‹ Histoire des plantes (volume 3)Chapitre 40 sur 68 · MALVACÉES · texte numérisé non relu

MALVACÉES

reste de leur longueur, en un tube qui recouvre Tovaire. Ces filets sont surmontés d'une anthère unilobée, s'ouvrant par une fente demi -circulaire. Le pistil se compose d'un ovaire multiloculaire, surmonté d'autant de styles qu'il y a de loges. Ces derniers organes sont filiformes, soudés dans leur partie inférieure, et constituent comme une sorte de pinceau. Un ovule ascendant est inséré à l'angle central de chaque loge. Le fruit est composé d'un grand nombre de petites coques , à une seule graine, réunies circulairement autour d'un axe central commun. Les graines renferment sous leur tégument un embryon courbe dans un albumen mucilagineux assez abondant, à cotylédons plies et emboîtés l'un dans l'autre.

Les fleurs de la Mauve sont très-employées comme adoucissantes.

La Guimauve officinale {Allhxa officinalis) a des tiges de 6 à 12 décimètres, droites et tomenteuses, comme les feuilles, qui sont ovales, dentées et peu profondément lobées. Les fleurs, d'un rose pâle, sont ordinairement fasciculées à l'aisselle des feuilles, rapprochées au sommet des tiges et des rameaux. La racine de la Guimauve f pivotante, fusiforme, charnue, blanche, de la grosseur du doigt, simple ou quelquefois rameuse, est un des médicaments les plus usités. Elle tient le premier rang comme substance émolliente.

Nous citerons parmi les autres espèces les plus remarquables appartenant à la famille des Malvacées, les Cotonniers (Gossy^ pium), dont plusieurs espèces sont cultivées en grand dans toute la zone intertropicale, tant en Amérique qu'en Asie et dans le nord de l'Afrique, pour les poils qui recouvrent le testa de leurs graines, et qui forment la matière textile connue sous le nom de coton*; — les Ketmies {Hibiscus), qui offrent un ovaire à 5 loges, un fruit capsulaire à 5 valves et dont plusieurs espèces font l'agrément de nos jardins : l'une d'entre elles, YHibiscus esculentus^ fournit par ses jeunes capsules mucilagineuses un ragoût visqueux et un peu fade, recherché en Amérique. Les Malope, les 5ûfa, les Abutilon^ sont des membres, intéressants à divers

1. Voir sur le coton^ sa culture; son produit, etc., notre ouvrage le Savant du Foyer, 3* édition, p. i84-lî'8.

titres, de la grande famille des Malvacées, qui abonde surtout dans les régions tropicales.

Les Rosacées, autrefois réunies en une seule famille, constituent aujourd'hui toute une classe, comprenant divers groupes. La RosCf la Ronce ^ la Spirée, le Pommier et l'Amandier sont les types de ces groupes, ou tribits, que nous allons successivement passer en revue.

Tribu des Rosacées. — Les Roses ont un calice formé de cinq lanières foliacées, qui alternent avec cinq pétales. Les étamines, périgynes, sont nombreuses et leurs filets libres portent des anthères à deux loges, qui s'ouvrent en dedans par deux fentes longitudinales. Tous ces organes sont insérés sur le bord supérieur d'un réceptacle, sphérique ou ovoïde, resserré à la gorge. Au fond de ce réceptacle, qui ressemble à une ampoule ou à une petite bouteille, se dressent un grand nombre de pistils, libres, dont l'ovaire est uniloculaire, à ovule unique, anatrope, à style allongé, surmonté d'un stigmate obtus. A la maturité, ces pistils sont devenus des akènes, qu'enveloppe le réceptacle, devenu charnu : la graine renferme un embryon droit, dépourvu d'albumen.

Les Rosiers sont des arbrisseaux souvent munis d'aiguillons, à feuilles alternes, à stipules attenant au pétiole, à fleurs terminales solitaires ou en bouquet, d'une beauté noble, d'une odeur suave et sans égale. La Rose a depuis longtemps conquis le sceptre de la beauté sur les plus belles fleurs des jardins et des champs.

Les nombreuses espèces du genre Rosier se sont croisées à l'infini dans nos jardins, et ont produit des milliers de formes, dont la détermination est très-difficile. Nous nous contenterons de signaler ici : le Rosier sauvage^ ou Églantier {Rosa canina)^ espèce indigène, commune sur la lisière des bois, dont les fruits, d'UB rouge de corail, renferment une pulpe jaunâtre, acidulé

et astringente; — le Rosier rouge (Rosa gallica), représenté dans la figure 346, dont les pétales sont employés en médecine comme astringents, et désignés alors sous le nom de Rose de Provins: là Rose rouge a été apportée de Syrie en ï'rance, à l'époque des croisades; — le Rosier à cent feuilles {Rosa centifolia)^

Fig. 346. Rosier ronge.

originaire du Caucase, dont l'admirable fleur orne tous les jardins; — \diRose de Damas (Rosa damascena)^ nommée aussi Rose des quatre saisons ^ qui conserve encore quelques étamines non changées en pétales , dont l'odeur est très-suave, et qui sert à préparer par distillation teau de rose; — le Ro^ sier musqtAé {Rosa moschata), dont on extrait, ainsi que des

deux espèces précédentes, Thuile volatile nommée essence de rose^ etc., etc.

Tribu des Ronces, — Les Ronces (Rubus) (fig. 347) offrent, comme les Rosiers, 5 sépales, 5 pétales, des étamines et des pistils nombreux. Mais ici le réceptacle, loin d'être creusé en forme de bouteille, se relève en façon de disque ou de cône, sur lequel s*échelonnent les pistils. Ceux-ci se changent, à Tépoque de la maturité, en petites drupes, groupées ensemble sur un réceptacle spongieux et persistant.

Les Ronces sont des arbrisseaux sarmenteux et pourvus d'aiguillons, à feuilles alternes, simples, ternées, digitées, à stipules

Fig. 347. Ronce i flear bleue.

tenant au pétiole, à fleurs terminales ou axillaires, rarement solitaires, disposées en panicule ou en corymbe. On trouve aux environs de Paris la Ronce proprement dite {Mûre des haies, Rubus fnUicosus)yl2i Ronce à fleur bleuie (Rubus cxsius), représentée dans la figure précédente, la Ronce framboisier ou Framboisier {Rubus idxus).

Dans la Fraise le calice est composé de cinq sépales soudés à la base, et muni d'un calicule à cinq divisions. Les étamines, qui sont nombreuses, s'insèrent sur le bord d'un réceptacle en forme de coupe, dont la base se relève en fond de bouteille. Des pistils nombreux, uniloculaires, s'insèrent sur la partie

convexe du réceptacle, surmontés d'un style latéral; ils se changent, à l'époque de la maturité, en akènes qui, comme nous l'avons déjà expliqué, sont implantés sur le réceptacle, devenu charnu et succulent.

Les Fraisiers sont des herbes vivaces, gazonnantes, à stolons, à feuilles alternes trifoliolées, quelquefois simples par avortement, à stipules tenant au pétiole.

Le Fragaria vesca^ qui est si commun aux environs de Paris , fournit plusieurs variétés connues sous les noms de Fraise des bois y Fraise de tous les mois^ Fraise buisson, Fraise fressan. Nous devons au Fragaria chilensis une variété connue sous le nom de Fraise Ananasy dont le fruit est droit, rosé, blanc en dedans, gros comme un œuf de pigeon. La Fraise des colUnes (Fragaria collina), vulgairement connue sous le nom de Craquelin, Fraisier breslingue, est assez rare aux environs de Paris. Son fruit, d'un rouge vif, ovoïde, rétréci à la base, presque dépourvu de carpelles et luisant dans sa partie inférieure, se détache assez difficilement du fond du calice.

Tribu des Spiréacées. — Les Spirées (Spirœa), qui ont, comme les genres précédents, un calice et une corolle à cinq parties et de nombreuses étamines, offrent ordinairement cinq pistils, rarement 3 — 12. Ils sont sessiles,au fond d'un réceptacle creusé en une coupe peu profonde, et renferment, dans une cavité unique, deux séries d'ovules anatropes, ordinairement suspendus. A la maturité, ils deviennent des follicules, qui s'ouvrent par le sommet, en deux valves.

Les Spirées sont des herbes, des sous -arbrisseaux ou des arbrisseaux, à feuilles alternes, simples ou composées, à stipules adhérentes au pétiole, à fleurs axillaires et terminales, disposées en grappes, en corymbes, en panicules, en fascicules, blanches ou roses.

On trouve fréquemment aux environs de Paris la Spirée filipendule {Spirxa filipendula), la Spirée ulmaire ou Reine des prés (Spirxa ulmaria), qui étale au bord des eaux ou dans les prés humides ses corymbes de délicates fleurs blanches. C'est dans les bois montueux que croit la Spirée barbe de chèvre (Spirœa artmcuf), dont la racine était vantée jadis comme tonique et fébrifuge.

Ces trois espèces sont des herbes vivaces. Nous citerons parmi les espèces ligneuses, la Spirée de Undleyy la Spirée à feuilles de saule, la Spirée élégante^ la Spirée à feuilles d^ obier, etc., qui entrent dans la culture d'ornement.

Tribu des Pomacées. — Le Pommier et le Poirier sont deux sous-genres du genre Pyrus^ ou de la tribu des Pomacées.

Le Pommier présente un calice à cinq lobes, une corolle à cinq pétalei^iy à peu près orbiculaires, étalés, et un grand nombre d'étamines. L'ovaire est infère, et présente ordinairement cinq loges à deux ovules collatéraux, ascendants et anatropes, ÏI y a cinq styles libres, ou un peu cohérents à leur base.

Dans les Poiriers le fruit est à peu près conique ou globuleux, non ombiliqué à sa base. La chair est sucrée et présente, vers le cœur, des granules pierreux. Dans les Pommiers le fruit est ordinairement globuleux, toujours ombiliqué à la base, et ne s'amîncissant pas vers le pédoncule. L'endocarpe est coriace, cartilagineux comme dans la Poire. La chair est acidulé et jamais pierreuse.

Le Pommier commun croit spontanément dans les forêts de l'Europe. Sa cime, arrondie, est plus large que haute. Ses feuilles sont ovales, dentées, aiguës, plus ou moins cotonneuses à leur face inférieure. Ses fleurs, grandes, roses ou blanches, forment des espèces de petits bouquets, au sommet des jeunes rameaux.

Le Pommier se modifie beaucoup par la culture. Il nous a donné les Reinettesy les CalvUles, les Pigeonnets, les Apis^ etc. Le Malus acerbay espèce très-voisine de la précédente, est vulgairement connu sous le nom de Pommier à cidre. Il est assez commun dans les forêts. Sa culture remplace celle de la vigne dans la plus grande partie de la Bretagne, de la Normandie, de la Picardie, etc.

Le Poirier commun crott naturellement dans les forêts d'une grande partie de l'Europe. C'est un arbre à rameaux épineux, qui peut atteindre 10 à 12 mètres de hauteur. Les feuilles, portées sur de longs pétioles, sont ovales, dentelées et sans poils. Les fleurs sont blanches et disposées ^n corymbes. Les fruits, âpres à l'état sauvage, conmie ceux du Pommier^ se sont améliorés et ont beaucoup varié par la culture. Ils nous donnent les

poires dites Beurrés, Doyennés, Bergamotes^ Saint- Germain, Sucré vert, Bon chrétien, Messire^Jean, etc., etc.

Dans le môme groupe que le genre Pyrus, c'est-à-dire dans la tribu des Pomacées, viennent se ranger : le genre Mespilus , ou Néflier, dont l'ovaire infère (comme celui de tous les genres voisins que nous allons signaler) présente cinq loges bi-ovulées à ovules collatéraux, droits et anatropes; dont le fruit, couronné par les cinq lanières calicinales, renferme cinq noyaux osseux ; — le genre Cydonia ou Coignassier, dont les cinq loges ovariennes renferment plusieurs ovules ascendants, et dont le fruit est d'une odeur si caractéristique et d'une saveur si âpre ; — les genres Sorbus ou Sorbier; — Cratsegus ou Aubépine Eriobotrya, dont une espèce, le i\r^/7ierdiiJapon,fournit un fruit jaune, à chair blanche, fondante, sucrée-acidule, comestible, etc., etc.

Tribu des Amygdalées. — L'Amandier {Amygdalus communis) est le type de la tribu des Amygdalées, dans la grande classe des Rosacées. Cet arbre, indigène en Afrique, est aujourd'hui cultivé dans l'Europe entière. Les rameaux sont allongés, d*un vert clair, très-lisses et un peu glauques. Les feuilles sont alternes, lancéolées, dentées en scie. Les fleurs paraissent avant les feuilles: elles sont grandes, solitaires ou géminées le long des rameaux. Un réceptacle, creusé en forme de coupe, porte sur ses bords cinq sépales, cinq pétales, quinze à trente étamines , et il abrite un ovaire sessile , uniloculaire contenant deux ovules anatropes collatéraux, suspendus au sommet de son unique cavité, n est surmonté d'un style terminal. Le fruit est une drupe oblongue, comprimée, à chair fibreuse, coriace, sèche, incomplètement bivalve, s'ouvrant irrégulièrement. Son noyau est rugueux, crevassé, dur. Il renferme ordinairement une seule graine, par suite de l'avortement des autres.

U Amandier présente deux variétés, dont l'une a les graines douces et l'autre amères.

Le Pichet (Amygdalus persica) ne diffère essentiellement de V Amandier que par son fruit, dont la chair est épaisse, charnue, succulente, et par la structure de son noyau, qui est creusé d'anfractuosités profondes. Cette espèce, originaire de la Perse, nous offre trois variétés intéressantes. Dans les deux premières, les fruits sont duvetés; dans la troisième, ils sont lisses. La pre-

mière variété a la chair adhérente au noyau et ferme ; elle comprend les Pavies blanc, jaune^ rouge, monstrueux. Dans la seconde variété, la chair est fondante et se détache facilement du noyau ; ce sont là les pêches proprement dites, dont les diverses races ont donné des fruits aussi remarquables par leur saveur que par leur beauté. La troisième variété est fort distincte des précédentes par sa pellicule, qui est lisse et non tomenteuse. Elle comprend la pèche violette, dont la chair se détache facilement du noyau, et le brugnon, dont la chair adhère au noyau.

Le genre Prunus, dont la fleur présente des caractères identiques à ceux de la fleur du genre Amygdalus, en difTère surtout par la structure du fruit. Il comprendV Abricotier, le Prunier et le Cerisier,

VAbricotier (Prunus armeniaca) donne une drupe veloutée, dont le noyau, lisse, oflre un bord obtus et un autre bord muni d'une carène longée par deux sillons latéraux. La patrie ^de cet arbre est l'Arménie. Il est de moyenne grandeur, à feuilles à peu près en forme de cœur, arrondies, terminées en pointe et dentées. Les fleurs sont blanches et disposées par petits faisceaux, très-rapprochés à la partie supérieure des rameaux. Nous citerons Y Abricot précoce, dont le fruit de couleur jaunâtre, gros comme une noix, a une chair safranée, dure et un peu amëre; — V Abricot angoumois, de grosseur moyenne, dont la chair est rouge et parfumée; — V Abricot commun; — l'Abricot^ piche, le plus gros de tous, dont la chair est jaune, fondante, et d'une saveur toute particulière.

Le fruit du Prunier est glabre, couvert d'une efflorescence glauque. Le noyau présente un bord arrondi et creusé d'un sillon, et un autre bord longé par deux sillons latéraux. Tous les Pruniers cultivés à fruit alimentaire ont pour souche mère deux espèces qui n'en font peut-être qu'une : les Prunus insititia et domestica.

Le Prunier domestique est un arbre de 3 à 7 mètres de haut, très-rameux, à rameaux étalés, à feuilles elliptiques, aiguës, crénelées, dentées. Ses fleurs, d'un blanc verdâtre, paraissent avant les feuilles. On le rencontre dans les haies et sur les bords des bois de toute la France, mais jamais dans l'intérieur des forêts, ce qui fait supposer qu'il n'est pas indigène. Le Prunm inr-

sitilia est un arbrisseau de 2 à 5 mètres, à rameaux quelquefois épineux. On le trouve en France dans les mêmes stations.

Les variétés de Pruniers les plus estimées paraissent originaires de rOrient, et probablement de Damas ; le nombre de ces variétés est très-considérable. Les unes ont le fruit arrondi, jaune, comme dans la Mirabelle^ la Prune drap^d'or. Chez d'autres, le fruit est arrondi, vert, taché de pourpre, comme la Reine-Claude. Chez ceux-ci, il est ovale et globuleux, bleuâtre ou violacé, comme le Damas noir tardif, Damas violet, etc.; chez ceuxlà, il est presque arrondi et couleur de cire, comme la Sainte- Catherine, le Perdrigon blanc, etc. Il en est dont la chair, douce, est à peine sapide. Un arôme fin et délicat place les autres au premier rang des meilleurs fruits.

Le Cerisiei^ {Prunus cerasus) donne un fruit (drupe) à surface glabre, sans efllorescence glauque. C'est un arbre assez élevé, à tronc droit, cylindrique, couvert d'une écorce lisse et luisante, à feuilles ovales, aiguës, dentées et fermes. Les fleurs du Ceri^ sievy blanches et précoces, forment des panicules.

Cette espèce comprend plusieurs variétés,- parmi lesquelles nous citerons le Cerisier guindouçCy dont les fruits variés par la culture fournissent la Cerise de Montmorency, le GuindoUrX de Paris; — la Cerise d'Italie; — le Cerisier Gobet (Ce9*ise à courte queue, gros Gobet y Griotte rouge j Cerise de KerU); — le GrioUier {grosse Griotte, Griotte noire).

Une autre espèce de Cerisier est le Cerisier tardif {Prunus semperflorens), dont les fleurs et les fruits paraissent ensemble, en automne.

Le Merisier {Prunus avium) donne des fruits connus sous le nom de merises , qui servent à la fabrication de Veau de cerises (kirschwasser)et du ratafia.

Le Bigarreautier, espèce voisine de la précédente, donne des fruits en cœur {bigarreaux) assez gros, noirs, rouges ou jaunes, à chair se séparant difficilement du noyau. C'est le contraire qui a lieu dans le fruit du Guignier, espèce très-voisine de celle-ci, et qui nous donne les fruits variés connus sous les noms de Guigne rouge. Cerise de Pentecôte, etc.

CRASSUL AGEES.

Cette famille comprend les plantes communément appelées grassesy en i^ison de l'abondance d'eau qu'elles renferment dans leur tissu et de leurs formes généralement épaisses.

VOrpin (Sediim acre) (fig. 348) nous servira de type. C'est une petite plante grasse, très-commune sur les vieux murs, les toits de chaume^ les endroits pierreux et sablonneux qui sont expo-

Fig. 348. Sedum acre.

ses au soleil. Une souche grêle, couchée et rampante, donne Q«^ et là des rameaux droits couverts de feuilles courtes, sessiles, charnues^ qui ressemblent à de petits œufs, cependant un peu aplaties en dessus, et portant cinq ou six fleurs, disposées en une sorte dé cime scorpioïde.

Quelle est l'organisation de chacune de ces fleurs? On y

CRASSULAGÉES. 365

trouve un calice ^ composé de 5 pièces charnues, 5 pétales libres; des étamines en nombre double des pétales» à filet aplati, pointu au sommet, à anthère biloculaire, introrse; enfin un pistil, composé de 5 carpelles libres, uniloculaires, renfermant plusieurs ovules anatropes, horizontaux, insérés à la suture ventrale de chaque carpelle. A la maturité, ces carpelles deviennent secs et s'ouvrent en dedans par cette suture, de manière à constituer autant de follicules, qui renferment des graines extrêmement petites.

Cette petite herbe peut être considérée, avons-nous dit, comme type des plantes grasses ou de la famille des Grassulacées, ces singuliers végétaux qui peuvent vivre dans les terrains les plus arides^ et s'y maintiennent frais, à cause de la masse de liquides qui se trouve mise en réserve dans leur tissu charnu, et de leur transpiration presque nulle.

Le genre Crassula, qui a donné son nom à la famille qui nous occupe, est remarquable par la structure de sa fleur, que Ton * prend souvent comme type de symétrie florale. Cette fleur présente, en eSet, 5 sépales, 5 pétales alternes avec les sépales, 5 étamines alternes avec les pétales, et 5 carpelles alternes avec les étamines.

La Joubarbe des toits appartient au genre Semperviwm^ dont le calice oflfre 6 — 20 divisions, la corolle 6 — 20 pétales, Tandrocée 12 — 40 étamines, le pistil 6 — 20 carpelles. Tout le monde a vu s'élever, au-dessus du toit des chaumières, cette belle plante, à feuilles succulentes, disposées en rosette, du centre desquelles s'élève une tige droite, cylindrique, garnie de feuilles épaisses et terminée par des épis scorpioïdes de fleurs purpurines.

Nous citerons parmi les nombreuses espèces exotiques que cette famille fournit à l'horticulture, la CrassuU ècarlate et la Crassuie blanche du Cap; — le Rochea à feuilles en faux de la même région botanique, arbrisseau chargé de fleurs rouges, odorantes et de longue durée; — le Cotylédon orbiculaire du Cap, à feuilles glauques, farineuses, bordées de rouge, à corolle à limbe rougeâtre roulé en dehors; — VEcheveria ècarlate, du Mexique, à feuilles en rosette, épaisses, à fleurs d'un rouge vif disposées en cime.

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