‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 167 sur 286 · DEUXIÈME PARTIE» 32t · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE» 32t

soleil pour voir clair et travailler ' ? Si Ton dit que nous sommes les rois des animaux parce que nous les prenons à la chasse et les mangeons, pourquoi ne pas croire que c'est nous, plutôt, qui sommes faits pour eux, puisqu'ils nous prennent aussi et nous dévorent ? Et nous, pour les prendre, nous avons besoin d'un appareil de rets, d'armes, de piqueurs et de chiens, tandis que les bêtes sauvages, pour venir à bout des hommes, ont assez des seules armes dont la nature les a pourvues ^. Vous prétendez que c'est Dieu qui nous a donné le pouvoir de les prendre et d'en user à notre fantaisie ; mais il y a grande apparence qu'avant que les hommes eussent formé des sociétés, bâti des villes, inventé les arts, fabriqué des armes et des rets, ils étaient plus souvent pris et mangés par les bêtes sauvages que celles-ci par eux'.

Vainement l'on dira que les hommes l'emportent sur les animaux en ce qu'ils construisent des villes, forment des États, ont des magistrats et des chefs pour les gouverner. On en voit tout autant chez les fourmis et les abeilles. Les abeilles ont leur roi qu'elles suivent et auquel elles obéissent. Elles ont comme nous des guerres, des victoires, des exterminations de vaincus ; comme nous des villes et des faubourgs ; comme nous des heures de travail et de repos ^; comme nous des

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