‹ Histoire des plantes (volume 3)Chapitre 47 sur 68 · EMBRANCHEMENT DES CRYPTOGAMES · texte numérisé non relu

EMBRANCHEMENT DES CRYPTOGAMES

végétale, qu'ils engraissent des produits de leur destruction. Ce sol nourrit bientôt d'autres Cryptogames plus complexes, et ces êtres inférieurs sont remplacés, peu à peu, par des espèces végétales d'une organisation plus élevée. Tout sol primitivement stérile, toute terre récemment émergée du sein des eaux , sert d'abord d'asile à des Lichens crustacés et à des Lichens foliacés. Plus tard, des Mousses, des Fougères s'y développent; et l'on voit enfin apparaître des végétaux supérieurs, c'est-à-dire des Phanérogames. Tout porte à croire que telle a été aussi la série successive des créations végétales sur notre globe, quand il s'est refroidi assez pour donner accès à la vie organique, ou quand les fies et les continents se sont élevés au-dessus de l'océan universel de l'ancien monde.

Ainsi les végétaux les plus élevés n'ont apparu et n'apparaissent que sur les débris des végétaux les plus infimes.

Mais d'un autre côté, et par un de ces frappants contrastes dont la nature nous oflfre plus d'un exemple, les végétaux d'un ordre supérieur, quand ils sont frappés de mort, quelquefois même pendant leur existence, sont souvent la proie des Cryptogames, qui s'attachent, comme à l'envi, à ces princes de l'organisation végétale , et les dévorent jusqu'au bout. L'action destructive des Cryptogames s'exerce partout; elle ne respecte pas plus les ouvrages des hommes que ceux de la nature.

Produire et détruire la vie, telle est donc la double et providentielle mission dévolue aux Cryptogames. Toutefois cette œuvre multiple de création et de mort ne leur est départie qu'à deux conditions. La première condition, c'est de vivre le plus promptement possible ; la seconde, c'est de se multiplier à l'infini et avec une rapidité prodigieuse. Il est des Champignons qui produisent soixante millions d'utricules par minute ! Les capsules de certaines Moisissures renferment des semences dont il faudrait plusieurs milliers pour atteindre, en grosseur, à une tête d'épingle. Ces semences flottent libres et invisibles dans l'air, qui en est , en quelque sorte, saturé.

Chez les Cryptogames, les organes de la reproduction diffèrent d'une manière fondamentale de ces mêmes organes considérés dans les végétaux phanérogames. Ici, plus de pistil, d'étamine ni d'ovaire; aucune fleur, dans le sens qu'on attache à ce mot.

Les organes reproducteurs, que Ton désigne sous le nom de spores^ sont disséminés de la manière la plus variable, tantôt dans toute rétendue, tantôt en certaines parties du végétal. Ces spores sont quelquefois renfermées dans des réceptacles particuliers, nommés sporanges ;d'diUiTes fois elles sont dépourvues de toute enveloppe. Du reste, la reproduction des Cryptogames s'opère souvent par des dispositions organiques toutes particulières, qui ne sauraient être résumées d'une manière générale, et que Ton ne peut exposer que pour chaque cas.

Étudier toutes les familles qui composent l'embranchement des Cryptogames, serait une œuvre immense. Nous nous bornerons à considérer avec quelque attention quelques types de cinq familles : des familles des Algues, des Champignons, des Lichens, des Mousses et des Fougères.

De tous les végétaux connus, les Algues présentent l'organisation la plus simple. Il en est qui se réduisent à une simple cellule vivante. On pourrait dire que les Algues sont aux végétaux ce que les Zoophytes sont aux animaux.

Les Algues sont des plantes aquatiques. Elles croissent dans les marais, les lacs, les ruisseaux, les fleuves, les sources thermales et les mers. Elles n'ont ni feuilles ni axe bien déterminés. Les unes ne sont que des filaments d'égale dimension, dans toute leur étendue ; les autres, plus ou moins élargies et plus ou moins découpées à leur partie supérieure, se resserrent en une sorte de tige à leur partie inférieure, et se terminent, à la base, en une espèce de griffe, à l'aide de laquelle elles se iSxent et se cramponnent sur des corps solides, ce qui les empêche d'être à la merci des flots. Les Algues sont rouges, jaunes, brunes ou vertes, selon les espèces.

Une certaine relation paraît exister entre la grandeur des Algues et l'étendue des mers qu'elles habitent. Dans les mers de peu d'étendue vivent de petites Algues ; dans les Océans, des

Algueâ gigantesques, et d'autant plus gigantesques que les Océans sont eux-mêmes plus considérables. Dans la Méditerranée, par exemple, habitent des Wva, des Ceramium, desCaulerpa; dans Tôcéan Atlantique, des Sargassum, des Cysloceyra; à2Lïïs l'océan Arctique, des Fucus immenses, des Lamînarta. Enfin, l'océan Antarctique renfernle des Algues de si grandes dimensions, qu'on les a comparées à des arbres marins : telle est le DurvUlea (Laminaria buccinaris)^ qui entravait la marche des navireà de l'amiral Dumont-d'Urville. Tout le monde a vu sur les cartes géographiques la Mer des Sargasses, qui occupe les parties centrales de l'océan Atlantique. Le grand banc de Sargasses de l'Atlantique se trouve entre le 19* et le 34*degré de latitude, entre les Açores, les Canaries et les îles du cap Vert. Son étendue est à peu près six fois celle de la France. Les Sargassum se présentent, sur plusieurs points de l'océan Atlantique, comme d'immenses prairies flottantes arrachées des profondeurs du bassin de la mer. Pour donner une idée des dimensions de quelques: espèces d'Algues arborescentes qui forment ces forét§, sous- marines, nous citerons le Macrocystis pirifera, qui peut atteindre l'énorme longueur de 500 mètres.

La structure intérieure des Algues est celluleuse. Dans ces plantes il n'existe aucune trace de vaisseau, et par suite aucune circulation. Leur mode de reproduction est extrêmement varié. Ce n'est que depuis une vingtaine d'années que, grâce a des moyenï d'investigation précis, on est arrivé à des renseignements exacts sur ce sujet.

Entrer dans des considérations générales sur la végétation et la reproduction des Algues serait peu avantageux dans un ouvrage comme celui-ci. Au lieu de présenter des généralités sur ces faits, nous choisirons un certain nombre de types connus L'histoire de ces quelques êtres, pris comme exemples, éclairera d'un jour suffisant la famille tout entière.

Le Nostoc. — Vers la fin de l'année, en automne, dans les jours humides, ou après une ondée de pluie, on rencontre fréquemment, sur le bord des chemins ou dans les allées des jardins, de petites masses gélatineuses, verdâtres, plus ou moins globuleuses et plissées : ce sont diverses espèces de Nostoc. Nous allons faire connaître l'organisation de ces curieuses plantes, d'après

l'étude que M. Thuret a faite du Nostoc verruqueux, qui croît dans les ruisseaux des environs de Paris, attaché aux pierres submergées, sur lesquelles plusieurs individus agglomérés forment comme des tapis d'un vert presque noir.

Chaque Nostoc est une sorte de vessie irrégulière (fig. 354) plissée, arrondie, ferme, remplie d'une gelée verdâtre, dont Taspect et la consistance rappellent parfaitement la pulpe d'un grain de raisin. Au sein d'une matière gélatineuse très- F.g. 354. Nostoc verruqueux. aboudaute, se trouveut des fila-

ments nombreux, composés de globules sphériques, placés bout à bout comme les grains d'un chapelet, et formés d'une matière granuleuse d'un vert bleuâtre. La figure 355 représente les sortes de chapelets qui occupent l'intérieur du Nostoc^ et accompagnent la matière mucilagineuse. Lorsque la plante est parvenue à tout son développement, la pellicule interne, formée parle mucilage épaissi, se crève et laisse échapper une gelée verte, formée de mucilage et de chapelets. Ceux-ci se répandent dans Teau, avec d'autant plus de facilité, qu'ils sont doués à cette époque d'un mouvement spontané très-sensible. '

c Pour bien observer ce phénomène, dit M. Thuret, .^ moyen le plus simple est de déposer de beaux échantillons fraîchement recueillis dans une assiette pleine d'eau. Au bout de deux ou trois jours, la pellicule externe se rompt, les chapelets se répandent dans l'eau.... Si alors on a recours au microscope, on verra que ces chapelets, originairement très- longs et contournés de mille manières, se sont divisés en nombreux fragments de longueur inégale, presque tous droits ou à peine flexueux, qui se meuvent dans le sens de leur longueur et semblent ramper sur les lames de verre du porte-objet. Leur ma/che est lente, mais bien sensible.... Si l'on continue les observations pendant quelques jours , on verra les chapelets , devenus immobiles , augmenter de grosseur en même temps qu'il se développe un mucilage dont ils sont entourés comme d'une gaine transparente. Bientôt les grains, considé-

Fig. 855.

chapelets contenas

dans le Nostoc.

rablement élargis , se divisent pour en former deux autres, mais latéralement. Cette formation se répète plusieurs fois, et il semblerait naturel d'y chercher Torigine de nouveaux chapelets. Malheureusement, Paugmentation du nombre des grains, en diminuant la transparence, ne permet plus d'en suivre Paccroissement avec la môme facilité. >

On Toit que ces plantes sont d'une organisation tout à fait ru • dimen taire, et que leur mode de reproduction, qui consiste dans la segmentation^ dans la division de l'individu en individus nouveaux, semble les rapprocher des animaux inférieurs, plu tôt que des végétaux.

Le Nostocy sans doute en raison de l'extrême promptitude de sa végétation, avait beaucoup attiré l'attention des alchimistes, qui mentionnent souvent cette plante, et la font entrer dans plusieurs de leurs recettes pour la prétendue transmutation des métaux. Le Yaucheria. — Les touffes du Vaucheria sont formées d'un réseau de iSlaments cylindriques, rameux, continus, qui renferment des granules verts et un mucilage incolore. Cette petite plante, commune dans les marais, est très -remarquable par ses divers modes de reproduction. Elle a été l'objet des études les plus intéressantes de la part de MM. Thuret et Pringsheim. Ses spores reproductrices sont, comme on va le voir, douées, à une certaine époque de leur existence, d'un véritable mouvement. On croirait voir des animaux marcher. Ce fait bien remarquable montre combien il est souvent difficile d'établir des différences précises entre les animaux et les plantes, et de poser des limites absolues à ce que l'on nommait autrefois les règnes de la nature.

Voici de quelle manière étrange se fait la reproduction du Yaucheria.

L'extrémité des filaments de cette Algue se renfle en forme de massue, et la matière verte s'y condense, au point de prendre une teinte noirâtre. La figure 356 représente les altérations successives que présente l'extrémité du Vaucheria bm moment où s'opère le travail qui prépare la- reproduction. Nous avons indiqué par les lettres a, 6, c, d, e, ces divers états de modification progressive. On voit, selon M. Thuret, les granules s'écarter peu à peu les uns des autres vers la base du renflement, en laissant un espace vide. Puis les granules se rapprochent et se rejoignent de nouveau . Mais

38b FAMILLES NATURELLES.

alors un grand changement a eu lieu, car cette opération singulière détermine la séparation de la plante mère et du carps reproducteur, ou spore. Désormais la spore ^ revêtue d'une membrane propre , possède une organisation distincte. C'est alors que le moment de la crise approche. L'extrémité supérieure de cette spore fait tout à coup hernie (fig. 357). En même temps, elle

Fig. 356. Fig. 357. Spore de Vaocheria

Yaucheria. 8*échappantaudehor8.

commence à tourner sur son grand axe; si bien que Ton voit tous les granules qu'elles contient, passer rapidement de droite à gauche et de gauche à droite, comme s'ils se mouvaient à l'intérieur d'un cylindre transparent. L'étroite ouverture par où la spore cherche à sortir, détermine un étranglement très-marqué. En peu d'instants, elle réussit à Fig. 358. se dégager, et s'élance rapidement dans l'eau. i, spore de vaucheria. u^e fois détachée de l'individu mère, la spore (fig. 358) ne cesse pas de tourner sur elle-même; mais sa marche est assez irrégulière, plus vive et plus lente dans une direction ou dans une autre. En général, elle gagne immé-

diatement les bords de la lame de verre sur laquelle l'observalion se fait, comme si elle cherchait à s'échapper ; quelquefois elle s'arrête, puis un instant après elle re- __

prend sa course.

Toute la surface de cette spore est cou- j verte de cils vibratiks (fig. 352) qui sont invi- 1 sibles à cause de la rapidité de leurs mouve- ^ ments. Pour les bien voir, il faut les arrêter ^ au moyen de quelque réactif, tel que Topiura ou Fiode. Les effets de ces deux réactifs sont très-remarquables. L'opium diminue assez les mouvements de la spore du Vaucheria pour spore di^v!ucheria, que le jeu de ces organes soit nettement per- ^^®^ ■** ^^* vibraiiics. ceptible. L'iode les arrête brusquement, et les rend visibles par ce brusque arrêt. L'eau iodée dont s'est servi M. Thuret, ne contenait que Ttj^ d'iode.

Cet observateur a pu suivre les mouvements d'une spore de Vaucheria dans l'eau pendant plus de deux heures. Enfin, les cils cessent de se mouvoir, la spore reste

immobile, et elle ne tarde pas à germer (fig. 360), pour donner naissance à une Algue, à un nouveau Vaucheria.

Voilà un bien étonnant phénomène. Ces jeunes êtres sont-ils vraiment des plantes? Les botanistes allemands les appellent des zoospores. Ds les identifient avec les animaux, faisant remarquer que les animaux seuls ont des organes de mouvement, et que les cils vibratiles dont est pourvue la spore du Vaucheritty sont de véritables organes de mouvement. Fig. 36o.

Ainsi, d'après certains naturalistes aile-. •'®"°® ^*"<5**®"*mands, dès le début de leur vie, les Algues seraient de véritables animaux, qui deviendraient des plantes en se fixant et commençant à germer. Les botanistes français sont plus timides dans leurs vues; ils n'osent pas prononcer sur l'animalité de ces êtres. Nous devons nous borner à exposé ici les deux opinions.

Quand la spore est devenue immobile, elle se développe régulièrement. Il est facile de suivre sous le microscope les progrès

de cette germination. L'allongement des filaments s'opère pour ainsi dire à vue d'oeil. M. Thuret assure avoir mesuré plus d'une fois un accroissement de ^ de millimètre en une heure.

Outre cette multiplication non sexuelle par des zoospores, on a récemment découvert dans cette même plante une véritable reproduction sexuelle, opérée à l'aide de deux organes distincts, ^ nés à peu de distance l'un de l'au-

tre sur les filaments. L'un (figure 361, A) est une sorte de rameau court, recourbé sur lui-même en colimaçon, et qu'on nomme cornicule; lautre (B) est une sorte d'ampoule légèrement amincie en façon ^ ,^ , , . , de bec, et qu'on nomme sporange.

Fig. 361. La cormcule et le sporange ^ ^ ^ r if

du vaucheria <îes dcux organcs sont séparés l'un

an peu avant la fécondation. , ,, i . i .«

de 1 autre sur le tube qui les porte, par une doison transversale. Dans l'intérieur du sporange, et vers sa base, on trouve des grains verts, tandis que vers son bec se présente une matière incolore, très-finement granuleuse. Dans la portion extrême de la cornicule, qui est limitée par une mince cloison, on trouve un grand nombre de petits bâtonnets, plus ou moins enveloppés d'un mucilage incolore.

Tel est l'état des choses lorsque la fécondation va s'opérer. A ce moment, la membrane du sporange se rompt à son bec, et la matière contenue dans cet espèce de sac sort par l'ouverture

(fig. 362). Immédiatement après que le sporange s'est ouvert, la cornicule, par une coïncidence merveilleuse s'ou-

Fig. 3«3 ^^^ ^"^^' ^ ^^^ extrémité et Anthérozoïde ycrse son coutenu à Fexté-

Fig. 362. Anthérozoïde de Vaucheria . , , ,

de Vaucheria. pénétrant rieur. D innombrables corpus-

dans le sporange, ^^j^g^ extrêmement petits, en

forme de bâtonnets, c'est-à-dire des anthérozoïdes y sortent donc par l'orifice de la cornicule. Ils pénètrent dans l'ouverture adjacente du sporange (fig. 363) et la remplissent presque entièrement. Arrivés à la surface de la couche muqueuse et granu-

leuse, qui les empêche, à cause de sa consistance, de pénétrer plus avant, ils s'avancent , reviennent en arrière et continuent ce mouvement de va-et- vient pendant plus d'une demi-heure, ofTrant à l'observateur le spectacle le plus singulier. Bientôt il se forme, en avant de la couche muqueuse, une cloison, qui empêche l'action ultérieure des corpuscules locomoteurs de s'exercer davantage sur elle. Leurs mouvements durent encore pendant une heure ; mais ils deviennent de plus en plus lents, pour cesser enfin tout à fait, et ils disparaissent complètement au bout de quelques heures.

C'est après l'introduction des anthérozoïdes dans le sporange qu'une grosse cellule, ou spore^ se forme dans l'intérieur du sporange qu'elle remplit complètement. D'abord verte, cette cellule pâlit peu à peu, et présente dans son intérieur plusieurs corps plus gros et d'un brun sombre (fig. 364). Bientôt elle s'isole du tube, parce que la membrane du sporange commence à se décomposer. Au bout d'un temps assez p»«- "*• long (trois mois environ), cette spore commence à redevenir verte, et peu à peu elle s'allonge en un jeune tube de Vaucheria qui deviendra parfaitement semblable à la plante mère (fig. 365 et 366).

Fig. 965* Spores de Vaacheria en germinatioD. Fig. 366.

Tel est le double et singulier mode de fécondation dans le Vaucheria. Il avait été jadis entrevu par Vaucher, qui reconnut le premier et soupçonna l'importance des cornicules. Mais nous devons la relation complète et circonstanciée que nous venons

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de présenter ici, à M. Pringsheim, habile anatomiste allemand.

Le Spfi3eroplca. — Le Spha^roplea annulina est une Algue d'eau douce, qui se compose de longs filaments, formés de cellules plus ou moins allongées , et associées bout à bout. Ces cellules contiennent, à Tétat adulte, de la chlorophylle, un liquide aqueux et des granules de fécule, le tout réparti de telle façon que l'élément liquide forme de gros utricules ou vacuoles, alignées comme les perles d'un collier (fig. 367, A).

Au mois d'avril, le contenu de certaines cellules se modifie, de manière à prendre un aspect spumeux par la multiplication des vacuoles (fig. 367, B) ; puis, par la condensation de la matière verte et des grains d'amidon, la forme de la figure C a, et par la disparition de la plupart des vacuoles celle de la partie b de la même figure, où de grandes vacuoles aplaties représentent des logettes superposées. Bientôt ces mêmes cellules contiennent un grand nombre de masses globuleuses et libres (fig. 367, D). Ces masses sont de jeunes spores molles, élastiques et dépourvues de membrane.

Longtemps avant que le contenu des cellules ait subi les transformations que nous venons d'indiquer, la membrane propre des cellules offre, en certains points, de petites ouvertures dont le diamètre varie de -çj^ à ^èû ^e ligne (fig. D et E, o).

Mais toutes les cellules du même filament de Sphœroplea ne présentent pas les modifications qui viennent d'être décrites, et dont le résultat final est de les convertir en sporanges, remplis d'une multitude de spores. Il se passe, en même temps, des phénomènes très-différents. Les anneaux interposés aux vacuoles incolores de viennent rougeâtres, et les granules d'amidon qu'ils contenaient disparaissent (fig. 367, E, a). Bientôt la matière orangée s'organise en une infinité de corpuscules courts et confondus dans un inextricable agencement. Les anneaux se décomposent. On voit soudain un des corpuscules plongés dans leur substance se dégager et se mouvoir dans la cavité cellulaire; puis d'autres corpuscules semblables, de plus en plus nombreux, donnent l'exemple du même phénomène. Le mouvement qui les anime, devient incessamment plus vif; et en peu de minutes toute la substance de Fanneau que l'on considère, se résout en une in-

nombrable multitude de corpuscules. Puis un second el un troisième anneau de la même cellule subissant le sort du pre-

Fig. 867. Reprodoction da Spharoplea.

mier, celle-ci se trouve en délînitive toute remplie de corpuscules allongés qui s'agitent et fourmillent en tous sens (fig. 367, E, b).

On voit avec un plus fart grossissement ces corpuscules mobiles sur la même figure 367.

• C'est un spectacle vraiment surprenant, dit M. F. Ck)hn, professeur de botanique à l'université de Bresiau , auquel on doit ces intéressantes observations, que celui de tous ces mouvements d'une incroyable vivacité au sein de la cellule mère..., La membrane des cellules s'est percée à un moment donné d'une ou plusieurs ouvertures, semblables pour la forme et les dimensions à celles que nous avons vues chez les cellules sporanges. Un premier corpuscule s'échappe de leur cavité par une de ces perforations ; d'autres le suivent et bientôt ce sont des multitudes de ces corpuscules qui sortent à la fois. Leur mouvement dans l'eau est d'abord très-lent ; souvent l'issue que les corpuscules baculiformes voudraient forcer est obstruée par une vacuole qui y applique son enveloppe mucilagineuse ; les corpuscules s'épuisent en vain contre cet obstacle. Je les ai vus après douze heures d'efforts s'agiter encore tumultueusement dans leur prison, puis rentrer enfin dans le repos et se transformer en vésicules jaunâtres.... Les corpuscules agiles, dont il vient d'être question, mesurent environ j{i de ligne en longueur; leur forme est cylindroïde allongée et rappelle celle de certains petits coléoptères curculionides. Leur extrémité postérieure est un peu renflée, parfois aplatie et élargie à la fois; elle est teintée de jaunâtre et laisse fréquemment distinguer dans son intérieur quelques granules ; l'extrémité antérieure s'allonge au contraire en une sorte de rostre étroit et hyalin qui porte à son sommet deux longs cils. Ceux-ci sont surtout bien visibles dans une solution iodée qui éteint la vie des corpuscules.... Ce mouvement des corpuscules cilifères dont nous parlons est caractéristique ; sont-ils doués de peu d'énergie vitale, ils ne font qu'osciller de leur rostre, comme en tâtonnant; s'ils se meuvent plus rapidement, ils tournent autour de leur axe transversal médian, comme le ferait un bâtonnet qui, étant solidement tenu par scm milieu, recevrait un mouvement de rotation;... on en voit aussi qui se meuvent en rond sur eux-mêmes sans changer de place à la manière du chat qui court après sa queue; mais la plupart du temps, ils décrivent une cyclolde par un mouvement de progression saccadé et comme par sauts ; plus rarement s'avancent-ils en droite ligne. Leur tendance naturelle vers la lumière est indiquée par ce fait que, dans la goutte d'eau où je les observais, ils s'amassaient volontiers vers le bord qui regardait la fenêtre de ma chambre.

La ressemblance extérieure de ces corpuscules avec les anthérozoïdes des Yaucheria m'autorisait déjà à leur attribuer des fonctions analogues, lorsque j'eus la satisfaction de constater leur faculté fécondatrice avec toute l'évidence qu'il est possible de désirer dans l'observation des phénomènes de la nature.... Quand ces anthérozoïdes, devenus libres, se sont répandus dans l'eau, ils se réunissent au bout de peu de temps autour des cellules dont le contenu s'est organisé en spore. Ils s'agitent tumultueusement près de chacune de ces cellules; ils s'attachent à ses parois, la quittent un instant, puis reviennent aussitôt. £nfin, un des corpuscules s'ap-

proche de Tune des petites ouvertures que nous savons exister dans la membrane des sporanges; il s'y tient fixé et y introduit son rostre délié. Quelquefois la partie postérieure de son corps est trop large pour passer impunément; alors on le voit se pousser avec effort en s'aidant sans relâche de son rostre et se faire plus petit en se contractant sur lui-même; enfin, il force le passage et pénètre dans la cavité du sporange. En même temps , d'autres anthérozoïdes pénètrent par la même voie ou par d'autres pertuis. Trois ou quatre sont souvent engagés à la fois dans la même ouverture; les plus petits passent sans obstacle au premier élan, et leur mouvement de translation du liquide où ils nagent dans le sein du sporange décrit de grands cercles et constitue un phénomène extrêmement curieux à observer. Au bout de quelques instants, il y a dans le sporange plus de vingt anthérozoïdes qui s'agitent autour des jeunes spores. Cellesci sont, comme je l'ai dit plus haut, de petites sph^^res lisses, plus ou moins complètement remplies de chlorophylle, et enveloppées d'une couchç muqueuse qui n'a point les caractères d'une membrane de cellulose. Les spermatozoïdes se jettent d'une spore sur une autre, comme si une force électrique les attirait et les repoussait alternativement, et cela si rapidement que l'œil a peine à les suivre. Souvent ils se portent avec la même agilité d'un bout du sporange à l'autre, en môme temps l'agitation de leurs cils vibratiles imprime aux spores un mouvement lent de rotation.... J*ai vu les anthérozoïdes s'agiter confusément dans la cavité des sporanges pendant plus de deux heures. Leur mouvement se ralentit ensuite peu à peu et ils finissent par s'appliquer à la surface des jeunes spores. On en voit un ou deux se fixer par les cils et le rostre sur chacun de ces corps et y demeurer comme implantés; ils y oscillent encore longtemps, pub enfin ils deviennent tout à fait inmiobiles et s'appliquent de toute leur longueur sur la spore , leur corps perd sa forme, il n'est bientôt plus qu'une gouttelette '*B- '^••

muqueuse dont ime partie semble être absorbée par la spore de Spharoplaa. spore.... La spore primordiale fécondée se recouvre bientôt d'une véritable membrane cellulaire (fig. 368). »

Quand ces spores se disposent à germer, leur contenu subit plusieurs modifications. Il devient grenu, prend une teinte assombrie de brun rouge, et un cercle plus transparent se montre dans son centre. Fréquemment la matière rouge se teint en vert avant la germination; ce changement de couleur se produit peu à peu de l'extérieur de la spore vers le centre de sa cavité. Tout le contenu plastique de ce corps finit par se diviser d'abord en deux, puis en quatre, puis en un plus grand nombre de parties (fig. 369, r, 6, c), qui rompent leur double enveloppe, pour se répandre librement dans Teau, comme autant de zoospore?.

La forme de ces zoospores est inconstante, comme leur volume et leur couleur. Pendant plus d'une heure, ces corpuscules, munis de deux cils à leur rostre, s'agitent d'un mou-

Fig. 8<9. spores de spharoplei en germiiution.

vement lent et saccadé. Ce mouvement s'interrompt de temps en temps, par de longues pauses, et parfois Ton croirait les corpuscules rentrés pour toujours dans le repos, lorsque, après

plusieurs heures d'immobilité, ils se prennent tout à coup à pirolietter de nouveau.

Lorsque ces zoospores se mettent à germer, ils s'allongent de plus en plus en façon de fuseau (fig. 370, a, by Cj d,e, /*), et bientôt la petite plante, jusque-là formée d'une seule cellule, se partage en deux compartiments égaux, puis successivement en un plus grand nombre de cellules au fur et à mesure qu'elle grossit, et elle finit par devenir un nouveau Sphxroplea.

Telle est l'histoire du Sphœroplea annulina. Nous n'avons retranché \f que très-peu de chose au récit de M. Gohn, Ces détails étranges font nattre chez le naturaliste et le penseur une admiration profonde.

Voilà des individus placés au plus bas de l'échelle végétale, et qui se reproduisent en émettant des germes qui sont doués d'un mouvement propre, et semblent guidés dans leurs évolutions par un véritable instinct. A la vue de ces mouvements volontaires et presque réfléchis dans les jeunes

Fig. 870. Oennination da Sphsroplea.

générations d'un végétal inférieur, on est entraîné à les considérer, avec les Allemands, comme des animaux, lesquels en se tenant immobiles et se fixant sur un objet quelconque, deviendraient des végétaux. Mais combien ces faits bouleversent les notions généralement reçues sur les distinctions des animaux et des plantes! Pour savoir en quoi la vie consiste; il ne suffit pas de la contempler chez les êtres supérieurs, il faut la suivre dans toute la série de la création, depuis l'homme jusqu'à l'humble Sphseroplea, Le Fucus vésicaleux (fig. 37 1 ) . —Voici l'Algue la plus vulgaire,

Fig. 371. Focns vésiculeux.

la plus connue de ces végétaux inférieurs. Le Fucus vésiculeux est une Algue qui crof t abondamment sur les rochers, au bord de l'Océan et de la Méditerranée. Elle sert, dans le Nord, à couvrir les toits rustiques. On la coupe deux fois l'an, pour la brûler, et

396 FAMILLES NATURELLEîS.

retirer de ses cendres de la soude, ou bien pour fumer les terres. La partie plane de sa fronde bifîirquée est parsemée de vésicules globuleuses, pleines d'air, qui sont probablement destinées à soutenir la plante dans Teau, et remplissent la même fonction que la vessie natatoire des poissons. Des tubercules mamelonnés recouvrent lextrémité de ces bifurcations de la fronde.

Si Ton retire de l'eau certains échantillons de ce Fucus^ à l'époque où ces tubercules sont bien développés, on s'aperçoit bientôt que leur orifice est obstrué par une goutte d'une liqueur rougeâtre. D'autres échantillons de ce même Fucus offrent, dans les mêmes circonstances, une sorte de sécrétion, non plus rougeâtre, mais olivâtre.

Cette différence d'aspect semble, au premier abord, indiquer

Fig. 373. ConcepUcle m&le de Fucot végétaax coupé transvenalemenL

une différence de constitution et de rôle physiologique dans les tubercules portés sur des frondes différentes. En effet, chacun de ces tubercules n'est autre chose qu'une cavité, ou conceptacle, renfermant soit un appareil fécondateur, soit un appareil de fructification, et ces appareils sont portés sur des individus différents. Le Fucvs vésiculeux peut donc être considéré comme dioïque.

MM. Thuret et Decaisne ont fait sur la structure des concep-

tacles mâles et femelles de cette Algue et sur son mode de fécondation des observations très-curieuses.

Étudions la structure des conceptacles mâle et femelle.

On trouve dans les conceptacles mâles (fig. 372) des sacs ovoïdes contenant une masse blanchâtre, parsemée de granules rouges. Ces sacs, désignés sous le nom à!anthéridies^ sont portés sur des poils rameux, articulés, qui remplissent presque tout le conceptacle. Ils renferment de nombreux corpuscules, transparents, d'une grande ténuité, pourvus d*un granule orangé ou rougeâtre. Ces copu^cules portent le nom A* anthérozoïdes; ils s'agitent avec une extrême vivacité, dès qu'ils sont mis en liberté. Leurs organes locomoteurs consistent en deux cils pro

Fig. 373. Coupe transfersale d'un conceptacle femelle de Fucus Yisiculenz renfermant les spores.

digieusement ténus, dont l'un, plus court, paraît inséré vers l'extrémité la plus étroite du corps, laquelle est toujours en avant pendant la progression. Le deuxième cil tratne derrière le corpuscule.

On trouve dans les conceptacles femelles (fig. 373) des sacs membraneux plus ou moins sphériques ou oblongs, renfermant une masse arrondie, opaque, d'un brun grisltre, divisée en huit parties. Ces sacs, ou sporanges, sont portés sur un court pédicule et environnés de filaments articulés.

Lorsque le sporange s'ouvre, comme le fait Tanthéridie

à un moment donné, la masse qu'il contient est mise en liberté en conservant sa forme première, grâce à une membrane qui retient les éléments ou spores qui la constituent fortement serrés entre eux. Maïs les choses ne restent pas longtemps en cet état : les spores s'isolent de plus en plus dans le revêtement membraneux qui les retient prisonnières, et finalement elles deviennent libres. Elles sont alors parfaitement rondes, d'un jaune olivâtre, et absolument dépourvues de téguments.

M. Thuret, à qui Ton doit de très-bonnes observations sur la structure admirable de ces végétaux inférieurs, a établi, par ses expériences, ce que deviennent les spores dégagées de leurs enveloppes, suivant qu'elles sont mises en contact avec les anthérozoïdes, ou soustraites à leur action :

c Lorsque les frondes mâles, faciles à reconnaître par la couleur jaunâtre de leurs réceptacles, dit-il, sont placées quelque temps dans une asmosphère humide, il se produit un effet analogue à celui que j'ai décrit dans les plantes femelles. Les anthéridies , expulsées en immense quantité hors des conceptacles, viennent former à la surface de la fronde, à rentrée de chaque ostiole, de petits mamelons visqueux, de couleur orangée. Que Pon détache un peu de cette matière visqueuse avec une aiguille, et qu'on l'examine au microscope dans une goutte d'eau de mer, on verra qu'elle est entièrement composée d'anthéridies qui , presque aussitôt , se vident des anthérozoïdes qu'elles renferment. Ceux-ci s'agitent avec la plus grande vivacité, et leurs mouvements se prolongent quelquefois jusqu'au lendemain, mais en diminuant peu à peu d'intensité. Le troisième jour au plus tard ils se décomposent.

Pour féconder les spores et les mettre en état de germer, il suffit de mélanger à Peau qui les baigne quelques anthéridies. Si l'expérience est faite sur une lame de verre et que les anthérozoïdes so^Bnt en quantité assez considérable, on sera témoin d'un des plus curieux spectacles que l'étude des Algues puisse donner l'occasion d'observer. Les anthérozoïdes s'attachant en grand nombre aux spores, leur communiquent, au moyen de leurs cils vibratiles, un mouvement de rotation quelquefois très-rapide. Bientôt tout le champ du microscope est couvert de ces grosses sphères brunâtres , hérissées d'anthérozoïdes qui roulent dans tous les sens, au milieu du fourmillement de ces corpuscules.

Après s'être prolongée environ une demi-heure, rarement plus longtemps, la rotation des spores cesse ; les anthérozoïdes continuent à s'agiter quelque temps, mais avec moins de vivacité, jusqu'à ce qu'enfin tout mouvement s'arrête. Dès le lendemain du jour où les spores ont été mises en contact avec les anthérozoïdes , elles sont déjà revêtues d'une membrane. »

M. Thuret fait du reste remarquer que la rotation des spores est un phénomène qui, si curieux qu'il soit, ne mérite peut-être pas une grande considération. Il ne le croit nullement nécessaire à la fécondation des spores, et n'admet pas que ce mouvement ait lieu dans la nature.

Les Champignons n'ont jamais ni feuilles, ni tiges, ni racines. Us respirent en produisant de Tacide carbonique, comme les fleurs ou les animaux.

Les organes de la végétation et ceux de la reproduction sont distincts chez les Champignons. Les premiers sont représentés par une sorte de feutre, composé de filaments entrecroisés, trèsténus, que Ton nomme mycélium. Ce mycélium est souterrain, peu apparent, et souvent se détruit de bonne heure. C'est sur lui que se développent les appareils de la reproduction, qui sont toujours très-considérables relativement aux organes de la végétation, et quelquefois multiples pour une seule et même espèce deChampignons. Cette multiplicité d'organes reproducteurs a été reconnue pour certaines espèces dont il sera parlé plus loin : les Érisyphés qui causent la maladie de la Vigne, et le blanc des horticulteurs. On a signalé dans VÉrisyphé jusqu'à trois sortes d'appareils reproducteurs qui se développent successivement.

Les Champignons vivent dans les conditions les plus opposées et dans les lieux les plus divers. Certains apparaissent à la surface de la terre : tels sont le Champignon de couche^ le Bolet comestible^ la Morille^ la Vesse-Loup^ etc.; d'autres croissent sur le tronc des arbres, sur les rameaux ou les feuilles. Quelques-uns, comme la Truffe, vivent enfouis à une certaine profondeur. Des milliers de petites espèces vivent en parasites sur d'autres végétaux, comme la Vigne ^ la Pomme de terre ^ et occasionnent parfois des maladies désastreuses, etc. D'autres s'attaquent aux animaux. Personne n'ignore que la maladie qui détruit tant de vers à soie dans les magnaneries du midi de la France, est produite par un Champignon qui se développe à l'intérieur du

corps de la larve vivante du ver à soie. Enfin, ces êtres microscopiques et envahisseurs peuvent s'attacher même à la peau et aux membranes muqueuses de l'homme et des animaux.

Les Champignons font en beaucoup de pays la nourriture du pauvre, qui attend leur retour comme une manne protectrice ; mais d'autres recèlent un poison mortel. Les animaux, tels que les insectes, les vers, limaces, etc., se nourrissent aussi de Champignons. Ce n'est donc pas sans raison que la nature les a répandus avec tant de profusion sur le globe.

Nous ne saurions entrer ici dans des considérations générales sur les Champignons ; mais nous espérons donner au lecteur une idée claire et suffisante de leur structure, en lui présentant successivement quelques types bien choisis parmi ceux qui sont aujourd'hui le mieux connus sous le rapport scientifique, ou qui nous intéressent le plus sous le doublé point de vue de leur utilité, ou des maladies désastreuses dont ils sont la cause directe*

V Agaric comestible ou Champignon de cTuche (Agaricus campestris).— Ce Champignon (fig. 374), dont on fait le plus grand usage culinaire, surtout à Paris, présente un pied ou stipe, haut de trois à cinq centimètres, plein intérieurement, et surmonté d'un chapeau, d'abord arrondi en boule, ensuite élargi et bombé, blanc ou d'un jaune pâle, lisse et glabre. Ce chapeau porte, en dessous, des feuillets, d'une couleur rosée, qui brunissent à mesure que la plante.se développe. Une membrane blanche, semblable à une espèce de voile, recouvre entièrement ces feuillets dans leur jeunesse, et forme ensuite, en se déchirant, un collier, plus ou moins complet, autour du stipe.

L'Agaric comestible croit naturellement sur les pelouses exposées au soleil, dans les prés, etc. On l'obtient également par la culture, dans les lieux peu éclairés, comme les caves et les carrières. Il faut se garder de le confondre avec une autre espèce connue sous le nom d'Amanite vénéneuse^ qui lui ressemble pour le port, mais s'en distingue par un pied bulbeux à la base, et enveloppé comme d'une bourse (volva), enfin par la couleur de ses lames, qui ne sont pas rosées, mais blanches.

Pour avoir une idée exacte de la structure des Champignons en général, nous étudierons cet Agaric comestible,

Dîtachons une des lames qui occupent la face inférieure du

chapeau; nous reconnattrons aisément, en la regardant à la loupe, que les deux surfaces de cette lame sont veloutées ; mais ce n'est qu'au microscope que nous pourrons apprécier leur véritable organisation .

Si l'on pratique dans la très-faible épaisseur de ces lames, des coupes transversales, ou perpendiculaires à leur surface, on peut s'assurer que chacune de ces lames présente trois couches bien distinctes : une couche moyenne, se continuant avec la substance du chapeau, sorte de trame sur laquelle reposent les éléments

Fig. 374. Agario comestible.

perpendiculaires des deux autres couches, qui sont placées de champ sur la première.

Ces éléments sont des cellules de trois sortes (fig. 374, 4). Les unes sont plus courtes que les autres et ne portent rien à leur extrémité libre : celles-ci sont un peu plus longues et terminées par quatre pointes, lesquelles portent chacune un petit sac sphérique à leur sommet (fig. 374, 5). Celles-là, beaucoup plus grandes encore, ne portent ni pointes, ni sacs à leur extrémité.

On s'est assuré par expérience que les petits sacs disposés quatre par quatre, au sommet des cellules de moyenne grandeur, sont lés organes reproducteurs, qui peuvent germer et reproduire la plante mère. On leur donne le nom de spores. Les cellules qui les supportent se nomment basides.

Le résultat de la germination de ces spores est ce mycélium, dont nous avons déjà parlé comme étant Tappareil reproducteur des Champignons, et que Ton voit, sous forme de filaments, à la base de YAgaric, dans la figure 374 (1).

Des fragments de ce mycélium peuvent multiplier la plante, comme pourrait le faire un fragment de rhizome quelconque d'un végétal phanérogame. C'est pour cela que les cultivateurs achètent et sèment le mycélium, qu'ils nomment blanc de champignon, et qui peut se conserver plusieurs années sans perdre de ses propriétés germinatives.

Pour obtenir des Champignons, on étend le mycélium sur des couches, épaisses de près d'un mètre, formées d'un mélange de terreau, de fumier avancé et de crottin de cheval, que l'on recouvre d'une couche de terreau. Si l'on arrose de temps en temps cette couche artificielle, afin d'y entretenir la chaleur et l'humidité, on voit, au bout de peu de temps, apparaître de petits tubercules, qui seront plus tard de jeunes Champignons.

Les Truffes. — La Truffe est un Champignon qui vit souterrainement. Ce végétal se plaît dans les sols traversés par des racines d'arbres, particulièrement de Chênes. Il faudrait bien se garder toutefois d'établir aucun lien de parenté entre les racines d'arbres au milieu desquelles la Truffe croît de préférence, et ce cryptogame. La Truffe se développe, comme tous les autres Champignons, par des spores. Ces organes, qui apparaissent à la maturité, sont d'une singulière petitesse, car leur dimension ne dépasse pas un dixième de millimètre de diamètre. Lorsque la Truffe, après l'époque de sa maturité, pourrit et se décompose dans le sol, ces spores, mises à découvert, produisent du mycélium, c'est-à-dire des filaments blancs, analogues au mycélium de V Agaric. Ce mycélium^ en se développant souterrainement, produit la Truffe.

Si l'on examine, dans le courant du mois de septembre.

le sol d'une truffière du Poitou, par exemple, on voit qu'il est traversé par de nombreux filets blancs, cylindriques, bien plus ténus qu*un fil à coudre, et qui sont pourtant composés de filaments microscopiques de 3 à 5 millièmes de millimètre de diamètre. Ces filets blancs, cloisonnés sur leur trajet, se continuent avec un mycélium floconneux, de môme nature, qui entoure lés jeunes Trufles, et forme autour de ces Champignons comme ^une sorte |de feutre ^blanc, de quelques millimètres d'épaisseur. Ces filaments se continuent directement avec la couche externe de la jeune Truffe. Mais bientôt ce réseau enveloppant se détruit peu à peu, d'abord partiellement, puis entièrement, et la Truffe paraît alors complètement isolée dans le sol.

La structure de la Truffe est beaucoup plus compliquée qu'on ne l'avait cru jusqu'à nos jours. C'est aux beaux travaux des frères Tulasne que nous devons la connaissance exacte de Torganisation de ce singulier végétal.

Les jeunes Truffes présentent des cavités sinueuses, très-irrégulières, communiquant en partie entre elles, et qui viennent aboutir, tantôt à une ouverture unique correspondant à une dépression extérieure, tantôt à plusieurs points de la surface > Lorsqu'elles sont plus avancées en âge, elles sont parcourues par un double système de veines, les unes blanches, les autres colorées. Les veines colorées sont continues au tissu extérieur qui compose l'enveloppe. Dans leur partie moyenne, elles sont formées par un lacis de filaments dirigés dans les sens de ces cloisons , d'où naissent des filaments plus courts, perpendiculaires, dont les extrémités renflées deviennent des sporanges. Les veines blanches paraissent formées par les prolongements des filaments stériles, entremêlés avec les sporanges, au milieu desquels se trouve de l'air interposé. Elles viennent aboutir à la surface externe, en un ou plusieurs^ points.

Les spores, dont les formes sont très-diverses, mais constantes pour une même espèce, sont en nombre limité, qui s'élève de 4 à 8. Leur membrane externe est lisse, hérissée, ou diversement réticulée.

Les Tuber brumale,rnelanosporumy xstivum et mesentericumy sont les seules espèces recherchées en France. En Algérie, c'est le

Terfex {Terfesia leonis) qui remplace à lui seul toutes les TiufTes comestibles de l'Europe occidentale.

Les Truftières se trouvent spécialement dans les sols calcaires bu calcaires et argileux : en France dans le Poitou, la Touraine, le Vivarais, le Comtat-Venaissin, la Provence, à Brives et à Cahors.

Pour se développer, les Truffes ont besoin d'un sol ombragé et rendu fertile par la décomposition des feuilles et des fruits qui tombent annuellement des arbres, en même temps qu'il est divisé par le réseau souterrain des racines. Les Chênes et les Charmes sont les arbres les plus favorables à leur développement.

Le chien ne cherche la Truffe que pour plaire ou obéir à son maître. Il laisse à l'homme le soin de creuser la terre, dans le point qu'il lui a indiqué en grattant légèrement. Cependant si le sol est labouré et meuble, le chien ne s'arrête pas qu'il n'ait saisi la Truffe. En Bourgogne, on emploie pour la recherche des Truffes le chien de berger; en Italie, on se sert du barbet.

Le porc est plus égoïste ; il aime la Truffe et la cherche pour lui-même. Le porc, dressé à cette recherche, demeure immobile, le nez sur sa trouvaille, attendant qu'on l'enlève. Toutefois il n'attend jamais longtemps, et dévore sa proie odorante au moindre retard. Dans la haute Provence, un porc à Truffes, bien dressé, vaut 200 francs.

La Carie. — Le Champignon qui occasionne

la carie des blés ( Tilletia caries), croît à Tinté-

Fig.375. rieur de l'ovaire du froment cultivé (fig. 375)

cane du Froment. ^^ ^^ quelques autrcs Graminées. A l'époque

de la maturité du Champignon qui l'a envahi, le grain carié

du blé (fig. 376) offre presque le volume et la forme du grain

sain. Il en diffère surtout par sa teinte brunâtre, inégalement

répartie.

Le Champignon de la carie naît en quelque sorte avec la fleur du blé, et il entraîne Tatrophie des stigmates et des étamines.

f Ayant soumis, dit M. Tulasne, à rexamen microscopique la matière pulvérulente qui remplit l'ovaire carié et spécialement les parties voisines de la périphérie... qui semblent mûrir plus tardivement, nous avons reconnu que les spores se rattachent en grand nombre par des pédicelles courts à ces sortes de troncs ou de rameaux communs, ténus, incolores, d'une nature fragile et qui sont résorbés ou disparaissent au fur et à mesure de la maturité des spores qu'ils engendrent : le tissu constitué par eux s'est accru avec l'ovaire et Fîg. 876.

n'a pas cessé de le remplir ni d'y multiplier des spo- ^""" *** Froment carié, res jusqu'au moment où celui-ci, parvenu à son plus grand développement, s'est aussi trouvé entièrement farci des semences du végétal parasite....»

a Quand cette semence germe, dit encore M. Tulasne, son tégument

Fig. 877.

Fig. 878.

Fig. 879.

Spore de la carie

Spore de la carie de Blé

Sporidie.

du Blé.

en germination.

réticulé se brise très-distinctement en un point quelconque et sans régularité (fig. 377, 1,2), et il en sort un tube épais et flexueux, qui s'allonge parfois jusqu'à atteindre près de quinze fois le diamètre de la spore.... Les germes courts manquent rarement de se couronner d'une gerbe et d'un faisceau de spores secondaires, désignées sous le nom de sporidies (fig. 378 et 379). Ce sont des corps linéaires, très-grôles, réunis deux à deux dans

leur partie inférieure par une bride rigide et courte, ce qui donne au couple la forme d'un H. Après avoir mûri ce bouquet de sporidies, les germes ne tardent pas à se détruire. Les couples reproducteurs sHsolent alors les uns des autres et se répandent sans se dissocier à la surface des corps sous-jacents. Quelques-uns germent bientôt et émettent, surtout vers leur sommet des fils très-ténus, qui se ramifient promptement {ûg, 380 et 381); d'autres en plus grand nombre donnent naissance à des

Fig* S80. Bouquet de sporidfet Fig. 381. Bouquet

de la oarie de Blé. de sporidies.

sporidies secondaires, sortes de corps épais, oblongs ou arqués, qui paraissent être les agents les plus importants de la multiplication des Champignons. Ce seraient des sporidies secondaires qui germeraient en émettant un ou plusieurs fils très-ténus par des points quelconques de leur surface, i

U Charbon, — Le Charbon proprement dit {Ustilago segetum) attaque particulièrement les Orges et les Avoines. U se développe dans le parenchyme des enveloppes florales, de Taxe des épillets et des pédicules de ces Graminées. Quand le vent a dissipé les spores du parasite, il ne reste plus de ces parties qu'une sorte de squelette noirci et méconnaissable. La présence de ce Cryptogame entraîne toujours Tavortement plus ou moins complet des organes de la fleur qu'il a attaquée , la stérilité des épis, et une altération notable de leur structure normale.

Une autre espèce de Charbon^ à spores noires, est également très-redoutée des cultivateurs à cause du tort qu'elle fait au Maïs. La figure 382 représente un épi charbonné de Maïs à grains blancs. La figure 383 montre la coupe verticale d'un ovaire entouré de bractées tuméfiées, par la présence du Champignon. Les taches noires indiquent la formation, en ces points, de la poussière noire de VUstilago maydis. Ce Champignon peut également se développer dans la tige, et

y donner lieu à la formation d'excroissances plus ou moins volumineuses et difformes.

c En^ disséquant les excroissances ordinaires, lorsqu'elles sont encore

Fig. 383. Charbon du Maïs (Uttilago Maydis).

gorgées de sucs, dit M. Tulasne, on les trouve formées d'un parenchyme à grandes cellules, fréquemment lacuneux, et traversé par un petit nombre de faisceaux fibrovasculaires; c'est une structure analogue qu'offrent toutes les bractées et l'ovaire investis par Tentophyte, aussi bien que les parties, hypertrophiées pour la même cause, des feuilles qui enveloppent la base de Tépi. Les lacunes de ce parenchyme, et fréquemment Pintérieur môme de ses cellules constitutives, sont remplies, à quelque ^ïg. 383.

instant qu'on les examine avant la pulvérulence Coupe d'un ovaire de Maïs finale de VUstUago par la matière de ce Champi- atuqué par le charbon, gnon. C'est une siibstance muqueuse, gélatineuse parfaitement incolore...., qui se partage peu à peu en petites masses polyédriques, arrondies,... qui se revêtent bientôt d'un système tégumentaire et deviennent des spores. *

L'Érisyphé ou le Champignon de la Yigne, — Les Érisyphés sont de petits Champignons que chacun a grand intérêt à connaître, à cause du grand tort que plusieurs de ces petits végétaux causent aux plantes cultivées et aux produits de l'horticulture. La maladie que les Érisyphés déterminent, est vulgairement connue sous le nom de blanc.

La structure élégante .'et variée de ces petits Champignons avait depuis longtemps fixé les regards des mycologues, lorsque M. Tulasne, par de nouvelles études, parvint à des résultats imprévus.

Ces plantes microscopiques possèdent, d'après les observations

Fig. 384. Appareil reproducteur d'un Érisyphé (Conidies).

de M. Tulasne, jusqu'à trois sortes d'appareils reproducteurs, qui apparaissent successivement, et le Champignon, si redoutable pour la vigne, qu'on avait pris pour un type particulier, n'est autre chose qu'un Érisyphé qui parcourt seulement les deux premières phases de l'évolution de ses organes reproducteurs.

Les organes de végétation des Érisyphés sont constitués par un mycélium, formé de fils très-ténus, pourvus de crampons, dont la forme et les fonctions rappellent, à plusieurs égards, les suçoirs des Cuscuus, Il faut donc voir dans ces Champignons des parasites qui vivent sur les parties vertes ou vivantes des végétaux, particulièrement sur les feuilles.

CHAMPIGNONS. 4u9

Des filaments du mycélium naissent des branches droites dont les articles, plus ou moins nombreux, se renflent en utricules ellipsoïdes, et constituent de petits appareils, souvent en forme de chapelets, formés de cellules reproductrices, analogues aux bourgeons caducs que produisent certaines plantes cotylédonées. Ce premier système reproducteur porte le nom de Conidies (fig. 384).

Une autre sorte d'appareil reproducteur consiste en vésicules sphériques ou ovoïdes, ordinairement pédicellées et remplies d'innombrables petits corpuscules ovales ou oblongs. Ce second système porte le nom de Pycnides (fig. 385).

Fig. 385. Aatre appareil reprodocteor d*aD Érisyphé (Pycnides).

Telles sont les deux sortes d'appareils reproducteurs qui constituent le prétendu Oïdium Tuckeri^ Tennemi redoutable de la Vigne. Ce n'est pas autre chose qu'un Érisyphé^ dont la forme dernière et parfaite de reproduction ne s'est pas développée.

Cette forme importante et tardive consiste en conceptacles globuleux, sessiles, d'abord incolores, puis jaunes, bruns, et enfin d'un noir plus ou moins foncé, qui naissent, comme les deux premières sortes d'organes reproducteurs, des filaments du mycélium. Ils sont tous accompagnés, à la maturité, d'un plus ou moins grand nombre d'appendices filiformes, dont la forme, les dimensions et la position varient avec les espèces que l'on considère (fig. 386). Ils sont simples ou rameux, et se terminent souvent en bras, plusieurs fois dichotomes. Au sein des conceptacles on trouve des sacs, ou thèques^ en nombre variable, ordi-

nairement ovoïdes, flxés par un court onglet à la base du conceptacle. Le nombre des spores, assez constant pour chaque

Fig. 386. Troisième sorte d'appareil reproducteur d'un Érityphé (Gonceptacles).

espèce, varie de deux à huit. Les conceptacles s'ouvrent irrégulièrement pour laisser sortir les thèques ou spores.

Les Moisissures. — L'organisation des Moisissures a paru longtemps fort simple, parce qu'elle avait été imparfaitement observée. Aujourd'hui même encore, la connaissance de ces Champignons est peu avancée. On a pu s'assurer pourtant que quelques-uns sont doués d'un appareil reproducteur multiple.

Les Mucors sont les plus communes des Moisissures. Ils forment, sur les substances organiques en décomposition, de larges touffes cotonneuses: des vésicules, pleines de spores verdâtres, surmontent des pédicules très-allongés (flg. 387).

On a reconnu récemment que deux genres que Ton avait créés sous les noms d'AspergU^ lus et d^Eurotium, ne sont que deux modes différents et successifs de fructification : VAspergiUus appartient à la jeunesse de la plante, YEurotium à son état adulte.

Dans le redoutable parasite de la Pomme ^'8- s»?. Moisissure». de terrey qui appartient à la famille de Cliampignons qui nous occupe, on a, de même, signalé deux modes de fructification : l'un dans lequel les spores naissent nues à l'extrémité des filaments; l'autre, dans lequel ces spores sont contenues dans des vésicules volumineuses. Dans un mémoire assez récent, M^ de

Bar y, professeur à l'Université de Fribourg, en Brisgau, a fait connaître les phénomènes très-curieux de la germination des spores nues. Nous croyons utile de présenter ici un résumé de ces recherches, parce qu'elles concernent une plante dont le rôle fbneste a tenu longtemps en éveil l'attention publique.

Les spores, ou plutôt les prétendues spores nues du parasite de la Pomme de terre, ou Peronospera, présentent trois modes différents de germination. Elles germent d'abord en émettant des filaments simples ou ramifiés, qui possèdent la propriété de pénétrer dans les tissus de la Pomme de terre en perçant la paroi de ses cellules superficielles. La seconde forme de germination est caractérisée parla formation d'une spore secondaire. Du sommet de la spore sort un tube simple, qui acquiert en longueur deux ou plusieurs fois le grand diamètre de celle-ci ,

Fig. 888- Oermiaation des spores da pirasite de la Pomme de terre ( Peronotpera).

et se renfle en vésicule à son extrémité. Lorsque tout le contenu plastique de la spore est venu se renfermer dans cette vésicule terminale, elle s'isole du filament-germe par une cloison , et constitue une cellule distincte. Mais cette spore de deuxième ordre est le résultat d'un phénomène assez rare, et n'a, selon M. de Bary, qu'une importance secondaire.

Voici ce qui se passe quant au troisième mode de germination. La spore (fig. 388, A) se partage en un certain nombre de portions polyédriques (fig. 388, B) qui, au bout d'un certain temps, sortent les unes après les autres, par un pertuis arrondi (C), et constituent des zoospores, ovales, munies de deux cils inégaux, dont l'un, le plus court, est dirigé en avant dans la marche du corpuscule, et dont l'autre tratne après lui (fig. 388, D). Le mouvement de ces petits corps dure environ une demi-heure, et

s'éteint dans des cercles qu'ils ne décrivent plus qu'avec lenteur avant d'entrer en repos. Devenue immobile, la zoospore prend une forme régulièrement arrondie, et donne naissance par un côté à un tube-germe, ténu et courbé, qui s'allonge rapidement dans l'eau.

Si on sème les zoosporanges sur des portions de la plante nourricière, et que les circonstances soient favorables, les zoospores qui en procèdent s'appliquent et se fixent sur Tépiderme de ces fragments, donnent leurs germes accoutumés, et ceux-ci, après avoir rampé un instant au dehors, pénètrent dans les cellules épidermiques. Leur extrémité, ainsi engagée, acquiert aussitôt une épaisseur considérable, et s*accrott ensuite en un tube qui ressemble parfaitement aux filaments du mycélium adulte des Peranosporaj et s'insinue bientôt dans les profondeurs des tissus de la plante hospitalière.

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