‹ Histoire des plantes (volume 2)Chapitre 73 sur 93 · LIO HE N S · texte numérisé non relu

LIO HE N S

Le thalle , qui est parfois imperceptible, peut atteindre jusqu’à 10 mètres de longueur. 11 est aussi variable par ses formes extérieures que par sa structure. Les couleurs qu'il présente le plus communément, sont : le blanc, le gris, le jaunâtre, Je citron, l’orangé, le verdâtre, le brun ou le noirâtre. Quant à sa forme, il peut être foliacé, comme dans les Parmelia; fruliculeux, comme dans les Usnca; crustacé, comme dans les Squamaria; hypophlèode ou caché sous l’épiderme des arbres ou entre les fibres du bois, comme dans les Verrue aria, Xylographa, etc.

Pour donner une idée de la structure anatomique du thalle, il nous suffira de mentionner le plus commun de nos Lichens, le Parmelia parietina, chez lequel ce thalle n’a pas plus d’un dixième millimètre d’épaisseur.

Si mince qu’il soit, cet organe présente quatre régions trèsdistinctes. A sa partie supérieure est une couche de cellules épaisses intimement soudées, et qui est colorée en jaune à sa surface seulement : à la face inférieure du thalle est une autre couche cellulaire, blanche, semblable à la première. Entre ces deux épidermes sont emprisonnés : 1° des grains verts, connus sous le nom de yonidies, et formant une couche dite gonidiale 2° une sorte de moelle, formée d’éléments filamenteux, lâchement entrecroisés ou feutrés, qui est la couche médullaire, et qui renferme de l’air dans ses mailles.

Si du système végétatif ou nourricier nous passons au système reproducteur, nous verrons qu’il se compose d’un appareil de fructification ou femelle, et d’un appareil fécondant ou mâle. Le piemier est représenté par les apothêcies , le second par les spermogonies.

Les apothêcies , ou les fruits des Lichens, se développent à la face supérieure du thalle, ou sur celle qui est tournée vers la lumière. Les apothêcies ressemblent à de petites coupes ou à des disques, ou à de petits noyaux noirs, bruns, jaunes, roses, rouges et quelquefois saupoudrés d’une poussière blanche ou glauque. Leur grandeur est extrêmement variable. Les plus petites ont un dixième de millimètre environ, tandis que les plus grandes atteignent quelquefois la largeur d’un pouce.

Les spermogonies constituent, en général, des appareils fort petits, arrondis ou oblongs, logés quelquefois dans des tuber-

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cules particuliers, mais plus souvent encore immergés dans les couches superlicielles du thalle.

Plusieurs raisons engagent à croire que les spermogonies sont les organes mâles des Lichens. D’abord elles se montrent toujours pour ainsi dire parallèlement avec les fruits, ou simultanément sur le même individu, et d’autres fois seulement sur des individus stériles ; de sorte que, dans ces derniers cas, les apothécies et les spermogonies d’une même espèce se développent sur des individus différents. La ténuité des corpuscules contenus dans les spermogonies , leur nombre immense relativement à celui des spores, leur solidité, leur forme, leur égalité de grandeur, leur manque de toute faculté germinative, sont autant de circonstances qui portent à leur attribuer le rôle d’agents fécondateurs analogues aux anthérozoïdes des autres cryptogames. Cependant elles ne présentent pas d’organe de locomotion.

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