M. LE PRINCE.— MADAME LA PRINCESSE.— DIVERS
MADAME LA PRINCESSE A M. LE DUC
Compiègne, 13 mai 1G46.
Mon cher fils, les asurances de vostre sauté et de vostre amitié pour moy feront le bonheur de ma vie; vous pouvés aisément crère que ma joie est bien grande d'estre asurée de l'un et de l'autre. M"" le duc d'Orléans ariva hier au soir et l'on dit qu'il partira vendredi pour aler à l'armée; le maréchal de Gramont creut qu'il lui fesoit la mine en arivant; néanmoins je crés que depuis cela s'est mieus passé; il vous en mandera ou dira les particularités, car il me dit seulement cela en passant. L'on dit asleure qu'asurément la Rêne ira à Amiens et que l'on poura partir lundi ou mardi, si ce n'est que la nouvelle que l'on a eue que le petit Monsieur avet la rougoUe diféràt le partemenl; mais les médecins mandent à la Rêne que ce mal n'est acompagné d'aucun movés acsident, Dieu merci, et qu'ils espèrent que dans deus
jours il sera quitte de peur, la rougoile estant for bien sortie. M' vostre père est de retour à Paris en for bonne santé; celle de vostre Gis se fortifie de jour en jour à ce que l'on me mande; vostre sœur se porle ausi for bien et son fils ausi. Voilà bien des nouvelles de vostre famille; pour moy, mon cher anfan, je ne me sorés mal porter pourveu que je vous sache en santé. Je prie Dieu qu'il vous bénisse et qu'il vous conserve.
Vous me donnés unejoye non pareille par les soins que vous avés de me donner de vos nouvelles; continués quand vous le pouvés, je vous en conjure (ie tout mon cœur.
Dites à Tourville qu'il me mande s'il a donné ordre à Juste de me donner vostre peinture; s'il ne l'a pas feit, dites luy qu'il luy mande.
M'"^ de Hohan est acouchée d'une fille. A. C.
MADAME LA PRINCESSE A M. LE l'RÎ.NCE.
1(3 mai 1G4G.
Mon cher cœur, j'ay dit à la Rêne que vous anvoyés ce Courier pour luy porter des nouvelles de Monsieur et pour l'asurer de son antière guérison ; Sa Majesté m'a commandé de vous an remersier de ^a part et du soin que vous an aviés eu; elle a gran joie et M' le Cardinal au>i de le savoir san fièvre et tout à feit hors de danger. Nous partons lundi pour aler à Amiens, où l'on ne sait pas sertènement quel séjour l'on fera; l'on dit pourtant que l'on n'y sera pas plus de huit ou dis jours; M'' le duc a'Orléans y doit ancore revenir voir la Rêne. Il ariva hier au soir des nouvelles de vostre fils, qui sera demin à Landresi ; le maréchal de Gi'amont partit hier pour Taler trouver. Il n^a rien de nouveau. J'ay bien de la joie de ce que le petit se fortifie; je prie Dieu qu'il le conserve et vous ausi A. C.
M. LE PRINCE A M. LE DUC
Chantilh', 22 mai 1646.
Mon ûls, j'ay receu la vostre du 19" may de Marie; je me resjouis infiniment de vostre bonne santé et qu'aies si bien réussi en vostre voiage et à Rheimset à la court. Je prie Dieu que tout le reste vous soit prospère; je l'espère, puisque vous le commancés par la dévotion de la sainte Vierge à Nostre Dame de Liesse. Je ne vous recommande rien durant vostre absance que l'honneur de Dieu, avec un exercice public de dévotion en vostre armée. Après tout, je ne songe qu'en vous et je vous aime plus que moi mesme, Vostre fils se porte asieuros très bien ; je supplie Nostre Seigneur de nous le conserver et de vous asseurer de mon absolue afection. . . .