CHAPITRE IV. — ACTION DE CYRUS SUR L'IRAN
mongols et de ceUe des empereurs chinois, il faut comprendre les masses des tribus scythiques qui occupaient les territoires du nord, derrière les Gètes et les Sakas. La légende suppose qu'à ce moment des guerres de Gyrus il y eut dans toute l'étendue des steppes septentrionales une sorte de rage et d'indignation contre le pouvoir qui prétendait fermer les chemins du midi aux hordes envahissantes, et il en résulta un mouvement général.
Les Iraniens avaient conservé leur position dans le mont Hemawen. Il n'est pas difficile de comprendre qu'il s'agit là d'un des embranchements glacés de ces dépendances de l'Himalaya constamment couvertes de frimas et de neiges , et dont le nom , incontiu à la géographie moderne des Orientaux, se retrouve dans cette dénomination un peu vague d'Imaûs, apprise aux Grées par les populations antiques. Nous allons voir d'ailleurs qu'il s'agit bien de ces contrées lointaines, et ainsi les Iraniens, en somme, avaient réussi à porter la guerre et ses chances dans le cœur des pays ennemis.
Fer-lberz-CNSbaras fit sa jonction avec l'expédition de secours , et battit un chef tourany , Kamous , fils de Keshany, qui l'avait attaqué. Mais c'était Roustem lui-même qui désormais commandait les Iraniens, et les événements se précipitèrent. Une nouvelle armée de Scythes, sous les ordres d'Ashkebous, iîit exterminée. En vain, dans un retour de fortune, Elwa, un des nobles du Seystan, tomba sous les coups de Kamous, revenu à la. charge; ce ne iîit qu'une lueur de prospérité pour les Touranys, et elle fîit courte. Bientôt Kamous périt lui-même de la main de Roustem, ainsi qu'un autre chef, Tjenkesh.
Pyran essaya de nouer des négociations avec les héros seystanys dans le but d'amener la paix. Ce sont probablement ces dispositions à en venir à un accord qui lui ont valu les sympathies de la légende orientale. Mais tout arran-
gement était impossible, et Ton sent très -bien, sous les - raisons un peu romanesques qu'allègue la tradition , sous les expressions de haine non satisfaite, de vengeance restée inachevée , que le véritable obstacle è l'entente était que les Scythes ne donnaient pas des garanties suffisantes qu'ils renonceraient pour toujours à considérer l'Iran comme leur proie.
Les hostilités reprirent. Un guerrier fameux , Shengel, commandait les Touranys. Il fut assez heureux pour échapper au bras du fils de Zal ; mais il ne communiqua pas son bonheur à ses compagnons , et bien que les Scythes du Khagan se fussent unis à ceux d'Afrasyab, une bataille efiroyable vit tomber sdccessivement deux cavaliers illustres, Saweh et Kehar, fils de Kehany, et au milieu de la défaite et de la fuite désordonnée des siens , le Khagan , pris au lasso par Roustem , fut arraché de son éléphant et fait prisonnier.
Non-seulement tout le territoire primitif de l'Iran était reconquis et la frontière reportée là où elle avait été sous les Djemshydites au delà de la Sogdiane , ce qui avait cessé d'être depuis des siècles , mais les troupes iraniennes , malgré les difficultés rencontrées partout et des défaites partielles, avaient pu se maintenir en dehors du Taxartes, dans le nord et dans l'est. Cependant Afrasyab , voyant qu'aucun des arrangements proposés et recherchés par Pyran, fils de Wys, n'aboutissait, continua à guerroyer avec ses forces diminuées mais non détruites. Il se jeta -de nouveau sur la Sogdiane. Ce fut avec un malheur absolu. La moitié de son armée fîit détruite par Roustem et Toous, et il s'enfuit à grand'peine avec son général Pouladwend , ou le a Guerrier ceint d'acier » , qui passait cependant pour un diable. Ce fut la fin de cette campagne aussi longue que laborieuse^ et dont le succès final semblait devoir assurer le repos de l'Iran. Cependant il n'en fut rien.