‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 2 sur 106 · PRÉFACE, . IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE, . IX

le fond du ciel, tandis que des herbes taniques chargent les airs de leurs parfums. Sur ces mêmes montagnes, les forêts qui doivent alimenter les foyers de l’hiver, se mêlent aux pâturages

qui nourrissent le bétail. |

Au bord des mers croît une végétation particulière, qui emprunte ses caractères et son aspect au sol sablonneux des rivages.

L'inégale distribution de la chaleur et de l'humidité fait naître upe végétation qui dépend de ces conditions extérieures. Sous

mbrage et la fraîcheur, rampe la tribu, infiniment variée, des Cryptogames : les Mousses, les Champignons, les Fougères. Sous l’ardeur d’un climat tout à la fois humide et brûlant, croft et se développe le groupe précieux des Palmiers, des Bananiers, des Lataniers, présents inestimables de la nature, source de richesse et de bonheur pour les habitants des régions tropicales.

Ailleurs, sous les brûlantes latitudes de l’Afrique, ou dans les contrées équatoriales du Nouveau-Monde, de magnifiques et robustes Cactus font admirer leurs formes étranges dans les lieux découverts, tandis que dans les forêts vierges une masse serrée de végétaux de tout ordre s’entrelace en formant un impénétrable réseau.

Au fond des mers, des Algues, aux mille couleurs, cachent sous les vagues mobiles leurs rubans onduleux et l’enchevétrement de leur délicat feuillage.

Dans les fleuves et les rivières vit une autre population d’herbages, qui se dérobe à nos yeux, tandis que des nappes de verdure, les Nymphea, les Lemna, les Victoria regia, s’étalent mollement à la surface des eaux.

Voilà un tableau fort abrégé des spectacles divers que la végétation étale à nos regards.

C’est peut-être un élan de reconnaissance pour l’auteur de

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tant de merveilles, qui fait naître en nos âmes l'involontaire et puissante sympathie que les plantes nous'inspirent. Personne, en effet, ne saurait rester indifférent à l’aspect des tableaux que la végétation étale à nos yeux. Une plante, une fleur détachée de sa tige, suffisent pour remuer notre cœur, pour nous rappeler le sol natal, les joies évanouies ou les affections perdues. Nous comprenons le transport de sentiments qui fait que le sauvage arraché des bords de l'Orénoque embrasse en pleurant l'arbre de son pays, et les larmes qui coulaient des yeux de J. J. Rousseau à la seule vue d’une Pervenche.

Par suite, de cette sympathie naturelle, l'homme a toujours demandé aux plantes les symboles divers de ses sentiments et de ses affections. Chez tous les peuples, des tresses de feuillage couronnent le front du vainqueur, ou récompensent la vertu. De frais bouquets, des guirlandes gracieuses, président aux fêtes qui marquent les époques heureuses de notre vie. Des fleurs ont orné notre berceau et elles couvriront notre tombe. Des guirlandes de feuilles et de fleurs ont embelli nos fêtes, de noirs Cyprès ombrageront notre dernier asile.

Il ne faut donc pas être surpris que l'étude des plantes soit aussi ancienne que la civilisation. Les livres sacrés nous parlent d’une foule de plantes qui étaient cultivées ou révérées par les premiers hommes. Les anciens poëtes en ont tracé de gracieux tableaux ; Homère les a chantées sur la lyre. Combien d’autres ont célébré dans leurs vers le plaisir des champs, le charme des ombrages et les vertus des plantes! Hésiode, Théocrite, Lucrèce, Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Claudien, les ont décrites tour à tour. Dans la littérature moderne, les plantes ont bien souvent inspiré le génie des poëtes, qui se sont plu à en tracer les plus séduisantes peintures. Citons en exemple Le Tasse, J'Arioste, Métastase, Darwin, Pope, Thomson, Gessner, Rapin, Saint-Lambert, Parny, Delille, Roucher, Castel, J. J. Rousseau,

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Bernardin de Saint-Pierre, et, de nos jours, Victor Hugo et Lamartine.

Les plantes fournissent à tous les âges de la vie des distractions agréables ou des enseignements utiles.

L'enfance aime les fleurs; elle se plaît à les rechercher. Les fleurs font dans le jeune âge le charme des promenades champêtres; elles éveillent nos premières sensations. Nous saluons celles qui se rencontrent sous nos premiers pas, car notre Cœur nous dit qu’elles ne sauraient nous être indifféréntes.

Ce goût, naturel à la tendresse de l’enfance, ne s’affaiblit point dans la jeunesse. La simple culture d’un jardin procure au jeune homme des plaisirs sans cesse renaissants; c’est un fertile enseignement pour son esprit et son cœur. La jeune fille se plaît à retracer de son pinceau les formes capricieuses des fleurs, à imiter l’éclat brillant de leur coloris. Quel intérêt nouveau s'ajouterait à cette simple reproduction des lignes extérieures, si la jeune fille pouvait y joindre une connaissance exacte de ces végétaux élégants dont elle aime à retracer les contours!

Ces pures et délicates jouissances ne s'évanouissent pas avec l’âge mûr, comme les amusements stériles de la jeunesse : elles prennent une direction plus sérieuse. Pour peu que nous ayons porté notre attention sur le spectacle de la nature, ces productions que nous avons considérées dans le jeune âge, isolément et sans but particulier, nous offrent plus tard un intérêt que nous n'avions pas soupçonné. La végétation, prise dans son ensemble, revêt un caractère tout particulier de grandeur qui nous étonne. Nous apprenons à considérer les plantes dans leur généralité. Leurs harmonies naturelles, leurs rapports avec le reste des êtres vivants, leur commune origine, tout nous conduit à l’idée d’ün Dieu créateur. En contemplant les secrets et merveilleux ressorts qui régissent le mouvement et la vie, en

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