LE BOSQUET DE BALGV A M. LE DUC
Fumes, 2ô septembre 1646 (analyse).
A fait partir les régiments anglais qui vont trouver S. A. La garnison restera sous les armes en attendant le régiment de Gramont. — N'a pas de bateaux. — Envoie 4 Espagnols à S. A. — Le bruit court que l'ennemi veut secourir Dunkerque. A Gand, le marquis de Castel-Rodrigo manda mi grand bailli de le venir trouver dans la citadelle; celui-ci ayant refusé, le marquis envoya 200 mousquetaires le prendre de force; mais 400 bourgeois prirent les armes et s'y opposèrent, rompirent les ponts entre la ville et la citadelle, et firent fondre ^2 canons dont ils se veulent servir pour défendre leur ville sans aucune communication avec la citadelle, et môme ont fait revue de leur bourgeoisie et se sont trouvés 18,000 hommes. — Noire cavalerie manque de fourrage; que faire? A. G.
Furnes, 26 septembre 1646.
V'ovcv la troysiesme par laquelle je donne avis à Vostre Altesse que Bec arriva hier soir près de Meuport avec douze régimans d'infanterie, qui ne font pas trois mille hommes. 11 a amené six canons, qui. comme l'infanterie, sont venus par eau. Il a aussy amené vint et cinq cornettes de cavallerie, qui ne font pas mille chevaux. Tout cela et ce qu'a le marquis de Carracène ont marché vers Donquerque et ont faict un passage sur le canal qui va d'icy là, de crainte que je ne donnasse avis à Vostre Altesse de ce que je pourray savoir. Ge que je luy mande de Bec m'a esté dict par deus soldats fransois qui viennent de les quitter et qui avoient esté pris à la pleine de Bruges. Je m'en vas anvoyer cavallerie et infanterie voir s'il i V. 31
a moyen de reprendre le passage du canal qu'ils ont faict, ou pour le moins le brusier ; au cas qu'on y réussisse, Monsieur de Bruja anvoyera an avertir Vostre Altesse au mesme temps ; je l'assure que. Dieu aydant, je feray mon devoir an tout et partout. ... A. C.
Fumes, l" octobre 1646.
Depuis que j'ay mandé à Vostre Altesse que l'armée des ennemis a campé antre Meuport et icy, au villaje an desçii des Dunes, je n'ay nulles nouvelles, et l'on voit des plus haus lieusd'icydes fumées à ce villaje là et quelques lentes, ce qui me faict croire qu'ils ne marchent pas. Je vous ay ranvoyé, par un coraissère de l'artillerie, qui a une jambe de bois, six Polonois qu'on a pris an allant le chemin de Nieuport. J'an ay ancores neuf icy qui an demandoient le chemin ; je lesay faict mettre en prizon, n'ozant anvoyer de convoy de crainte qu'il ne pust rentrer. Si l'on n'y prent bien irarde, les Polonois se débanderont et seront perdus, les uns ayant anvie de s'en aller, et les aultres, ne sçachant où ils vont, se feront prendre des ennemis. Je n'oze anvoyer à Vostre Altesse les batteaus de fouraje qui sont icy, que je sache si le chemin sera libre; il y an a huict à l'armée; si Vostre Altesse a le dessein d'an ranvoyer deus icy chargés de ce que me dict Vostre Altesse an partant, elle les fera garder, et au plus tost nous anvoyera un ingénieur pour ayder aux six aultres qu'elle m'a lessés.