‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 45 sur 106 · SYSTÈME DE TOURNEFORT · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE TOURNEFORT

plantes dont les fleurs et les fruits ne sont pas apparents. Le Blé, l'Orge, le Riz appartenaient aux herbes apétalées et à étamines ; les Fougères, les Lichens, aux herbes apétalées sans fleurs, mais Pourvues de fruits ; les Mousses et les Champignons aux herbes apétalées sans fleurs ni fruits apparents.

Tournefort formait quatorze classes des herbes à fleurs pourvues de corolle. Les onze premières classes renfermaient les herbes à fleurs isolées et distinctes: les trois autres renfermaient les herbes à fleurs réunies pour constituer des fleurs composées. C'étaient les Flosculeuses, les Semi-flosculeuses, les Radiées (Soleil, Grande Marguerite).

Le tableau suivant, qui met sous les yeux le groupement fait par Tournefort, des herbes à fleurs simples, n’a pas besoin de tommentaire, car le lecteur connaît déjà la valeur des termes qui caractérisent les classes.

{ . Campaniformes....... Campanule.

GR. V Peur { Infundibuliformes. Tabac.

monopétale | \ Personnées. .......... Muflier. Irrégulière | Labiées.............. Sauge.

/ Cruciformes.......... Giroflée.

Rosacées............. Rose.

\ Régulière Ombellifères. ......... Angélique. Corolle - | Caryophyllées......... OŒillet.

polypétale | Liliacées. ............ Lis.

Papilionacées......... Pois.

.Irrégulière { Anomales............ Violette.

Il n’est pas inutile de faire remarquer que Tournefort a divisé chaque classe en un nombre plus ou moins considérable de sections, basées sur la composition, sur la consistance du fruit, sur quelques modifications particulières de la forme de la corolle, etc.

Tel est le premier système connu de classification des plantes. . Cette conception scientifique rencontra une grande faveur auprès des contemporains, en raison de sa simplicité. Cependant dans bien des cas ce système présentait de grandes difficultés d'application. La forme de la corolle n’est pas toujours si nettement appréciable qu’on puisse décider, d’après cette forme seule, à quelle classe appartient la plante examinée. Mais le plus grave

— Le M rm EN Gaih-œu)

défaut de ce système, c'est qu’il divisait le règne végétal en deux groupes qui, en réalité, n'existent pas : les plantes herbacées et les arbres. Cette division détruit les analogies naturelles, car la taille d’une plante n’a aucun rapport avec son organisation et sa structure.

Au reste, le nombre toujours croissant des espèces nouvelles inconnues au temps de Tournefort et que l'on ne tarda pas à découvrir, mit en évidence le défaut de ce mode de distribution. La plus grande partie des espèces végétales qui furent découvertes après Tournefort, ne purent entrer dans aucune de ses classes, et ce défaut, qui était visible pour tous les yeux, fit peu à peu tomber en défaveur le système du botaniste français.

Quarante ans après la publication du système de Tournefort parut celui de Linné. Ce nouveau mode de distribution des espèces végétales fut accueilli avec admiration; il régna sans partage jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, et de nos jours il conserve encore des partisans. En Allemagne, par exemple, plus d'un livre de botanique a toujours pour base le système de Linné, et bien des jardins d'école sont distribués d'après ses classes.

Le système de Linné repose sur la considération des organes de la fécondation, organes négligés jusque-là et dont les fonctions physiologiques, si longtemps ignorées, venaient, depuis peu, d’être mises en évidence. Linné introduisait, en même temps, dans la langue et la nomenclature botaniques une réforme admirable. Il définissait rigoureusement chacun des termes destinés à exprimer toutes les modifications d'organes employés comme caractères, et il réduisait le nom de toute plante à deux mots : le premier, substantif, désignant un genre ; le second, ad- | jectif, désignant une espèce de ce genre. Avant Linné, en effet, on faisait suivre le nom du genre d’une phrase tout entière, destinée . à caractériser l’espèce. À mesure que le nombre des espèces augmentait, les phrases s’allongeaient à perte de vue. C’est absolument la confusion qui s'introduirait dans la société et dans le langage, si au lieu de désigner, comme nous le faisons, chaque individu par un nom de famille et un nom de baptème, on sup- : primait le nom de baptème, pour y substituer l’énumération de plusieurs qualités distinctives de la personne; comme si par

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