NAPUTE, PÉTROLE, SALSES, ETC
rature, des amas de houïlle, parce qu'elles n'auraient pu se perpétuer sans s’affaiblie pendant un si grand nombre de siècles, Pour alimenter les seules sources de Zante, par exemple, depuis le temps d'Hérodote , il n'eût pas fallu moins de 174,000,000 quintaux de houille; et comme leur écoulement est sans doute de beau: coup antérieur à cet historien , toutes les mines de houille d'Angle- ‘êrre réunies n'auraient pu suffire à alimenter, par leur distillation lente, les seules sources de cette île.
Plus tard, s'appuyant sur la relation du voyage de M. Lenz à .
Bakou , M. Virlet (1) y a trouvé un nouvel argument dans le développement que les phénomènes bitumineux y manifestent de temps immémorial, et à l'alimentation desquels toutes les houilles du globe n'auraient pu suflire. Enfin , il rapporte des passages d'anciens auteurs qui indiqueraient qu'il y a eu, à différentes époques, dans la mer Morte, des éruplions sous-marines accompagnées de dégagements de gaz hydrosulfurique et d'asphalte. - M. G. Bianconi, dans l'excellent travail dont nous avons déjà parlé (2), a réuni tout ce que l’on sait jusqu'à présent à ce sujet. 11 à fait remarquer d'abord que les émanations où éruptions wccasionnées par le gaz hydrogène ne produisent aucun changement dans Jes roches d'où elles proviennent ni dans celles qu’elles traversent , ct ensuite que ces divers produits hydrogénés se trouwent réunis par groupes plus où moins nombreux. Cette circonstance établirait donc déjà que, sous ces divers lieux, plus que sous tous les autres, il existe une cause efficiente propre à développer Y'hydrogène , et que les conditions géologiques de ces localités doivent être prises en considération pour arriver à connaître le terrain dans lequel git la cause du phénomène.
L'Europe paraît être jusqu'à présent la partie du globe où l'on “connaît le plus grand nombre d'émanations de gaz hydrogène. "Ainsi, la Sicile; l'Apennin et la Crimée y constituent trois groupes “remarquables où se trouvent réunis les volcans boueux , les fon- »taines ardentes , les sources gazeuses , bitumineuses , etc. ; puis on
es retrouve sur les deux rives opposées de la Caspienne, dans la Natolie , la Perse , la Chine, le Japon , à Timor, à Java, etc, ; mais - dans tout le continent américain et les îles qui en dépendent , ex-
| (a) Bull, vol, IV, p. 372, 1894. - Historia: maturale, ete. Histoire naturelle des terrains ardents, aic., in-8. Bologne, (840.}
NAPHTE, PÉTROLE, SALSES, ETC. 423 mais qu'il passe à l'état Muide et gazeux , à mesure que la pression diminue,
Cela posé, M, Bianconi conçoit que, si en pénétrant par les fissures des couches qui entourent la masse de sel un courant d'eau vient à l'atiaquer et à en dissoudre une partie, le gaz inflammable, mis en liberté, s'élèvera à travers les fissures des couchies supérieures, et, arrivé à la surface du sol, se dispersera sans effet dans l'atmosphère ; on formera des bouillons dans l'eau des ruisseaux et des marais, ou bien s'enflammera en se mêlant à l'air aumosphérique lorsqu'on en approchera une lumière. 11 brûlera alors d'une ma mière constante et uniforme, parce que sa source sera constante et parce que les ouvertures , toujours les inêmes , laisseront passer un égal courant de gaz. Si, par des conditions hydrostatiques, l'eau qui a dissous le sel, ou bien une autre rencontrée par le gaz, est forcée de remonter avec lui à la surface, on aura les sources ga-
… zenses inflammables, tumultueuses ou tranquilles, suivant la nature
des couches qu'elles traverseront. Si la dissolution s'opère en grand
etque les couches supérieures soient imperméables à l'eau et aux
gaz, il se formera des amas de substances gazeuses plus ou inoins
considérables , et, en perçant le sol, on obtiendra les résultats si- Chine, dans l'état de New-York et ailleurs.
En supposant le banc de sel recouvert d'une couche d'argile comune cela en effet a souvent lieu, l'eau qui dissout le sel et qui remonte à la surface avec le gaz délayera une partie de ces argiles
: s'accroîtront par le gonflement que leur fait éprouver l'humi-
‘et elles arriveront au jour à l'état de boues salifères, produisant, én se desséchant ensuite, les petits cônes qui caractérisent les volcans boueux. Enfin, la suppression mementanée de ces effets et leur redoublement par une explosion plus où moins forte , les flamnes accidentelles des salses ; le soulèvement de certaines îles , les secousses du sol et les abaissements ou enfoncements qui se mamifestent, par suite de la dissolution des bancs de sel, sont successiwement l'objet d'explications particulières données par M. Bianconi,
Passant ensuite à l'influence que les saisons exercent sur le phémomène , il fait voir pourquoi les flammes des fontaines ardentes augmentent à l'approche de la pluie , pourquoi les filets d'eau gazeuse sont plus abondants dans la même circonstance , pourquoi les bouillonnements et les volcans boueux st ressentent des changemenis almosphériques , pourquoi enfin le grisou lui-même est plus dangereux pendant les temps d'orage. Ces influences ne sont