Histoire des plantes
Dans les deux volumes du Tableau de la nature qui sont entre les mains de nos jeunes lecteurs, nous avons considéré la terre pour ainsi dire nue. Dans la Terre avant le déluge nous avons étudié la formation de notre planète ; nous avons suivi les diverses périodes de son évolution, depuis le moment où une croûte solide vint envelopper sa masse brûlante et rouge de feu, jusqu'au temps où elle revêtit sa configuration actuelle. Dans la Terre et les Mers nous avons décrit Taspect physique de notre globe, ses reliefs, ses dépressions, les cours d'eau qui Tarrosent, la mer immense qui couvre les trois quarts de sa surface. Mais, dans ces deux ouvrages, nous avons supposé que la terre était privée de son ornement naturel : nous avons fait abstraction de la verdoyante parure qui Tembellit. Que serait notre globe sans les plantes qui le décorent? Un aride désert, une solitude immense, asile du silence et de la mort. Les plantes ont apparu sur la terre avant les animaux, car ces êtres n'auraient pu exister sans les végétaux qui servaient à leur nourriture. Quand les grands animaux qui précédèrent Thorame, furent créés par la Sagesse éternelle, la terre avait déjà re-
vm . PRÉFACE.
vêtu son magniflque manteau végétal. Dieu avait dit, comme nous l'enseignent les livres saints : * Que la terre pousse son jet, de r herbe portant de la semence, et des arbres frnitien^s portant du fruit selon leur espèce, qui aient leur semence en eux-mêrnss. Et il en fut ainsi. La terre produisit donc son jet, savoir, de Vherbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres portant du fruit, qui apaient leur semence en eux-mêmes, selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon * . »
Oui cela était bon, car les plantes sont à la fois rornementde la terre et le moyen d'existence des animaux qui la peuplent. Et cet ornement naturel, la bonté infinie du Créateur sait le diversifier de la manière la plus merveilleuse; si bien qu'aucune partie du globe , à peu d'exceptions près, ne saurait en être privée.
La végétation change de caractère et d'aspect selon la situation des lieux sur le globe, leur élévation et la nature du sol.
Dans notre zone tempérée, le doux ombrage des forêts nous offre de paisibles retraites, tandis que les plaines se couvrent du riche tribut des pâturages et des moissons.
Aux approches du pôle, si l'on n'aperçoit que des arbrisseaux rabougris, le sol, durci par les frimas, se recouvre encore de la courte végétation des Lichens et des Mousses.
Dans les parages tropicaux, contrées aimées du soleil, les Palmiers dressent dans les airs leur stipe svelte et leur couronne empanachée, comme pour s'isoler de la terre brûlante où plongent leurs racines.
Les montagnes de tous pays se couvrent d'une végétation spéciale, verdure immuable, comme les neiges qui les couronnent. Sur leurs flancs s'échelonnent les Sapins, les Mélèzes ou les Cèdres, dont les silhouettes, nettement découpées, se détachent sur