‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 3)Chapitre 88 sur 100 · TREMBLEMENTS DE TERRE · texte numérisé non relu

TREMBLEMENTS DE TERRE

$ 1. Résultats généraux,

Nous suivrons ici à peu près le même ordre que dans le cha- “pitre T1, où nous avons traité des eaux minérales et thermales : ainsi nous exposerons d'ibord les résultats généraux obtenus par mes recherches faites en Europe el dans les parties adjacentes de ancien monde, puis nous mentionnerons les observations de dé- Mail, dans l'ordre géographique ordinaire, et nous terminerons par l'examen des idées théoriques qui ont été proposées pour expliquer “les tremblements de terre,

L'ouvrage de M. de Hof que nous venons de citer (p. 60U), est celui où l'on trouve le plus grand nombre de documents histo- “riques sur ce geure de phénomène ; mais il ne nous paraît pas susceptible d'analyse, et nous y renvoyons comme à Ja source la plus wiche que nous connaissions encore sur ce sujet.

M. Alexis Perrey s'est également occupé de rassembler toutes les données qu'il a pu se procurer sur les tremblements de terre, et les divers catalogues qu’il en a dressés et publiés successivement renferment déjà une quantité très considérable de matériaux, Nous ne mous oceuperons en ce moment que de la partie numérique de ces

"recherches, remettant à parler plus loin des considérations génésales ou théoriques qu'il en à déduites.

Dans un premier travail, adressé à l’Académie des sciences (1), l'auteur signale 987 tremblements de terre ressentis en Europe et en Syrie depuis l'année 306 de notre ère jusqu'en 1800, Sur ce -mounbre, 212 se sont mauifestés pendant l'hiver, 163 au printemps, AüB en été et 206 en automne. Les autres ont eu lieu dans des

saisons indéterminées, L'hiver et l'automne sont ainsi les saisons où le phénomène à été le plus fréquent. Les mois de janvier et de

(1) Recherches historiques sur les trombtements de serie {Compt, ao) sol XII, p. 899. 1844). f

presque constamment trouvés ans ses divers modes d'appréciation. ILe total de toutes les observations faites depuis l'année 306 jusqu'au mois de juin 1843 est de 2,301 tremblements de terre, dont 594 Sesont produits en hiver, 404 au printemps, 442 en été et 526 en tone. En outre, 48 ont été signalés en hiver et en automne, A1 au printemps et en été, et 279 avec des dates annuelles seuleent. L'automne et l'hiver réunis en offrent 4165 ; le printemps et Mété, 857, c'est-à-dire un peu moins des 3/4. La moyenne de l'année serait de 40.

Pour les mêmes parties du globe, la totalité de l'année 1845 a donné des résultats conformes à lu loi indiquée précédemment (1). “Les six mois d'avril à septembre ont fourni 17 ou le 1/3 des phèuoanbnes de l'année, dont le nombre à été 47. La moyenne des dix dernières années ne serait que de 34 pour l'Europe. L'année 1844, Maui est exceptionnelle ; eu offre 51,

Dans la liste des tremblements de terre ressentis en Europe et dans les parties voisines de l'Asie et de l'Afrique pendant les années “184$ et 1844 (2), on trouve la coufrination de la prédominance

abärquée des phénomènes de l'automne et de l'hiver réunis, sur ceux du printemps el du l'été, La moyenne annuelle , pour la France et la Belgique, serait abaissée alors entre 7 et 8.

M. Perrey, dans ses travaux ultérieurs, relatifs à certains pays ou à certaines régions naturelles, est souvent revenu sur Jes chiffres généraux précédents, qu'il a modifiés successivement au fur et à mesure qu'il complétait ses premières recherches. Ainsi, dans son Mémoire sur les tremblements de terre ressentis en France, en Belgique ét en Hollande , depuis le 1v* siècle de notre ère jusqu'à L'année A843 inelusivement (3), après avoir constaté dans ces pays 102 phénomènes, dont 200 en hiver, 433 au printemps; 487 en Été et 186 en automne , puis 95 avec dates annuelles seulement , A4 avec date des saisons, et un certain nombre qui se sont prolongés plus ou moins lougtemps , l'auteur indique (p.94) 3,249 tremblements de terre ressentis en Europe et dans les parties voisines de VAsie et de l'Afrique. Sur ce nombre il y en a eu 807 en hiver, 616 au printemps, 633 en été et 744 en automne, Parmi les 549 restant, 68 sont mentionnés seulement avec date de saison , 381

LR

(2) bi, vol. XX, p. 1464. 1845.

3). Mémoires courounés ct publiés par l'Acad. roy. de Bruxelles, sol. XVIIL 4845. — Aapport de M, Quetetet (Bull. de l'Acad. de Bruxelles, vol. X1, p. 30. 1844)

PEER rene, vol. XVI, p. 393. 1848.

du Danube, est de 6/7 à très peu près, et dans celui du Rhin il n'est pas même égal à 2/5.

A ce mémoire l'auteur à joint des tableaux synoptiques destinés à faire voir le plus grand degré de fréquence des phénomènes dans les diverses époques de l'année , d'abord en Europe, dans la presqu'ile scandinave , puis dans la zone boréale déprimée qui s'étend de l’Elbe à la presqu'île du Kamtchatka, Cette dernière est divisée ‘en deux parties, l'une qui se dirige de l'Elbe à l'Oural, l'autre de cette chaîne à la mer de Behring-

Quant à leur direction, M. Perrey a donné (p. 72) le tableau suivant de la direction moyenne des secousses :

Négions irctan sad prorit alt Va émane de rétine, Europe entière... . . . . N. 33 42 E. 0, 64 Bassin du Danube 0, 2 30 N. ü, 64 Scandinavie. . . . S. 22% 30 0. 0, 94 o N. 23 65 E. 4, 06 S. 47° 45’ O, 0, 23 N, 28° 48 E. 3,14

« Ce dernier tableau, dit l'auteur, nous montre la direction » moyenne des secousses sensiblement parallèles à l'axe de la vallée » dans le bassin du Danube; c'est ce que nous avions déjà trouvé » pour le bassin du Rhône, Dans la zone boréale déprimée de l'Eu- » rope et de l'Asie, où les cours d'eau sont généralement dirigés à » peu près dans le sens des méridiens, nous retrouvons un résultat » tout à fait analogue. La Scandinavie nous offre une direction ré- » sultante peu inclinée sur l'axe de la chaîne scandinave ; on sait » d'ailleurs que dans les Pyrénées les secousses se propagent aussi # suivant l'axe de la chaîne. »

En 4845, on a ressenti en Europe 50 tremblements de terre bien distincts, et qui se sont trouvés répartis en nombres à peu près égaux dans les diverses saisons , ce qui n'avait pas encore eù lieu d'aprés M. Perrey (1), Le même savant a encore donné une Lise destremblements de terre ressentis en Europe pendant l'année 1844, liste précédée de la relation d'un certain nombre de secousses éprouvées en 4845 et qui n'avaient point été mentionnées précédemment (2). 11 pense que la moyenne annuelle des phénomènes

(1) Compt. rend., vol. XXI, p. 644, 4846.

(2) Extrait des Mémoires de l'Académie de Dijon. 1845.

coastances, des phénomènes météorologiques, soit de lumière, soit de calorique ou d'hypsométrie.

Si les recherches de l'auteur ne paraissent pas l'avoir conduit encore à déterminer, d'une manière précise, la direction des trem- ‘blements de terre, et à distinguer nettement les mouvements ondalatoires latéraux et parallèles, cela tient sans doute à ce que les observations manquent à cet égard, et il est probable que lorsqu'on a cru reconuaitre des directions perpendiculaires entre elles, ce n'était que le résultat des mouvements d'ondulations, observés sar des lignes parallèles à l'axe principal de vibration. Convaincu de l'importance de la direction du phénomène, M. Perrey a cherché à déterminer au moins une sorte de moyenne, et pour cela il a considéré la cause du mouvement daus un sens donné comme proportionnelle en intensité au nombre des secousses dans ce sens, mombre qu'il a composé comme des forces dont la résultante serait œte même direction. Par ce procédé, qui a été employé pour le tableau ci-dessus {anté, p. 605), il a trouvé que, pour le bassin da Rhône, la direction de la résultante était sensiblement paral- Ble à l'axe du bassin, au moins dans sa partie inférieure. En général , les secousses sont parallèles ou perpendiculaire à l'axe du bassin et à celui de la chaine où l'on observe; les directions intermédiaires sont beaucoup plus rares (1). Ici encore nous émettrons des doutes sur les directions perpendiculaires, au moins pour la énéralité des cas mentionnés ; et quant à celte manière abstraite de déterminer la direction des tremblements de terre , nous dirons que, sans être précisément contraire aux résultats des observa- ‘ons directes faites avec soin dans ces derniers temps, elle nous paraît peu avantageuse, à cause de l'incertitude des données

qu'elle emploie.

A la suite de son catalogue des tremblements de terre ressentis dans le bassin du Danube (2), le même savant s'est attaché à faire voir qu'ils avaient eu lieu par tous les temps et dans toutes les circsances météorologiques; que plusieurs fois ils avaient été accom- Bepnés de variations subites dans la température, dans l'état by- Srométrique et dans l'état électrique de l'air ; qu'il est aussi arrivé Que les oscillations ou vibrations du sol et l'apparition de divers

(1) Afém. sur les tremblements de terre du bassin du Rhône (an. de la Soc. d'agrie., se. et arts de Lyon, p. 265. 1845). f2} Ann. de la Sue. d'agrie.. se. et arts de Lvon. V846.

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