M. le Prince à Mazarin ; 10 juin. A. G
2. « Les places desennemys sont deffendues par les bourgeois et par les garnisons. Dans les nostres, les bourgeois sont nos ennemis mortels. On n'a travaillé cet hiver en pas une de nos places du costé de la mer, si bien qu'elles ne se peuvent deffendre qu'à force d'hommes ; les ennemys n'espargnent rien pour fortifier les leurs, si bien qu'avec cinq cents
Tentative Sui' ces entrefaites, Raiitzau, qui pourtant se
(uluini. trouve ti'op faible dans Dunkerque, parle d'une
Rantzau , Condé . /-,,i^t •' -i^ii
et le cardinal, loutative sur Osteudo. 31azarin épouse aussitôt le projet; à l'entendre, cette entreprise réparera tout. Condé se soumet sans discuter, dégage sa responsabilité : (( Je ne vous parle pas de l'afTaire d'Ostende, puisque 31. de Rantzau s'en est chargé^ > ; et il fournit au gouverneur de Dunkerque tout ce que celui-ci avait demandé, officiers, troupes, matériel.
L'opération, médiocrement combinée, était préparée avec luxe; il fallait une grande exactitude; on manqua Theure de la marée; le jusant interrompit le débarquement; la mer devint grosse; quiconque toucha terre fut tué ou pris. Le maréchal put se sauver par miracle (1/i juin).
Cet accident ne dessilla pas les yeux de Mazarin; Rantzau possède l'oreille du ministre; ses fantaisies font loi. Inégal, sans suite, prêt à tout oser un jour, il tombe le lendemain dans
hommes ils peuvent mieus deffendre une place que nous avec quinze cents. » {Mémorandum du 4 juin. A. C.)
-). M. le Prince à Mazarin ; 4 juin. A. C. — Les divers récits et mémoires, qui presque tous se répètent, avancent que M. le Prince simula une attaque sur Dixmude pour faciliter l'entreprise d'Ostende. Rien de semblable n';ipparaît dans U correspondance. Au contraire, le 4 juin, M. le Prince, examinant la possibilité d'attaquer Dixmude, concluait à la négative.
l'abattement. A peine est -il rentré, étrillé et penaud, de son entreprise d'Ostende, qu'il se prépare à évacuer les positions fortifiées à grands frais, et dont l'organisation vient de retenir l'armée trois semaines. Cette fois la patience échappe à Condé : « 11 m'est difficile de servir avec plaisir en un lieu où je ne me vois que médiocrement obéy et quasy
point soulagé Je n'ay pas accoutumé d'écrii'e
de la sorte; mais quand on voit qu'on ne s'en peut empescher, il faut bien le faire pour sa descharge. J'ay donné à 31. de Rantzau, outre ses garnisons, l'élite de mon infanterie, Piémont, 3IoIondin, Watteville, Douglas et autres, huit régiments de cavalerie. Il est couvert par quatre mille hommes laissés à Ypres; et sans mesme m'en donmT avis, il veut abandonner le poste le plus considérable de Flandre, celui de Quénoque^ sans lequel Ypres ne peut subsister-, n
Irrité de cette lutte sourde, fatigué de suivre cet esprit mobile dans ses variations, il supplie le cardinal d'envoyer des ordres directs aux gouverneurs d'Ypres et de Dunkerque : « Je ne me mesleray plus du costé de la mer, si ce n'est
1. Caocke, ancien fort détruit, au confluent de i'Yperlée et de rVser; 15 kilom. nord-nord-ouest d Ypres, 14 kilom. sudest de Furnes, et 7 kilom. I, 2 sud-ouest de Dismude.