‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 185 sur 236 · Renouard, enseigne aux gardes · texte numérisé non relu

Renouard, enseigne aux gardes

4. C'est le comte de Tourpe, fila cadet du maréchal d'Estrées.

a été donné pour Vassé et plusieurs capitaines des gardes; mais cela ne remédie pas au préjudice passé. Cependant, « grâce à ma diligence extraordinaire et à mes efforts, je le puis dire sans vanité », notre année a été rassemblée en quatre jours, presque aussi forte que celle des ennemis, ([ui croyaient, en quittant Bruxelles, neltoyer toute la Lys avant d'ouïr seulement parler de notre armée. Ils attaquèrent Armentières le -11, qui est le même jour que vous avez attaqué Lérida, et le siège dure encore. Du Plessis-Bellière s'y défend merveilleusement avec 2,000 hommes. Les pluies fatiguent l'ennemi. L'archiduc y est en personne, avec Beck, Lamboy. Piccolomini, Caracena, etc. — Notre armée est forte de 17 à 18,000 hommes. Ne pouvant forcer les retranchements ennemis, les maréchaux ont dessein de fondre brusquement sur Ypres. Cela montre que les ennemis ont mal choisi leur dessein.

En Piémont, l'ennemi a attaqué Nice de la Paille, très méchante place. Dans les commencements il faut un peu de patience; Renaudot disait après la prise de Porto-Longone : « Celui-là rit bien qui rit le dernier. »

Turenne sera aux environs de Tliionville le 12 ou 15 du mois prochain avec l'armée qu'il commande. — Le prince d'Orange n'a pu décider les Étals à le laisser entrer en campagne.

EmbaiTas pour le commandement de l'armée navale; ou hésite entre le comte d'Harcourt et le prince Mauiice de Savoie; demande conseil à M. le Prince. — Barcelone est mal gardée et Roses dépourvue; il en est en peine. — Est fâché contre son frère (Michel Mazarin, cardinal de S^* Cécile) qui est parti pour Rome avec un peu de précipitation. — Avis des ennemis que leur armée navale devait sortir de Cadix le 6 mai pour aller à Port-Mahon se joindre à l'escadre de Naples, ce qui leur fera 29 galères, 40 vaisseaux et 8 brûlots. Nos forces seront de 40 ou 42 vaisseaux, 21 galères et 10 brûlots. — Écrit au

comte d'Alais de faire passer, selon sa coutume annuelle, ôOO hommes du régiment de Provence en Catdlogne.

M. Li: PIUXCE A MAZAr.lX.

Camp devant Lérida, 29 mai IG-l".

Je vous envoie ce courier pour vour faire sçavoir l'eslat de nostre siège; nous en avons fort bonne espérance; vous en sçaurés le destail par M'' Le Teillier, à qui j'en envoie une relation; il vous dira aussy mes pensées touchent le gouvernement de la place; je croy que vous me ferés l'honneur de les approuver'. M"" le mareschal de Gramont s'est chargé de vous escrire de l'affaire de M'' de Broillion le jeune- et de W de Fabri', qui en ont usé touts deus fort respectueusement pour vous. Vous treuverés aussy bon, je m'asseure, que je me remette à M"" de Marca des atfaiies du dedens de la province et que je vous supplie de croire que je suis avec touttes les passions imaginables A. C.

Camp devant Lérida, 5 juin 1647.

Il y a deus jours que le pauvre chevalier de La Valière*, estent de garde à la tranchée, fut tué d'un coup de mousquet. Son gouvernement estent vacant et la place estent importeDte\ j'ay envoie le s" baron de Jameaus® dedens pour y

1. Ces premières lignes sont publiées dans les Mémoires de Lcnet, édition Michaud, p. 507.

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