ET DES ARCHIPELS QUI EN DÉPENDENT
{10e du règne de Mour-Wang), il y ent une montagne qui s'élança du milieu de la mer de Tan-lo (au sud de la Corée). Au moment où elle commença à s'élever au-dessus de l'eau, des nuages de vapeurs ré Pañdirent une obscurité profonde, et la terre était ébranlée conime r de violents coups de tonnerre. Les ténèbres ne se dissipérent l'après sept jours et sept nuits, La hauteur de l'ile était dé 1,000 eds chinois, et sa circouférence de 40 lis. Son sommet 6ta Yeloppé de fumée et de vapeurs, et, lorsqu'on la regardait de
bin, elle ressemblait à une immense masse de soufre (1).
… M: Postels (2) a communiqué plusieurs observations sur les volcans du Kamtchatka, Ils sont au nombre de 44, à partir du mont Lapotka, et 9 d’entre eux sont aujourd'hui en activité. Les iles avisines en renferment aussi plusieurs. M. (le Bach (3), après avoir véuni les principales observations faites récemment par l'amiral
ruscustern, par MM. E. Hoffmann, Postels et Lenz, de l'expédition
Leapitaine Lutké et par M. A. Erman, a exposé, d'une manière
Îla fois succincte et fort intéressante, l’histoire de ces volcans.
La plus grande purtie de la presqu'île du Kamtchatka est traver- (sie dans sa longueur par deux chaînes distinctes; l'une, occidentale, “a une hauteur uniforme , ne s'élève point au-dessus de la région des arbres et ne présente pas de volcans ; l'autre, orientale, qui re- “garde l'Amérique, n'est, au contraire , formée que de cônes et de pics gigantesques, souvent isolés , el qui sont pour la plupart des “volcans brûlants. è Le Klutsckew est le plus grand et le plus actif d'entre eux, Il s'élève presque d'un seul jet, depuis le bord de la mer jusqu'à 11,656 pieds (4,800 mètres ), d'après M. À. Erman qui a observé
courant de lave sortant d'un orifice situé à 227 mètres seulement
“au-dessous du sommet, Les vapeurs qui se condensaient pendant 1e jour formaient un nuage épais très étendu, et la nuit le cratère semblait rejeter encore des pierres enflammées. La largeur de ce “cratère était d'environ 700 mètres. Vers le pied de la montagne et
k éutourant une vallée profonde, où voit une roche composée de
hibradorite en très grands cristaux el de pyroxène. Elle ne parait … pas avoir coulé comme les laves, et constituerait la base du volcan
bo
pe 7 (4) Voyez aussi: Géologie du Japon, p. M. Ph.-Fr. Siebold (» arche. sur Beschreiburg von fapon . in-k et carte in-fol.). (En de l'Acud. des se, de St-Pétersbourg, vol. 1. 4833, 1835. — L'Insirur, 21 déc. 1836.
mar DEEP des tles Canaries ; traduët. française ; p. 446, ekailus, pl. XIE,
$g. 3. — Compt. rend., vol, ILp. 469. À
pm
Péninsule ‘du Kumtchathe,
scories el des cendres qui s'étendirent sur les flancs de la montagne appelée Alagoa los sete cidades. M. de Buch ne doute pas que cette gibbosité ne constitue un cratère de soulèvement dont le fond est occupé par deux lacs. La circonférence de ses bords est de 15 milles, et celle du fond de 9 milles; sa hauteur au-dessus de la mer est de Plus de 650 mètres, Depuis lors il n'y a point eu d'éruptions ni par le cratère, ni sur ses flancs.
M. Boyd a donné des éruptions de St-Michaël une liste qui doit être consuliée et où se trouve également indiquée l'élévation de plusieurs îles, qui toutes out disparu après un Lemps plus ou moins long, jusqu'à celle de Sabrina, sortie des caux le 43 juin 1844. Ceue dernière fut engloulie au mvis d'octobre suivant , et depuis celte époque aucun phénomène violent n'a troublé le repos de StMichaël (1).
L'ile de Terceira possède un eratère de soulèvement à 6 milles Au nord-ouest d'Angra. Des vapeurs abondantes sortent dles fissures qui s'ouvrirent à la suite du tremblement de terre de 1614 qui détruisit la ville de Praya. C'est le dernier mouvement qui se Soit manifesté dans l'Île. Le cratète nommé Æurnas d'Euxofre est entouré de collines de pierres pouces. L'éruption de 1761 est la seule connue.
L'ile de St-Georges, située près de la communication centrale ouverte par le Pico, est aussi celle qui paraît être la plus agitée. Une éruption ent lieu en 1580, et les courants de lave s'étendirent alors jusqu'à la mer. À plusieurs reprises. des flots s’élevérent du fond de celle-ci, puis disparurent. En 1757 on en vit jusqu'à 18 Qui furent également engloutis peu d'années après, Une grande érupion décrite par M. Dabney eut lieu au mois de mai 1808, Le Pico a eu d'ailleurs d’autres éruptions, telles que celles de 1572, ét la dernière en 1718 qui s'est effectuée du coté occidental de Ja montagne (2).
(4) Au mois de mars 1721, une éruption sous-marine eut lisu êntre l'ile St-Michaël et Toroira. Les pierres ponces recueillies ressemblaient à celles de Stromboli. Le plan de la nouvelle ile fut levé et envoyé par M. de Montagnac. L'année suivante, l'ile avait disparu, et il ne restait nt qu'un brisant à sa place (Compt. rend., , p. 302. 1838
(2) Voyez aussi : Résumé des vbservations Eélogiques faits per ra un vayage aux fles Madère, Porto-Santo et aux Açores, de à 1836, par le comte de Vargas de Bedmar (en portugais), Es , Lisbonne, 1847.
Les trachytes n'ocenpent cependant à Ténériffe qu'une surface assez restreinte, comparée à celle des roches basalliques qui recou= rent, en dehors du cirque, la presqué lotalité de l'ile, et dont le feldspath est du labradorite, Au-dessus des assises basaltiques, vient Ja tosca, espèce de taf blanchâtre qui forme autour de Ténériffe une ceinture de hauteur variable, mais assez régulière. Ce tuf avait servi à M. de Buch pour établir la séparation des éruptions basaltiques des phénomènes plus récents ou cônes de scories et peut-être des produits actuels.
Ces derniers, quoique le plus ordinairement à l'état de roches Vitreuses, ont rarément le caractère de la véritable obsidienne, et ils renferment des cristaux qui paraissent être de l'oligoclase. Beaucoup d'éruptions particulières ont formé des cônes de scories , et M. Dewille en a signalé un grand nombre sur le revers extérieur du cirque, du côté de Funte Agria. La matière fondue s'y est fait jour à l'angle de redressement de ces nappes épaisses qui constituent le grand cirque , ligne de fracture qui pouvait en effet leur offrir une moindre résistance.
Dans ane note particulière ({), le même géologue, après avoir ‘énuinéré les diverses roches qui constituent le groupe des îles varies , puis établi leur âge respectif, a recherché quelle avait été la Série des phénomènes qui les avaient amenées au jour. La théorie des cratères de soulèvement lui paraît rendre très bien compte de la relation du pie de Ténériffe avec les escarpements circulaires qui T'enlourent , ainsi que des dépressions centrales de Palma et de Canaria; aussi admet-il, avec M. de Buch, la disposition des volcans en ligne et celle des volcans centraux , quoiqu'à la vérité ces dermiers lui paraissent fort peu nombreux et pouvoir même se rattacher presque loujours à quelques grandes lignes de soulèvement.
T1 insiste plus loin sur la nécessité d'avoir égard à la composition minéralogique des massifs volcaniques. En effet, les produits de certains volcans, téls que ceux de l'Etna, depuis les plus anciens qui constituent les assises inférieures du Val-del-Bove jusqu'aux Javes récentes, sont caractérisés par la même substance qui, ainsi
(1) Butte, 3 sér., vol. III, p. 465, 1846, — Le grond ouvrogo de M. Ch. Ste-Claire Deville à pour titro : Payage gcologique aux Anailles ee aux Les de Ténérifle et de Fogo, in-k. Paris, 1847. Dans la 4/* livraison, qui a paru depuis la rédaction de notre travail, les planches 4, 2 ot 3 sont consacrées à l'île de Ténériffe.
DE L'OUÉAN ATLANTIQUE. 353
de deux ou de plusieurs lignes de fractures ; idée qu'avaient déjà &nise E, Hoffiann pour les iles Lipari (1) et M. Darwin pour les îles Gallapagos.
L'ile de Fogo, signalée par Smith comme étant probablement le!" seul volcan de l'archipel du cap Vert, attira aussi l'attention de “*°**"# M. Deville, à qui l'on doit la première bonue description de ce point intéressant (2). Au N.-E,, le pic de Fogo s'élève par une pente continue jusqu'à une hauteur de près de 3,000 mètres. De même qu'au Vésuve, la montagne se compose d'un cône circonscrit d'un côté par un rempart dewi-circulaire et détruit dans la partie qui regarde la mer. Les nappes basaltiques qui entourent l'ile, eu se Lerminent sur les côtes par des falaises très escarpées , paraissent avoir coulé sur des pentes très faibles. La mnraille, presque verlicale , qui forme l'escarpement intérieur du grand cirque, se compose d'une mullitade d'assises basaltiques allernant avec de: conglomérats et traversées par des filons verticaux où inclinés qui s'entrecoupent comme à Ténériffe , à Palma, à la Sommaet dans le Val-del-Bove. Le fond de ce grand cirque est oceupé par mue plaine semblable aux C'anadas de Ténériffe ou à l'Atrio-del- Cavallo du Vésuve. Cette plaine, élevée de 1,712 mètres au-dessus de la mer, est un peu bombée vers son milieu , d'où s’élance brusquement le cône hardi du pic.
Le pic de Fogo est très régulier, et ses pentes très rapides ont de 35 à 40°, Sa hauteur totale est de 2,790 mètres, ou plus de 1,000 mètres au-dessus de Ja plaine qui lui sert de base, Cette dé re élévation est donc à peu près double de celle du cône du Vésuve au-dessus de l'Aério-del-Cavallo. Le cône n'est composé que d'assises épaisses de basalte, à pâte foncée et très péridotique, alternant avec des conglomérats , le tout fortement redressé vers le sommet. Le diamètre du cratère qui termine le pic paraît être d'environ 500 mètres et sa profondeur de 250 à 300, L'intérieur est formé par un basalte sulide , de telle sorte que le pic semble résulter du redresse— ment des les assises de cette roche. Nulle part on n'aperçoit de woulées qui se seraient épanchées el auraient été recouvertes successivemeut pour constituer le cône; aucune même ne s’est échappée
Ann. der chem. u. physik de Pogsendorff, vol. XXVT, p. 81 2) Compt, reutt., vol. XXI, p. 1283. 4843, — Soc, philomntique, 25 avril 1846, — L'Institut, id. — Bull., 2 sé. vol, JUL, p. 056. 1846. — orage gévlogique, elo., in-b, 4" liv., pl. 5 et
6 Paris, 4847.
caniques, et qu’à l'est de cette chaîne, une autre série d'îles moins élevées, et arquée parallèlement à la précédente , était composée d'lles exclusivement calcaires, telles que Tabago, la Barbade, Mavie Galante, Grande-T'erre , la Désirade, Antigua, Barbuda, San-
‘et Saint-Martin, À l'ouest de la chaîne volcanique, iln'y a point d'îles calcaires, D'une part, la série volcanique paraît être ‘en relation Immédiate avee les montagnes primitives de Caracas , et de l'autre, sa courhure au N.-0. la rattacheraît aux protubérances granitiques de Porto-Rico , de la partie sud de St-Domingue et des montagnes Bleues de la Jamaïque.
D'après M. Ch. Deville, qui a fait une étude particulière de la Guadeloupe (1), la soufrière de cette Île est un cône volcanique élevé de 4484 mètres au-dessus da nivéau de la mer, et de 331 au-dessus du plateau qui le supporte. Les pentes du cône n'ont pas moins de 40°. Son sommet est inabordable dans beaucoup de directions, et dans d'autres on n'y parvient que par des escaliers taillés dans la roche, Il est entouré, excepté du côté du sud, par une ceinture régulière de montagnes moins élevées et dé composition différente. Ce massif volcanique, composé d'une roche solide, n'est à proprement parler qu'un dôme trachylique excavé au sommet. “La dépression centrale, peu profonde, nommée petite plaine, offre des assises peu épaisses, très nombreuses et des produits cinériformes “ou fragmentaires.
Le soufre provient uniquement de fumerolles qui s’échappent du flanc el du sommet de la montagne, Celle-ci est traversée du N, au S. par une déchirure appelée /x grande fente, et suivant laquelle Se manifestent les vapeurs sulfureuses. A son extrémité nord , une caverne autrefois fort étendue, maïs que des Cboulements ont en partie obstruée , présente, sur ses parois, du gypse cristallisé et des eaux chargées d'alun. Les murs verticaux qui terminent la grande fente en cet endroit sont aussi tapissés de soufre, Les vapeurs sulfureuses s'échappent encore par d'autres orifices, mais avec un sifflement très aigu. À l'extrémité sud de la grande fente, une Gruption de cendres , dont nous avons déjà parlé, s'est manifestée au mois de décembre, et à la suite il s'est formé un nouvel orifice dont les phénomènes diminuèrent successivement d'intensité, lors- “qu'au mois de février 1837 une nouvelle éruption produisit vers
{1} Société philomatique , 9 janvier 1847. — me ps id, —
Bull, 2° sér,, vol. IV, p. 628, 4847,
VOLCANS D'AMÉRIQUE. 561 et laissant dégager des flammes, sont en général coniques comme Je Cotopaxi; 2° les dômes arrondis en coupoles alpines, comme le Chimborazo ; 3° les sommets déchirés, à bords découpés, des cratères éteints, restes d'anciennes catastrophes, tels que le Carguairazo etles doubles pyramides de l'Ilinissa et de l'Altar.
- Dans le plateau qui se prolonge entre les deux Gordillères, de-
puis dos Pastos jusqu'à la crête transverse de l'Assuay, sur 50 milles géographiques du N. au S., Lous les massifs volcaniques du ÆPichincha, de l'Antisana, du Cotopaxi, du Chimborazo, les volcans éteints d'Yana-Ureu , etc., sont, à très peu d'exceptions près, <omposés d’un mélange porphyrique de cristaux d'augite et de labradorite. Le Puracé, près de Popayan, appartient encore à ces roches doléritiques , très différentes des trachytes et de l'andésite. Dans le massif du Tunguragua, l'ouralite paraît remplacer l'augite, C'est d’ailleurs le seul point où ce minéral, si répandu dans l'Oural, ét que l'on retrouve à Predazzo et à Clausen en Tyrol, ait encore été signalé dans le nouveau monde, + La moya est une masse combustible qui, sur divers points, comme à Pélileo et Igualata , a fait éruption lors du tremblement de terre dé Riobamba. Elle paraît s'être épanchée sous forme de boue, er constitue de petits cônes. D'après M. Ehrenberg, la moya, dont les Indiens se servent pour cuire leurs aliments, est composée “pour moitié de débris de matières organiques carbonisées. On y trouve des plantes dicotylédones au milieu de cristaux de labradorite, des graminées décomposées qui forment la partie principale de la masse charhonnée, puis des carapaces d'infusoires siliceux , le fout intimement mélangé de labradorite. Ce dépôt occupe le grand bassin de Hambato à Pélileo, et a été soulevé par suite des se cousses de tremblement de terre.
= M: Roulin (4) a fait connaître quelques particularités du volcan brûlant de Folima, situé sur la pente orientale de la chaîne moyenne des Andes, non loin d'Ibagui, et MM. S, Wisse el G. Garcia Moreno ont donné récemment un extrait de leur exploration du volcan Rucu-Pichincha, pendant le mois d'août 1845 (2). Cette tentative
4) Com CELA «rend. vol. XXI, singault, Ibid, vol. XXIV, $oe. of London, 0° 40, mai h
rend., vol. AV, p. 253. 1837.
Il p. 611, 1846, avec plan ot coupes, — 6. 1846, — Apport de M. Bous- 945, 1887. — Quart. Joufn. geol.