DES ÉTATS-UNIS DU SUD
marnes rougeâtres y sont subordonnés. Au nord-ouest , on trouve des collines de 30 à 100 mètres de hauteur composées de sable et de cailloux roulés plus anciens qui reposent sur des grès en bancs réguliers. On y remarque , sur les bords de la rivière de la Trinité, des couches considérables de lignite ayant encore conservé la structure du bois (1). D'autres bois dicotylédones, mais complètement siliciCés, sont enfouis dans des dépôts épais de sable, de gravier et de silex provenant de la craie du haut pays, et qui occupent les dépressions du sol , entre le Guadaloupe et le Rio- Colorado. Ils sont encore plus abondants, dit M. Fred. Roemer (2), • entre les rivières de la Trinité et du Muecès. A la pointe de la baie de Galveston et près de la ville de Houston , on trouve , à & et 6 mètres au-dessus de la mer, de grands dépôts de Gnathodon, coquille qui vit encore dans la baie même comme toutes celles qui lui sont associées. Les argiles et les sables qui constituent les bords du Brazos et de la plupart des autres rivières du pays sont quaternaires ainsi que les couches de graviers et de sables qui forment une large bande ou zone aride dirigée de TE. à VO, , sur une portion considérable du Texas. On coupe celte zone à angle droit lorsqu'on remonte le Colorado, de Colombus à Bastrop, ou le Guadaloupe, de Gonsales à Seguin. M. W. Hough (3) a découvert sur les bords du Brazos, près San-Filippe, une grande quantité d'ossements de bœuf, tapir, Mastodonte , éléphant , Orycterotherium? Dinotherium? etc. Les débris d'éléphant y dominent sur ceux de Mastodonte.
]\I. Carpenter Ux) a constaté, au pied de la falaise de Port-Hudson Louisiane,
/» . * X \ 1 , 1 :i Mississipi,
(Louisiane), que des souches encore en place, portant des traces de Aiabuma. hache et tout à fait aplaties, avaient été recouvertes par des éboulemcnts depuis un temps fort long , et qu'elles étaient passées à l'état de charbon tout à fait bitumineux. Sur d'autres points beaucoup de morceaux de bois enfouis dans une aMuvion ancienne étaient décomposés et devenus tellement mous, qu'ils tombaient en poussière sous la pression des doigts, état qui, d'après l'auteur, précéderait toujours la carbonisation ou le passage à l'état de charbon naturel.
M Riddell [Amer. Journ., vol. XXXVIl, p. 214).
(2) A Sketch, etc. Esquisse de la géologie du Texas. [Amer. Journ., «•sér., vol. II, p. 358. 4846.— /r/., /^/t/., vol. VI, p. 21. 4848.)
(3) L'Institut, 2 sept, et 23 nov. 4 846.—- y^wrr. Journ., 2* sér., vol. I,p. 244, 4 846.
(4) Amer.Journ., vol. XXXVI, p. 4 4 8, 4 839.
344 DÉPÔTS MARfNâ ET LACUSTRCS
Âu-dessus (les couches tertiaires inférieures de Vicksburg , de Grand-Gulf , de llodney et de Natcbez, vient uu puissaurdépôt de limon, d'une composition uniforme, d'environ 15 mètres d'épaisseur par place, et probablement beaucoup plus puissant sur d'autres points. Il est rempli de coquilles terrestres semblables à celles qui vivent encore eu abondance dans les endroits sujets à être recouverts par les eaux des lacs. {Hélix thyroïdes. H, ligera, H. concava, H. setosa, B. arboreayff.perspectiva, etc., Succinea ovalis, Belicina orbiculata). Parmi les coquilles lacustres, il y a une petite Cycladc et une Paludine. Ce limon , dont la surface est très ondulée , suit toutes les inflexions des collines , et est recouvert par 2 ou 3 mètres de terres diverses sans coquilles. Il n'y a point de gravier dans le limon , mais on y rencontre de nombreuses concrétions calcaires.
M. T. -A. Conrad (1) a remarqué que les coquilles terrestres, par suite de Télévalion annuelle des eaux, sont disposées, dans les déjiôts des lacs actuels, absolument comme dans le limon ancien. Dans les lacs abondent les Unio et les Paludines, représentés aussi par dos lits analogues dans les dépôts antérieurs dont toutes les espèces existent encore. Ces coquilles sont disséminées dans une terre noire, différente, par sa teinte et sa consistance , du limon avec coquilles terrestres, et placée aussi à un niveau beaucoup pins bas. On trouve cependant des couches d'Unio{U. cicatrisatm , U, quadrulm, Pdudina ponderosa) à 16 mètres au-dessus de la rivière. Le limon coquillier est d'ailleurs identique avec l'ailuvion du Mississipi , et l'auteur l'attribue à un ancien débordement du fleuve qui entraîna aussi les Mastodontes , les éléphants et les hippopotames fréquents dans le pays. La cause qui a élevé le dépôt tertiaire inférieur des bords du Mississipi a également émergé le limon, à une époque peu ancienne et en rapport avec la destruction des grands mammifères qui vivaient dans le nord de l'Amérique. Les caractères des coquilles prouvent que ce limon ne peut s'être déposé dans un lac , et le soulèvement du sol , dans une période aussi récente que celle des Mastodontes, doit être contemporain de celui des bancs à Gnathodon de la Floride , d'AIabama et de la Louisiane, des cayes de la Floride, des dépôts d'Huîtres dé la Virginie, du Maryland et du New-Jersey. A ce moment eut aussi lieu un changement de climat qui conûna les Gnathodon aux es-
(i) Amer. Journ., V sér., vol. II, p. 242. 4 846.
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tuaires du golfe de iMexico , et qui se latlache sans doute à la révolution qui détruisit le Mastodonte et ses gigantesques contemporains.
La grande plaine alluviale du Mississipi (1) est bornée, à l'est, par un plateau élevé de 60 mètres au-dessus de la rivière , et qui incline légèrement à TE. ou vers Tintérieur. Cette plate-forme se termine abruptement à Natchez par une ligne de falaises perpendiculaires dont la base est incessamment minée par le fleuve. Toute la coupe est composée de dépôts quaternaires. Les 20 mètres supérieurs constituent un lebm argileux , semblable à celui des bords du Rhin et renfermant des coquilles récentes; la base est composée de sable et de graviers sans fossiles , si ce u*est des bois siliciûés et des coraux provenant de roches anciennes. Les coquilles fluviatiles et terrestres qu'on y rencontre sont toutes des espèces vivantes dont M. Lycll a recueilli 20 espèces [Hélix ^ ffelicina, Pupa , Succinea , accompagnées ou remplacées accidentellement pardesLyninées, Planorbes, Physes et Cyclades). Dans le limon ou dans l'argile qui est au bas se trouvent encore des os. et même des sciueletles entiers de Mastodonte, de Megatherium, de Mylodon, Fquus, Bos, etc. Ces dépôts sont profondément ravinés^ et dans ces ravins les ébûulemenis qui se produisent mettent à découvert les débris de mammifères. C'est dans la portion éboulée d'un de ces ravins qu'un os humain a été découvert avec des os de quadrupèdes éteints; mais, comme le fait observer l'auteur , rien ne- prouve leur contemporanéité. A Yicksburg et ailleurs , le limon repose sur les couches tertiaires inférieures qui recouvrent à leur tour la formation crétacée.
Le golfe de Mexico est bordé , sur plusieurs centaines de milles , par un dépôt uniquement composé de Cyrena carolinensis avec quelques Rangia cyrenoides (Gnathodon). Entre Mobile (Alabama) et la Nouvelle-Orléans , de même que dans le voisinage de Frankelin ( Louisiane) , ce banc coquillier suit les contours des baies et se retrouve dans les iles nombreuses de Tembouchure du Mississipi (2).
Sur les côtes orientales de la Floride , il se forme des bancs fort Floride, étendus de coquilles brisées et agglutinées ensuite. L'île d'Ana-
(1) Ib., vol. m, p. 34 et 267. 4 847. -- Assoc. brit, 4 846. — The Athenœum , 26 sept. 4 846.
(2) Ch. Lyell. {Pmcecd. geol. Soc. of London , vol. IV, p. 36.