‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 67 sur 236 · Voir t. IV. p. o · texte numérisé non relu

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de l'infanterie d'Espagne, — Glinchamp et Ligniville, lieutenants du duc Charles, — les chefs populaires et vaillants de la noblesse wallonne, princes de Ligne et de Chimay, comtes de Buquoy et de Saint-Waast-Zemberg^, — Léopold a sous ses ordres, outre les vieilles bandes des Pays-Bas, celles du Luxembourg et de M. de Lorraine. Déjà grossie par les recrues enrôlées dans l'électoral de Brandebourg et autres pays d'Allemagne, par l'achat de plusieurs régiments, son armée se rassemble; la Gueldre vient de lui fournir trois mille hommes de renfort, ce qui porte l'effectif disponible, pour entrer en campagne, à plus de vingtcinq mille combattants"-. Le général français doit donc s'attendre à quelque entreprise sérieuse et vivement menée par son adversaire. — Il exposa la situation sans obtenir de réponse précise; le cardinal passa outre. Le plan de Rantzau ne fut pas rejeté, mais modifié. On renonça au coup de

1. Liste des otliciers-généraux réunis en conseil le 16 mai à Lille. (L'archiduc au roi catholique, 26 mai. A. B.)

2. Au mois de janvier 1648, l'archiduc n'avait reçu encore ni les recrues ni les contingents attendus; il disposait déjà, pour la campagne, de vingt et un mille hommes, dont sept mille cavaliers. L'infanterie se composait de trois mille lorrains, onze régiments allemands, six espagnols, trois wallons, trois italiens, deux anglais, un irlandais, un bourguignon. Onze régiments wallons et deux cent soixante compagnies gardaient les places. A. B.)

main, et M. le Prince reçut l'ordre de faire le siège d'Ypres^

En voyant le beau contingent des gardes, il eut si*ëe et prise

d'Ypres,

un moment de joie : a Cette meschante armée va 1.3-20 mai.

bien changer » ; mais le dénùment des forteresses

le navrait : a Rien ne m'embarrasse icy tant que

la garde des places » ; il y revient plusieurs fois.

A grand'peine celles de l'Artois, Arras, Bétliune,

La Bassée, Saint- Venant, sont pourvues. Un corps

de cavalerie est confié à A'aubecourt avec mission

de secourir les forteresses attaquées. Ces premières

précautions prises, Condé se dérobe, revient sur

la Somme, rallie ses troupes; le 8, à Péronne, il

I. Mazarin à M. le Prince, 16, 17, 23, 30 avril, 5 mai. M. le Prince à Mazarin, 25, 29 avril. A. C. — Il estgénéralemenl admis que Paluau avait signalé le péril auquel l'entreprise d'Ypres exposait la place de Courtrai et que Condé ne tint aucun compte de ces observations. Les Mémoires de Giamont donnent môme le nom de celui qui, chargé de ce message, aurait proposé une combinaison trop extravagante à notre sens pour avoir été présentée • saisi d'un repentir tardif, inquiet pour sa place et désireux de faire ce siège, Paluau aurait demandé à marcher sur Vpres avec sa garnison et à être relevé par l'armée dans Courtrai C'est sur ce singulier amendement du projet que Mazarin aurait passé outre. Or il ressort des lettres visées ci-dessus que le messager désigné dans les Mémoires de Gramont, le s'' de Forlilesse, avait apporté les propositions de Paluau pour l'attaque d'Ypres et reporta les objections de M. le Prince. Le rôle que nous avons assigné à chacun dans la préparation de cette entreprise est surabondamment établi par la correspondance.

passe la revue de l'armée, la met en marche sur deux colonnes % et le 13, à cinq heures du matm, s'établit devant Ypres; Gramont avec la seconde colonne, Rantzau venant de Dunkerque, et Paluau de Courtrai, débouchent presque en même temps. Distances, itinéraires, passage de la Lys, traversée des watregans', tout avait été calculé avec tant de secret et de précision que, chacun arrivant à l'heure dite au point qui lui était assigné, Ypres se trouva presque instantanément investi \

La place était grande et fut jugée très forte,

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