‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 3)Chapitre 76 sur 100 · L'ETNA · texte numérisé non relu

L'ETNA

d'assises parfaîtement régulières, formées alternativement de roches de fusion et de matières fragmentaires pulvérulentes , les unes et les autres de composition identique. L'épaisseur de ces assises varie de 0,50 à plusieurs mètres, mais elle esten moyenne d'un peu moins de 2 mètres, De leur étude attentive on peut conclure que Jaumatière qui la compose est sortie de terre à un état de fluidité parfaite qui lui a perinis de s'étendre en nappe mince, et qu'elle s'est ensuite solidifiée sans aucun mouvement, Les strates forment souvent des ondulations et des plis comme les dépôts sédimentaires des grandes chaînes, mais leur parallélisme persiste toujours sur deshiauteurs qui atteignent jusqu'à 1,000 mètres ; « en sorte, dit # M. de Beaumont ; que le caractère le plus général et le plus con- » cluant de ces nombreuses assises de matières fondues et de mamières fragmentaires , qui alternent pour former le noyau de la “gibbosité centrale de l'Etua , m'a paru consister en ce qu'el/es « sont sujettes à s'infléchir toutes ensemble en passant dans pl- -=sivurs directions diverses, d'une position à peu près horizontale s dune inclinaison de 25 à 80°, sans que leur structure nè leur » épaisseur en soient altérées d'une manière constante (p, 131). » … Ces assises sont en outre coupées par un grand nombre de filons, tamôt perpendiculaires , tantôt obliques ; et composés d'une roche analogue à celle des couches traversées. Ce ne sont d'ailleurs que des fentes remplies qui paraissent se diriger E.-N.-E. , et qui par conséquent ne convergeraient pas vers un Centre COMBUN, comme des fissures actuelles; d’où l'on pourrait présumer qu'il n'y avait pas alors de centre d'éruption fixe et déterminé. - Les parois du Val-del-Bove offrant des escarpements où la roche est coupée à vif, le cirque paraît devoir son existence à l'enlèvement d'une masse énorme de matières qui l'occupait, et l'auteur fait voir que cette disposition ne peut être attribuée à l'action des “agents atmosphériques , ni à celle d'un diluvium , ni enfin être le “resté d’un ancien cratère. Il est ainsi conduit à regarder le Val-del- Bove comme indiquant une graude convulsion à laquelle aurait été soumise la masse des déjections anciennes. Plusieurs géolognes ont Attribué cette cavité à un effondrement tel que celui de Java, de Quito, etc; mais M. de Beaumont fait remarquer que dans ces woleans , sujets à des enfoncements , il n'ya jamais de coulées de lave; ce sont seulement des substances gazeuses qui s'en échappent, puis des cendres et des scories.

L’Etna moderne , au contraire , vomit des laves à chaque érup-

LETNA 597

= M: de Beaumont explique ensuite Les diverses causes auxquelles sont dus les éboulements et la disposition des prod

l'action d'un courant

8" onfin les talus de balancemont résultant des matières inco- … “hérentes que stratifie le balancement d'une grande masse d'eau. + Les deux premières sortes de talus concourent à peu près seales Al formation des montagnes volcaniques. Les talus d'éboulement font en général avec l'horizon dles angles de moins de 42°, ut il en est de même de ceux formés par les neiges. Ils varient d'ailleurs «suivant une infnité. de circonstances { p. 161). Ceux du Val-del- | Horeu’ont-pas pu être déposés sous les caux, à moins qu'on n'ad- LR or ae pe pen vl ils sont de moins de 10”.

… L'examen de ce qui se passe dans l'xccemulion des maires maulcousticuent les salas permet d'apprécier ce qu'a. de remar-

les assises de matières fragmentaires qui se dessinent dans lesescar- En outre , si les assises de fragments qui “entrent dans la composition de la gibbosité centrale offrent des pentes eurvilignes, elles s'éloignent done des pentes rectilignes qui se produisent. journellement sûr les flancs des volcans, ek elles se

| rer ment étaol mp Ne Pr ulé-

Drieurs,

"Les assises | Fa terres foudues terres prie auiformés et-parallèles, dans le Val-del-Bove, que celles de matières … ineohérentes , et c'est précisément ce qui n'a pas lieu de nos jours dans les masses en fusion qui se répondent sur les flancs des volcan Ondes voit s'amincir dans des parties très inclinée et se renfer

dans celles qui le sont moins. TE EU 6" L'uniformité des couches de matières fondues dans La grande

L'ETNA. 529 faibles, inférieures à celles sur lesquelles se forment les cheires actuelles.

Les couches inclinées sont donc celles dont la position primitive a changé, tandis que les strates presque horizontaux , comme ceux qui formentl'escarpement du Serre-del-Soljisio, ont, au contraire, à peu près leur position originaire par rapport à l'horizon, Ainsi , ces dernières considérations s'accordent avec les précédentes pour prouver « que les parties des assises des escarpements du Val-del- « Bove, qui sont fortement inclinées, ne sont plus aujourd'hui dans = la position où elles se sont primitivement entassées (p. 486), »

La formation du noyau de la gibbosité centrale est due à des déjections successives de lave par des fentes nombreuses , suivant des lignes dont la direction est à peu près constante. Ces matières se sonL répandues, de parLet d'autre de ces ouvertures, en nappes minces et uniformes sur un fond à peu près plat. Ces éruptions Ætaient accompagnées de dégagements de fluides entraînant des scories et des cendres qui produisaient desstrates uniformes de matières fragmentaires, lesquels alternaient avec ceux de matières fondues. «Maïs un jour (p. 188) l'agent intérieur qui fendait si souvent le mSol,. ayant sans doute déployé une énergie extraordinaire, l'a *rompuet soulevé. Dès lors l'Etna a été ane montagne, etun # canal de communication entre l'intérieur du globe et l'atmosphère étant resté ouvert dans la partie la plus soulevée, cette »montagne a été un volcan permanent. »

» Le soulèvement ne paraît pas s'être produi un point central, anis il a suivi une ligne droite représentée par l'axe de l'ellipse que déterminent les flancs du Val-del-Bove, et en se manifestant avec desintensités inégales sur les divers points, Le maximum de ces dernières se trouvait à son extrémité occidentale qui correspond à la cheminée volcanique actuelle. Toute la masse de matière correspondant À Ja cavité du Val-del-Bove aurait été engloutie dans l'intérieur du volcan, comme l'ont pensé MM. Buckland, Lyell et de Buch (1).

{1} M. C. Gemellaro avait lu à la réunion des savants allemands à Stuttesrd, en 4834, un Déseours sur la constitution géognostique du Pal-del-Bove (a), dans lequel il regarde cette cavité comme un enfoncement (sp pret) du flanc de l'Etna. Plus tard (b), il est revenu sur ce sujet, et après avoir décrit en détail la disposition

{a} De wallis de Bove in monte Ætna geognosticé constitutione (At dell Acad. 1. 34

1 ar a Pur rain dr puiqus nes prises sur Le Vésuve et sur L'Etna (2), est one de nouresox matériaux sur

ET de voir de M. Élie | PET Fe “de Wallershausen; de La écho: de Fan

| ÎLE quuta. 536

| dont nous n'avons pas à nous occuper en ce moment. L'auteur, après avoir rappelé l'historique de ce volcan sous-marin ainsi que Jes diverses observations auxquelles il a donné lieu, conclut ce “qui suit de l'ensemble des faits recueillis + 2 4° LA nd delà mer en ct endroit sat 6 vient gt “depuis plusieurs siècles ;

Aile Uuiia ne cest élevée ni sur un baat fon, ni sur un banc, mais au pied de l'escarpement sous-marin qui termine à l'E. le “large banc de L'Aventure ;

n..3* Le volcan s'est manifesté suivant la ligne N.-E., S.-O., tirée vdurport de Sciacca à Pantellerie, Lampes co rep à ssemanifestent des phénomènes volcaniques ;

… h° Des tremblements de terre fréquents le don 220 de Sicile et à deteste cue cri d manifesta à la surface de la mer avant l'éruption ;

5" Ces secousses du sol furent accompagnées de bruits très forts

, semblables à une canonnade; .6* Avant les premières éruptions les eaux étaient troubles, bouil- Le et couvertes de poissons morts ou engourdis; 7° Les éruplions commencèrent par des vapeurs légères, qui, peu après, formèrent une colonne permanente, blanche 0 de 500 à 650 mètres de hauteur, sur 20 à 82 de Ces vapeurs furent bientôt accompagnées de cendres et de 1 dont la sortie intermittente précéda, d'assez longtemps, du massif solide à sa base.

8 L'apparition de l'ile fut successive. Un piton parut d'abord ; plusieurs autres , après s'être montrés isolément , se réunirent formèrent autour du centre d'éruption un bourrelet de matières dont la forme changeait constamment, et qui finit par

> s'élever jusqu'à environ 65 mètres au-dessus du niveau des eaux. 9° L'ascension continuelle du gaz ou des vapeurs brdlantes, à tral'eau du cratère FR BURON jar ieos AR ÉRes IP ReERE

surface l'effet d'un bouillonnement.

| 46° Les érupüions furent fnicrriishanis et ls périodes dati

furent séparées par des périodes de repos plus ou moins longues. » 41° La disparition fut lente et successive comme avait été l'apparition. Elle fuv produite, ainsi que l'abaissement du sol redévenu sous-marin, par l'action des vagues qui favoris l'éboulement des matériaux incohérents dont le massif était composé, les entraîna peu à peu et changea cëlte île en ün banc couvert de 292 à

i- ÎLE auta. 537 MG, Prévost (1) à combattu cette opinion, qui avait.déjà été émise précédemment ; en faisant voir que les talus, à l'époque dusondige, étaient formés de cendres et de scories movillées et tassées, el non par la roche du fond de la mer; qu'en outre il Wélait guère possible d'admettre l'action frigorifique de la roche soulevée depuis un mois. J1 s'est attaché ensuite à détruire les arguments Lirés des sondages faîts autour de l'ile, ainsi que des obser- Yations sur la température de la mer à diverses distances. Le savant #Gologue a joint à sa note, insérée dans le Zudletin de la Société géologique, an plan topographique de l'Île Julia d'après celui du £apitaine Woodhouse , avec l'indication de tous les sondages ex6eutés autour, ét qui, avec le plan et les profils donnés précédemment (2}, nous paraissent conlirmer lout à fait sa manière de LUS

A: Parrot (3) a soutenu l'opinion de M. G. Prévost, en établis sant que la forme du massif, déterminée par les sondages, ne peut en aucune manière s'accorder avec l'hypothèse opposée, et en faisant voir que la preuve tirée du refroidissement de l’eau près de Mile n'est nullement fondée, Dans cette même note, l'auteur, après avoir rappelé que dans sa Aysique de la terre publiée en 4845 il "avait déjà développé toute la théorie des soulèvements volcaniques, à combattu la preuve du soulèvement du Vésuve déduite des coquilles trouvées par M. Pilla dans le Æosso-granrde et dont, nous avons parlé précédemment.

- Dans ses Noes sur l'ile Julia (4), M, G. Prévost a donné Généralités quelques motifs à l'appui de son opinion sur la formation des mon- "arms æagnés volcaniques d'Italie, opinion d'ailleurs la plus ancienne à ce“ 11°" sujet et qui consiste à les regarder comme les produits d'accumula- ‘° 1» Sie: tions successives de matières rejetées, sans soulèvement préalable “les roclies sous-jacentes. Nous traiterons ailleurs de la théorie des "soulèvements centraux et linéaires, et nous remettons à parler alors des arguments opposés par M. Prévost à l'application que l'on

4 Bull, vol. VIN, p. 282, pl. 7. 4837. — Compt, rend, vol ÀV, p. 887. — Réplique de M. Arago (744, p. 862). — Voyez aussi: Société philomatique, 1° juillet 4837, — L'Institut ; id.

(2) Notes sur lle Julia, ote. (Mém. de le Soc. géol. de France, wol. 11, pl. 5), — Voyez aussi : L. Pilla, Phénomène volcanique récent dans ui des points de la mer qué baigne les côtes de Sicile . ïn-4. ( Compt. rend, vol. XXI, p. 988. 1846).

(3) Ball. de l'Acad. de St-Pétersbourg, vol. M, p. 273. 1837,

4) Loc. cie, p. 108, " ;

Page 1