‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 71 sur 87 · MEXIQUE ET ANTILLES · texte numérisé non relu

MEXIQUE ET ANTILLES

Patolo , iM. Trioen (1) a trouvé des ossements et des dents de VElephas primigenius (2).

Dans rile de Sainte-Croix, au-dessous des conglomérats coquilliers de Tépoque actuelle [antè vol. I, p. 394), M. S. Hovay (3) signale des marnes et des grès calcarifères qui occupent la partie centrale de Tîle , puis un calcaire à polypiers dans la partie méridionale. Les uns et les autres , quoique très récents , ont cependant éprouvé des dérangements et inclinent dans diverses directions.

Un ensemble de couches argileuses que l'auteur nomme formation d'argile endurcie , puis des calcaires coquilliers modernes ou très peu anciens et des trapps, constituent en général les îles des Indes occidentales. Dans celle d'Antigoa {U) ces trois roches sont nettement limitées, et les calcaires que nous rapportons à Tépoque quaternaire occupent une étendue beaucoup plus considérable que les deux autres. Leur élévation est aussi moindre , ne dépassant pas 90 à 120 mètres. Ils se trouvent dans les parties nord et nord-est de Tîle , et leur composition est variable comme à Sainte-Croix. Souvent ils sont marneux et friables , ou bien solides et plus ou moins compactes. Ils passent à un grès calcarifère jaunâtre , à cassure terreuse , employé pour les constructions. Leur stratification est souvent peu distincte , et ils recouvrent transgressivement le terrain ancien. Les bancs sont le plus ordinairement horizontaux ou faiblement inclinés en divers sens.

(<) Bull, de VAcad. roy. de Bruxelles, vol. VIII, p. 298. 4 84<.

(2j On voit, d'après ce qui précède, que les débris de Mammouth {Elephas primigenius) ont été trouvés depuis les Iles-Britanniques, à travers toute la zone tempérée de l'Europe et de l'Asie, et sur toutes les côtes et les lies de la mer Glaciale , jusque dans les falaises glacées des côtes orientales du détroit de Behring, puis dans la baie d'Eschscholtz , dans l'Amérique russe par 66° lat. N., dans la plupart des États de l'Union , dans la grande vallée du Mississipi et sur les côtes du golfe du Mexique , c'est-à-dire dans une zone qui comprendrait toutes les terres émergées entre le 40* et le 73* lat. N. Plus au sud , sous les tropiques , on n'en a pas encore signalé. Est-ce encore à cette espèce qu'ont appartenu les débris signalés par M. de Humboldt sur le plateau de Quito et à Cumanacoa (Colombie j? {^oy. aux rég. équinox.^ vol. III, p. 83-84. — Voyez aussi , pour Tindication de documents plus anciens , Al. d'Orbigny, Coq, et Echin. fossiles de la Colombie^ recueillis par M. Boussingault, chap. I, p. 3, in-4. Paris, 1842.

(3| Amer. Journ,, vol. XXXV, p. 64. 4838.

(4) Ibid., p. 75. — T. Nugent, Transact, geai. Soe, ùf London, vol. V. — T. Nieholson , Antlgua almanach andregtiier^

aurif&rtt.

Les fossiles , presque toujours fort abondants, sont souvent à Tétat de moules calcaires ou siliceux. Des coquilles fluviatiles et terrestres se montrent parmi les espèces marines dont le plus grand nombre existe encore sur la côte ou dans les mers voisines. Sur ^1 espèces recueillies dans les couches correspondantes de la Barbade, 3 seulement ne vivent plus aujourd'hui dans cette partie de FAtlantiqne(l).

Quelques auteurs ont cité , d'après M. R.-H. Shomburgk , des blocs erratiques de granité dans la Guyane , mais nous n'avons trouvé dans les publications de ce savant voyageur (2) rien qui justifie cette assertion , et il est probable que ces blocs, s'ils existent , sont plutôt le résultat de la décomposition sur place d'une partie de la roche que celui d'un transport mécanique à une plus ou moins grande distance de leur origine.

§ 2. Brésil.

Des grès rouges secondaires, que M. Clanssen (3) nomme grès o^pAtt itacolumites , à cause de leur ressemblance avec le véritable ita- ^^^l^ columite subordonné aux schistes cristallins , ont occupé anciennement une grande surface au Brésil , mais ils ont été depuis dénudés en partie , et leurs débris, mêlés à ceux des autres terrains, constituent le dépôt erratique diamantifère. Ce dernier ne contient ni or ni platine. L'or que l'on rencontre dans le cascalho diamantifère du Serro do Frio provient de détritus du véritable itacolQmite , du sidérocriste , etc. Le dépôt diamantifère connu s'étend

(1) C'est par une erreur de mots que M. P. Duchassaing (a) a réuni , bous la dénomination de nouveau pliocène , synonyme de terrain quaternaire, des roches de la Guadeloupe qui appartiennent au terrain moderne , puisqu'elles se forment encore et que l'une d'elles, la roche à Galibis {b) , renferme les ossements humains connus depuis longtemps.

(2) Journ. of an expédition, etc. Journal d'une expédition de Pirara au Gorentyne supérieur et à Demerara. {Journ. roy, geographical Soc. of London f.\o\, XV, p. 1. 4 845.) — Leprieur, Bull,^ 2«sér., vol. Y, p. 254. 4 848.

(3) Bull, de l'Jcad. roy. de Bruxelles , vol. VIII, n* 5. — Voyez aussi : Denis, Gisement du diamant au Brésil. {L* Institut , n° 342, p. 240. — Jnn. des mines ^ 3® sér., vol. XIX, p. 602.) — Clemençon. [Ann. Soc. linn, de Lyon. 4 836.) — Lomonosoflf. {Compt. rend., vol. XVI, 2 janv. 4 843. — Bull., vol. XIV, p. 232 , Nota.)

{a) Bull., 2« sér.. roi. IV, t». 4004. 1847.

\b) Nom du peupla qui habitait l'île «Tant les Caraïbes et auquel ab eroit que les squelettes ont appartenu.

dans les provinces de Minas Geraës et de Saint-Paul , du 16® au 26^ degré lat. S. Lorsque les diamants disparaissent à cette dernière latitude , dans la province de Saint-Paul , on commence à trouver les schistes bitumineux qui contiennent la houille de la province de Sainte-Catherine.

Dans le nord de celle de Minas , le grès rouge est recouvert de calcaires rapportés à la formation jurassique et sur lesquels reposent des marnes gypseuses avec sel marin. Les diamants se trouvent dans les rivières , partout où les vallées ont été assez excavées pour atteindre le grès rouge. En 1839, on découvrit le diamant en place dans le psammite du Serro do Santo-Antonio de Grammagoa , montagne composée de couches puissantes de grès recouvrant une sorte de macigno du terrain de transition. Les diamants étaient empâtés dans le psammite; mais dans le grès itacolumite précédent on en rencontre quelquefois qui sont placés entre les feuillets du mica , comme les grenats dans le micaschiste. Les diamants de cette roche sont , dit-on , des octaèdres dont les arêtes sont arrondies , tandis que , dans le psammite , les cristaux sont intacts , ce qui pourrait faire supposer que la cause qui a changé le grès en itacolumite a pu arrondir les angles et les arêtes des cristaux.

Jusqu'alors on devait regarder le psammite rouge et le grès itacolumite secondaire comme les seuls gisements du diamant , gisements d*où provenaient tous ceux que l'on exploite dans le casccdho et le dépôt erratique ; mais on sait que , depuis , ce précieux minéral a été trouvé dans le véiûtable itacolumite subordonné au talcschiste et à des roches de quartz. Les mineurs brésiliens appellent groupiara les galets , le sable et les graviers constituant le diluvium proprement dit, qui occupe les lieux élevés où n'arrivent plus les eaux des rivières actuelles ; burgalho les petits fragments anguleux épars à la surfac3 du sol et provenant de la roche sous-jacente ; casccdho le sable et les galets mêlés d'argile dans le lit des rivières , des torrents et au fond des lacs ; tahoa-canga ou tapana/ioa-canga des dépôts semblables aux précédents , mais agglutinés par un ciment ferrugineux. Ces divers détritus diluviens ou alluviens sont d'autant plus riches en or ou en diamants qu'ils sont plus rapprochés des roches qui renferment ces substances. Ils sont susceptibles d'être exploités jusqu'à environ dix lieues de ces mêmes roches.

M. de Humboldi (1) a comparé les gisements métallifères de

(1) Asie centrale j vol. I, p. 500.

TOura] avec ceux du Brésil , où la destruction de couches chloriteuses et de brèches ferrugineuses a produit le dépôt meuble dans lequel on exploite Tor, les diamants et le platine. Dans TOural comme dans l'Altaï , on a vu que la presque totalité des éruptions métalliques avait eu lieu sur le versant orientai ; dans le nouveau monde , cette particularité se présente encore , et telle est la posi* tion des exploitations du Ghoco et du Mexique. Aux États-Unis , les lavages d*or sont sur le versant oriental des Alleghanys de Virginie (1 ) , des deux Carolines (2) . de la Pennsylvanie et de la Géorgie. Ce sont les sables des États-Unis qui , après ceux de Bornéo , ont produit les plus grosses pépites d'or. Les alluvions aurifères de l'île d'Haïti sont mélangéesde beaucoup de pyrites magnétiques (p. 527). Si l'on jette un coup d'oeil sur cette analogie dans les deux hémisphères (p. 539) et sur la distribution géographique des gisements de l'or dans l'ancien continent » on sera frappé , dit l'illustre savant, de la grandeur et de la généralité du phénomène qui s'étend par groupes diversement espacés, non seulement du N. au S» sur 8 degrés de latitude dans la chaîne méridienne de l'Oural , mais encore dans presque toute l'Asie boréale et une partie de l'Europe sur 80 degrés de longitude, depuis les monts Oudskoi, qui bordent la mer d'Okhotsk , jusqu'au méridien d'Artinsk, de Perm , etc., à l'ouest de l'Oural. On pourrait même le suivre plus loin en Europe , dans le centre et l'ouest , jusqu'en Espagne et en Portugal.

Les cavernes à ossements du Brésil sont comprises entre les ri- cavemet vières de Rio das Vêlas et de Paraopeba , dans la province de Minas osscmouu.

(1 ) La région aurifère des États-Unis , connue par les travaux des mines, s'étend de la Rappahammock (Virginie) à la Coosa (Alabama), dans la partie qui borde les montagnes Bleues. On en a trouvé des traces autour du golfe de Mexico et, au nord , dans le Vermont. La bande aurifère est formée de schistes talqueux et de granité , alternant avec des amphibolites, des gneiss et des schistes chloriteux dirigés N.-N.-E., S.-S.-O. La plus grande quantité d'or obtenue provient ^ lavage des dépôts de transport accumulés dans les vallées le long des ruisseaux et des ravins. (J. Dickson, Transact. geoL Soc, of Pennsylvania ^ août 4 834, p. 1. — Rapport de M. Andres, Ih,, p. K 47.) — Découverte d'un diamant en 1 846 dans le lavage d'or de la Caroline du Nord (comté de Rutherford) , où se trouve une roche semblable à l'itacolumite du Brésil. On en avait déjà trouvé dans le comté de Hall (Géorgie). — Amer, Journ.^ 2* sér., vol. II, p. 253.

(2) Jmer, Journ.y vol. XLVllI , p. 398. 4 845.

Geraës. Le pays forme un plateau élevé de 600 à 700 mètres au-dessus de rocéan et traversé par une chaîne calcaire basse. Les couches calcaires horizontales sont criblées de cavernes plus ou moins remplies de terre rouge semblable à celle qui constitue le sol du plateau. Celle-ci , qui s'étend également sur les plaines, les vallées et les collines , est une argile impure , ferrugineuse , passant quelquefois à un minerai de fer pisolithique et renfermant des lits de gravier et de cailloux de quartz. Les ossements gisent pêle-mêle dans cette terre des cavernes , et M. Lund (1) pense que quelques uns de ces animaux peuvent y avoir vécu et d'autres y avoir été entraînés ou bien y être tombés par accident. Quant à Tâge du calcaire où se trouvent les grottes , il se borne à signaler sa ressemblance avec le zechstein » tandis que M. Glaussen (2) le rapporte au terrain de transition.

Ce dernier naturaliste a fait remarquer que la couche de limon était quelquefois recouverte de stalagmites , et dans une de ces cavernes il a compté jusqu'à sept couches d'ossements séparées par

(1) Extrait d'une lettre écrite de Lagoa^Santa , 6 nov. 4 838. — Cornpt, rend., vol. VIII, p. 570. 15 avril 1839. — Mémoire adressé à la Soc, des sciences de Copenhague et imprimé en 4 838. — Traduit dans plusieurs numéros du Magaz, nat, History, vol. IV, 1 840.

— Jnn. des se, nat.^ vol. II , p. 205 à 21 4. 1 839. — Lettre datée de Lagoa, 1" avril 1840. Ib,, vol. XIII , p. 310. — Rapport de M. A, Wagner sur le mémoire de M, Lund^ concernant les mammifères vivants et fossiles du Brésil. [Arch. fiir Naturges. de PFiegman, 9* année, vol. I. 1843). — Blik paa Brasi liens Dyreverden, etc. Coup d'œil sur la faune du Brésil avant la dernière révolution du globe, in-4, 12 pi. Copenhague, 1 838. — Tidsskf. Naturvid. deKrœyeryyoi.m, p. 85. 1840; /^., p. 700.— /y/.v, 1841, p. 686. — • Addenda , dans le résumé des travaux de la Société roy. des se. de Danemark pour 1841. — Ann. des se. nat., vol. X. p. 356. 1842. — Nouvelles espèces fossiles d'Armadilles et de Paresseux, et sur le Platignathus. (Tidssk f. Naturvid. de Krœyer, vol. III, p. 583. 1841.)— Overs. over d. k. Dansk. vid, selsk forh. 4844.

— Les animaux carnivores de l'époque primordiale et de l'époque actuelle du Brésil. ( Overs, over det kongl. Dansk. vidensk. selsk forh, d'Oersted pour 1842.) — Zyw,1843, p. 815. — Surlesoshumains, etc. [Neu. Jahrb., 1843, p. 710.) — Réclamation contre M. Claussen, [Ib., 1843, p. 785.) — H. de Meyer, Sur les singes fossiles trouvés dans les cavernes du Brésil et les couches tertiaires de l'Allemagne , de la France , de la Grèce et de VlndLe. (Neu. Jahrb., 1840, p. 582.)

(2) Bull. del'Acad. de Bruxelles , vol. VIII, n* 6.

aulaiit de couches de calcaire concrélionné. Des coquilles fluviatiles et terrestres, qui paraissent identiques avec celles qui vivent dans le pays , se rencontrent encore dans la terre rouge. Sur un seul point M. Claussen a recueilli des fragments de poteries couverts d^une couche mince de stalagmite et placés au milieu d*os de Platyonyx Cwî^îm parfaitement conservés, et sans que le sol environnant parût avoir été remué.

Les recherches de MM. Lund et Claussen ontfait connaître, dans cette faune anté-diluvienne du Brésil , 101 espèces de mammifères réparties dans 50 genres , et , pour donner une idée de l'importance scientifique de cette découverte , nous dirons quelques mots des ordres , des familles et des genres auxquels ces animaux appartiennent.

EoENTATA. — Mirmecophaga gigantea,

Effodientia. — 2 Basypus.i Xenurus^ 1 Euryodon, 1 Heterodon, 2 Chlamydotherium^ 3 Hoplophorus et 1 Pachytherium.

Bradypoda. — Le groupe des Tatous précédents conduit à la famille des Paresseux , qui , à Tépoque dont nous nous occupons , jouait dans ces contrées un rôle très important par le nombre et la variété de ses formes ainsi que par la grande taille des espèces. 1 Megatherium , 6 Platyonyx, ^Megalonyx, 1 Sphenodon. La famille des Fourmiliers , celle des Tatous et celle des Paresseux, qui , aujourd'hui , sont propres à T Amérique, s*y trouvaient aussi exclusivement à Tépoque quaternaire , car aucune espèce n'a encore été signalée dans les dépôts diluviens des autres pays. L'ordre des Édentés était alors plus nombreux en espèces qu'il ne l'est actuellement.

Pachydermata. — Comme les précédentes, cette famille avait aussi plus de représentants qu'à présent. C'étaient 2 Tapirs , 5 Dicotyles, 1 Mastodon, llEquus.

RUMINANTIA. — On ne connaît dans le pays que le genre Cerf qui y vit encore. On y compte 7 espèces fossiles : 1 Antilope, 2 Auchenia , 2 Leplotherium et 2 Cerfs.

Ferj:. — 5 Felis , 2 Canis, 1 CynailuruSy 1 Mephilh^ 1 Gorlictis , 1 Nasua , i Speothos , 1 Hyène {H, neogœa) , avec des débris de Pacas , d'Agoutis , de Pécari , etc.

Marsupialia. — 7 espèces de Didelphis,

Glires. — Les rongeurs étaient également fort abondants. On en

compte 32 espèces , dont plusieurs appartiennent à des

genres nouveaox.

Dans les familles précédentes , les genres et les espèces

étaient plus nombreux qu'actuellement ; mais il n'en est

pas de même des deux suivantes.

CH£»optera. — Ossements comparativement assez rares , ce qui

peut être dû à des circonstances indépendantes de leur

nombre : 3 genres et 7 espèces.

SlML£. — U Genres (2 Jacchus , 1 Cibus , 1 Cdlithrix , 1 Proto-

pitkecus.

Ainsi cette partie de la zone torride ofirait une création animale plus riche , plus variée et plus gigantesque que celle qui l'occupe aujourd'hui , et l'Amérique du Sud nourrissait les mêmes formes qui la caractérisent encore ; mais les espèces , à une seule exception près (Loncheres elegans), paraissent être différentes.

Relativement aux ossements de cheval , le même naturaliste a fait remarquer qu'on en avait signalé à l'état fossile dans l'Amérique du Nord comme dans l'Uruguay, et qu'ainsi ce genre avait existé en même temps sous toutes les latitudes du nouveau monde , d'où il disparut complètement pour s'y montrer de nouveau sous les auspices et par l'influence de l'homme. Outre les débris de mammifères dont nous venons de parler, M. Lund a recueilli beaucoup d'oiseaux , entre autres deux espèces d'Autruche, dont une plus grande que l'espèce vivante ; puis quelques serpents, plusieurs sauriens ( Monitors , crocodiles ) , de nombreux batraciens , une grande quantité de coquilles fluviatiles et terrestres , enfin des animaux articulés tels que des Jules, des Polymères, etc.

Nous avons parlé plusieurs fois de l'incertitude où les observations géologiques nous laissaient encore sur l'époque de l'apparition de l'homme, et nous avons indiqué {antè , p. 1) quelques publications où se trouvent rassemblés, quoiqu'à des points de vue différents , la plupart des faits qui se rattachent à cette question. Les circonstances heureuses dans lesquelles s'est trouvé M. Lund, l'ont engagé à diriger aussi ses recherches sur ce sujet , et il en a fait connaître les résultats en 18/(5(1).

(I) Comjjt, rend., vol. XX, p. 4368. 4845. — L'Institut^ 7 ma

Après avoir examiné plus de $00 cavernes , il n'a trouvé d'ossements humains que dans 6 d'entre elles , et il n'y en a qu'une seule où il ait remarqué, à côté des restes humains, des os d'animaux d'espèces soit éteintes, soit encore existantes. Ce fait, quoique unique, le porte à admettre que l'homme remonte au-delà des temps historiques et que la race qui vivait dans le pays à l'époque la plus reculée était , quant à son type général , la même que celle qui rhabitait encore au temps de la découverte par les Européens. Cette race était remarquable par la conformation du front , semblable à celle des figures sculptées qu'on retrouve dans les anciens monuments du Mexique (1).

Les os humains étaient absolument dans le même état que ceux des animaux j-oit d'espèces perdues , soit d'espèces existantes au milieu desquels ils se trouvaient , entre autres des os de cheval identique avec l'espèce actuelle qui , comme on vient de le dire , était inconnue aux habitants lors de la conquête. Les anciens crânes humains observés dans diverses parties de l'Europe offrent la même dépression frontale que les crânes fossiles du Brésil , et la conformation particulière des incisives du type américain , c'està-dire une surface plane broyante analogue à celle des molaires , se montre également dans les têtes des anciens Égyptiens (2). Les haches en pierre des cavernes du Brésil sont, en outre,

1845. — Bull. (Ida Soc. de géographie ^ 3" sér., vol. III, p. 250. 4 845. — Edinb. ncw phiL Journ, vol. XXXI, p. 4 92. -- Tbid., vol. XXXVl, p. 38. 4 844. — The Athenœum , 4 3 mars 4 844. — L'Institut, 6 oct. 4 842.

i\) Edinb. ncivphil. Journ., vol. XXXI et XXXVI. 1844.

(2) « Les têtes que l'on a découvertes dans diverses localités de » l'Allemagne n'ont rien de commun avec celles des habitants actuels » de cette contrée. Leur conformation est remarquable on ce qu'elle a offre un aplatissement considérable du front , semblable à celui qui » existe chez tous les sauvages qui ont adopté la coutume de com- D primer cette partie de la tête. Ainsi certains crânes, et ceux, par » exemple, trouvés dans les environs de Baden en Autriche, ont » offert de grandes analogies avec ceux des races africaines ou » nègres, tandis que ceux des bords du Rhin et du Danube ontpré- » sente d'assez grandes ressemblances avec les crânes des Caraïbes » ou avec ceux des anciens habitants du Chili et du Pérou. » M. Marcel de Serres [a) conclut que cette race d'hommes est antérieure aux temps historiques, et qu'elle est au moins contemporaine de la dispersion des détritus diluviens.

(i) Essai sur tes cat^ernes à ossements , p. 223, in-8, 3e cd, Paris, 1838.

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