TERRAIN QUATERNAIRE DE L'AUSTRALIE
Cette partie du globe, par son grand éloignement des autres continents, offre un intérêt tout particulier, et s'il reste encore beaucoup à faire pour connaître son intérieur, même géographiquement, les recherches entreprises sur presque toute l'étendue de sa région orientale ont apporté dans la science des observations précieuses.
M. T. L. Mitcheli (1) et d'autres voyageurs que nous aurons occasion de citer ont jeté quelque lumière sur h constitution géologique de cette portion du continent australien ; mais on ne trouve dans leurs relations que bien peu de faits qui se rattachent au sujet dont nous nous occupons en ce moment. M. P. E. de Strzelecki, dans sa description physique de la Nouvelle Galles du Sud (2), a comblé une partie de cette lacune importante. Il a réuni dans sa quatrième époque : 1° les matières meubles, 2° les plages soulevées, 3** les brèches osseuses , &• les débris accumulés dans les vallées.
Les matériaux meubles sont des sables , des graviers et des fragments de roche renfermant de nombreuses espèces minérales , le tout épars à la surface de la Nouvelle-Galles du Sud comme sur • celle de la Terre de Van-Diemen, et paraissant indiquer que ces terres, avant d'avoir été émergées, avaient été graduellement élevées et exposées à l'action destructive d'eaux peu profondes.
(i) Three expéditions y etc. Trois expéditions dans l'intérieur de l'Australie orientale, etc., 2 vol. in-8 , avec planches. Londres,
(2) Physical description of new South iVales , etc. Description physique de la Nouvelle-Galles du Sud et de la Terre de Van-Diemen, in-8 , avec carte, planches de coupes et de fossiles. Londres, 4 845. — Quart. Journ,g€ol. Soc, ojLondon^ vol. I , p. 558. — J.-B. Jukes, Sketch of the geolpgical structure oj Australia. (JRep. 4 6^** Meet. brit. Assoc, at Southampton^ 4 846 (Londres, 4 847), p. 60 des Notices.)
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Les plages soulevées sont disposées à de grands intervalles le long des côtes actuelles des deux colonies. Elles sont formées de bancs horizontaux , placés à diverses hauteurs au-dessus de la mer et paraissant avoir été élevés à des époques différentes. La plage soulevée au lac King , à 21 mètres au-dessus de la mer, est composée d'argile endurcie, rougeâtre et calcarifère, qui renferme des Huîtres et des Anomies différentes de celles du rivage, tandis que sur la côte méridionale , entre le cap Littrop et la baie de Portland, il y a des coquilles d'espèces vivantes empâtées dans une roche grise. L'île Yerie , dans le détroit de Bass , est formée de coquilles réduites en fragments , et s'élevant à 30 mètres audessus de l'eau. Il en est de même de la pointe sud-est de l'île Flinders. A 10 milles au sud du cap Grimm et sur la côte occidentale de la Terre de Van-Diemen, on trouve également des portions de plages soulevées, semblables à celles du détroit. M. G. Frankland (1) pense aussi que le niveau relatif de la mer et des terres a sensiblement changé à une époque peu ancienne.
Les brèches osseuses sont des accumulations dans des fentes, et dont la plus remarquable est celle de la vallée de Wellington. Leurs caractères sont d'ailleurs les mêmes que ceux des brèches osseuses de l'Europe. Les grottes de Wellington montrent que des révolutions ont eu lieu dans ce pays comme dans d'autres parties du globe , et probablement à la même époque , et l'on y trouve les ossements des mammifères terrestres qui peuplèrent d'abord le continent australien.
Parmi les débris accumulés dans les vallées , M. de Strzelecki signale les bois fossiles de Dart-Brook et du lac Saint-Georges, dans la Nouvelle- Galles du Sud, où les fragments sont imparfaitement pétrifiés. Dans quelques localités , comme dans la vallée de Derwent (Terre de Van-Diemen ) , il y a des. troncs d'arbres tout à fait opalisés , enveloppés dans un basalte scoriacé et dans un conglomérat trachytique. Des accumulations de fragments basaltiques, de cailloux de diverses roches, confusément mêlés, formaient vers le fond de cette même vallée une sorte de barrière qui a été rompue ensuite. Nous reviendrons d'ailleurs sur les bois fossiles si communs dans l'Australie, et dont, à l'exception des conifères provenant du terrain houiller, nous ne pouvons fixer l'âge avec certitude , non
(4) Proceed. geoL Soc. qf London, vol. II, p. 44 5.
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plus que celui des calcaires à Hélices d*Hobart-Town , sans doute très récents.
Est-ce à répoque quaternaire que Ton dtvra rapporter Témersion des plaines immenses de sable et de cailloux , privées d'eau , mais parsemées çà et là de buttes sablonneuses, que IM. Sturt (1) a parcourues en 1845, en pénétrant à travers le continent australien jusqu'à un point situé par 138" longitude et 24° 40' de latitude? Il serait sans doute aussi prématuré de se prononcer à ce sujet que sur l'émersion de certaines parties basses du continent africain et des dépressions du désert de Gobi, dans la Tartarie chinoise. Quoiqu'il n'y signale aucun débris marin, l'intrépide voyageur nous dépeint celte contrée comme ayant été entièrement sous l'eau, et son niveau ne paraît pas être aujourd'hui sensiblement au-dessus de celui de l'Océan. Les plantes qui y croissent sont de celles qui vivent dans le voisinage des eaux salées ou saumâtres. On n'y trouve point d'arbres fort âgés ni très grands, et M. Sturt est incertain si les chaînes de collines sablonneuses ont été formées par les vents ou bien par un effet du retrait de la mer. Ce désert , jonché de pierres , ressemble au lit d'un immense coiirant , et cette région, qui paraît se prolonger au nord vers le golfe de Garpentarie , est sans aucun doute la partie la plus basse du continent. M. Leichardt a entrepris en 1847 un autre voyage, pendant lequel il a dû longer au nord le désert dont nous venons de parler pour se diriger ensuite vers la côte occidentale.
Déjà M. R. Owen , dans un appendice à l'ouvrage de M. Mitchell , Paiéomoiogie. avait décrit les fossiles recueillis dans les cavernes de la vallée de "Wellington , et établi qu'à une époque , qui paraît correspondre à celle dont nous nous occupons , il avait existé dans l'Australie des espèces de 'Wombal [Phascolomys] , de Potoroo {Hypsiprymnm)^ de Phalanger (Phalangista) , de Kanguroo ( Macropus) et de Dasyure, dont aucune ne pouvait être rapportée aux espèces vivantes de ces genres , tandis que quelques espèces éteintes , telles que le Macropus titan et le Macropus atlas dépassaient de beaucoup les plus grands Kanguroos connus, et qu'il en était de même des Dasyures.
Le Mastodon australis trouvé dans une caverne par M. de Strzelecki est le seul fossile de la classe des mammifères appartenant à * un genre qui ne soit pas exclusivement propre au pays (2). Ge
U) Le journal ie Constitutionnel ^ 15 déc. 1847. (2) On tlie discovery^ etc. Sur la découverte de débris de Masto- II. 27