Cont, Cels., II
Mais, [direz-vous,] c'est un Dieu qui a prédit toutes ces choses ; il fallait donc absolument que tout ce qu'il avait prédit arrivât. — Un Dieu donc aura induit ses propres disciples et prophètes., avec lesquels il mangeait et buvait, en cet abhne jd'impiété et de scélératesse sacrilège, lui qui devait surtout faire du bien à tous les hommes et plus qu'à personne à ceux avec lesquels il frayait tous les jours ! Vit-on jamais homme tendre des pièges à ceux qui partagent sa table ? Or, ici, c'est le commensal même d'un Dieu qui lui dresse des embûches, et, ce qui répugne encore plus, le Dieu lui-même dresse des embûches à ses compagnons et fait d'eux des traîtres et des impies *•
[D'autre part], s'il a voulu ce qui est arrivé, si c'est pour obéir à son père qu'il a subi le supplice, il ost clair que cet accident tombant sur un Dieu [impassible par nature] et qui s'y soumettait librement et de propos délibéré, n'a pu lui causer ni douleur ni peine '. Pourquoi donc alors pousse-t-il des plaintes et des gémissements et prie-t-il que ledénoûment qui l'effraie lui soit épargné,. disant^ : « 0 mon père, s'il se peut que ce calice s'éloigne ^ ! »
Mais tous ces prétendus faits sont des contes que vos maîtres et vous avez fabriqués, sans pouvoir seulement donner à vos mensonges une couleur de vérité ^