de NANTE

— Alexandre visitant le tombeau de Darius. —

Lairesse, (Gravé par Haldenvang Paysage avec fabriques. — Des femmes écoutant un joueur AMSTERDAM, — Mercure enlevant 10. — Diane au bain. de mandoline.

BERLIN. — Paysage montagneux et couvert d’ärbres — ROTTERDAM. — Deux paysages arcadiens.

Paysage orné de fabriques et de monuments anciens. | VENTE NEYMAN, 1776. — Paysages avec ruines et liqures. COPENHAGUE. — Quatre paysages. | Dessin à la plume et au bistre rehaussé de blanc. Dresne. — Paysage idyllique. (Figures dé Lairesse). | 96 livres.

Maprib. — Des Paysans se rendant au marché. — Trois | VENTE Fescn. 1845, — Les Nymphes de Diane dans un zutres paysages | paysage. Prix : 191 seudi.

LA HAYE. — Paysage arcadien. (Figures de Lairesse). | VENTE THIBAUDEAU. 1857. — Une rivière dont les bords

Muxicn. — Paysage italien. (Figures de Lairesse). — Pay | sont ombragés par de grands arbres : sur le premier plan

sage orné de monuments. cinq hommes se préparent à se baigner. (Aquarelle.) 26 fr

JEAN VERKOLIE

Lorsque l'auteur de la Vie des Peintres flamands et hollandais place Jean Verkolie au nombre des grands artistes d'Amsterdam, il cède au faux goût de son temps, il passe tonte mesure, il oublie toute justice. Gardons à ceux qui l'ont mérité ce beau nom d'artiste : Verkolie ne fut jamais qu'un patient praticien ; il n'a connu de l'art que son apparence, et, si grande qu'ait pu être autrefois sa renommée, il n'a en aucune facon inscrit Son nom au rang des maitres.

Jean Verkolie, né à Amsterdam en 1650, était fils d’un serrurier. Guérard Van Zeyl et Jean Lievens linitiérent à la pratique de la peinture, et, de bonne heure, il se révéla comme un copiste habile. Bientôt, il

put chercher des sujets dans sa propre imagination, el il peignit avec un soin extrême des scènes de famille el

des motifs mythologiques, Etabli à Delft vers 1672, il se maria, devint administrateur du bien des pauvres,

et il était entouré de l’estime de lous ses compatriotes, lorsqu'il mourut prématurément en 1693.

Aux faibles mérites qu'il avait acquis dans la peinture, Jean Verkolie ajouta une autre qualité : il s’essaya

dans la gravure en manière noire, et il obtint quelques succès dans ce genre alors nouveau. Mais, graveur

ou peintre, le fils du serrurier d'Amsterdam a toujours montré plus d'adresse que d'inspiration, plus de

patience que de génie.

Louvre. — Scène d'intérieur. — Au milieu d’une chambre, une jeune femme assise tient sur ses genoux un enfant qui pose la main sur le sein de sa mère et regarde un petit chien qu'on fait sauter, Ce tableau est daté de 1675.

VENTE NEYMAN. 1776. — Allégorie relative aux Arts et aux Sciences. (Dessin à l'encre de Chine.) 250 livres. VENTE SOLLIER, 1781, — Un homme qui joue de la flûte, une

femme qui chante et deux autres personnages. 572 livres.

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