‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 24 sur 111 · WESTPHALIE · texte numérisé non relu

WESTPHALIE

celles-ci appartiennent encore au second étage de la craie taffeau, et ne doivent être regardées que comme des modific4itions locales des précédentes. On les suit h l'est du Hardt jusqu'à Erwitte, el au sud parNeheim, Miihlheim jusqu'à Rûthen.

Le grès {Quadersandstein), que M. Roemer (p. 126) assimile au grès vert inférieur d'Angleterre {Shanklin sand, lower green sand)^ est encore une dépendance du même groupe de la craie tuiïeau, ou sur d'autres points une modification des assises dont nous venons de parler. Dans le Teutoburger-Wald, aux environs de Bielefeld, d'Ibourg et près de Horn, il constitue des couches puissantes. Dans le voisinage de Rotbenfelde , les plus élevées sont un conglomérat siliceux avec un ciment ferrugineux, et les plus basses des grès Gns, blancs, renfermant des bandes d'un jaune d'ocre. Le Hamites gi^ gas, Sovr., V Ammonites Decheni, Roem., la Mya elongata, id., la Thracia Phillipsiiy îd., et la T, elangata, id., y ont été signalés. Au nord de Recklinghausen, le même grès forme la petite cbatoe du Bardt, et, près de Haltern, l'Annaberg et le Hohe-Mark. Dans toute cette^ partie de la Westphalie, il constitue une masse sablonneuse de 55 à 60 mètres d'épaisseur, blanchâtre, brunâtre, ou roageâtre, enveloppant des fragments de quartz, de fer bydroxydé et des bancs de grès qui passent au quartzite. La présence des Pecien muricatus^ Gold., et quinquecostatus^ Sow., de la Chôma costata^ Rœm., du Mytilus eduitformis, id., de Vlnoceramus mytiloides^ var. Mant. , et l'absence d'espèces plus caractéristiques, ne permettent pas de placer ce grès au niveau que semble leur assigner M. Roemer, d'après le titre de la section où il les décrit ; \]& appartiendraient tout au plus au premier étage de la craie tuffeau, immédiatement sous la craie blanche.

En revenant plus tard sur ce sujet, le même géologue (1) a fait remarquer que ce grès était le même que celui qui, dans d'autres parties de l'Allemagne, Retrouve à la base du plAner, mais lorsqu'il hésite ensuite à le mettre en parallèle avec le quadersandstein de la Saxe et de la Bohême , parce que. ce dernier serait presque dépourvu de fossiles, M. Roemer nous semble prendre le grès supérieur pour l'inférieur, car celui-ci est fort bien caractérisé par les corps organisés qu'il renferme dans tout le haut bassin de l'Elbe, tandis que le grès placé sur le pl&ner est en effet très pauvre. On vient dédire que ce grès alternait avec une marne cal-

[\)NcH. fahrb., 4 845, p. 273.

198 CRAIE BLÂNCBB BT CRAIE TUFFEAU.

cairo d'un vert gris ; celle-ci, de son côté, passe an calcaire qui constitue la partie élevée du sud-ouest da Teutoburger-Wald, parti* culiëreinent à OErlingbausen et jusqu'au delà de Halle , où il forme des collines coniques. La roche ressemble alors au calcaire pltoer, et renferme les mêmes fossiles {Ammonites variam , A. rhatomagensis, Inoceramus concentricus, Ananekytei ovata). On voit que celle marne d'un gris-vert, qui relie le grès au calcaire pUner, occupe la place des marnes tachetées (Flammenmergel)^ qui sur plusieurs points du Harz et des bords du Weser sont à la base du calcaire planer.

Enfin, rassise que fauteur nomme conglomérat de Hils {Hila* conglomérat) consiste en une roche quartzeuse avec silicate de fer, cimentée par une marne calcaire ferrugineuse, jaunftire, ou grisâtre. Sur les bords de la Ruhr, et particulièrement à Ëssen, elle repose sur la formation houillère. Près de Hagenbecker Zeche, c'est no grès dur, verdâtr^ , à grain fin ; ailleurs elle est à Tétat de sable ferrugineux, jaune ou gris avec des grains verts. A Tonest d'Easen, elle est surmontée par le calcaire marneux du pittner.

Les fossiles du conglomérat de Hils, quoique nombreux, ne pou* valent que difficilement mettre M. Roemer sur la vole du véritable niveau de cette assise remarquable. Quelques espèces imparfaitement déterminées, et d'autres, dont le gisement n'avait peut-être pas été non plus bien constaté, purent seules l'engager à la placer aussi bas dans la série. Nous verrons que, par suite de recherches ultérieures, elle a dû être reportée à la base du second groupe, parallèlement au touriia du Hainaut et de la Flandre qu'elle représente probablement ici, et où manque de même le gault et tout le resté de la for* mation crétacée inférieure.

Hëmoiro D'après les observations de M. Becks (i), les marnes crayeuses, II. Becki. qui s'étendent de TE. à 1*0. , dans le voisinage de la Rhur, inclinent faiblement au N. Près d'Esscn et aux environs, les couches les plus basses recouvrent les dépôts carbonifères. A Griesenbroche , au midi de Bochum, une assise moins ancienne, désignée sous le nom de planer infériew [untere Planer), recouvre ces mêmes dépôts carbonifères ; mais plus ordinairement le saUe vert occupe cette position. La coupe de Dellwig, sur l'Unna , près de KOnigsborn, montre de haut en bas: 1" marne supérieure, 2° troisième

iii.l I »ti II w . !■ . Il I I i.i I I I ■ ■ I I II.» Il m^^^i^^-m^i^m^ — .— >

(I) Bciiicrkungen Ubcr die Gcbilde^ etc.: Observa lions sur les formations qui recouvrent en partie Içs dépôts carbonifères dans le voisinage de la Ruhr; -1843,

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êobU verti ft* marne planer supérieure ^ ft° deuxième sable vert^ 5* marne planer inférieure^ 6* premier sable vert^ V formation earbonifire*

Le premier sable vert qui repose sur le terrain de transition renferme betucoup de fossiles et des minerais de fer en grains ; il représenta le Hilseonglomerat de AL Ad. Roewer, et s*étend de Spelldorf jusqu'aux environs d'Unna. La marne planer inférieure qui vient au«dessu8 est argileuse, passe môme à l'argile plastique, et renferme de nombreux Jnoceramus mytiloides. Le second sable vert comprend des concrétions irrégulières de calcaire argileux, peu solides, sans minerais de fer et sans fossiles. La marne plHucr supérieure a la plus grande analogie avec la précédente. Le troisième sable vert, qui la recouvre au nord-ouest de Dorlmund, constitue une bande étroite d'un vert foncé. La roche assez solide renferme des fossiles. Knfin, la marne supérieure s'étend au N.-O. jusqu'à la Lippe et au pied du Hardt« C'est une marne calcaire» dont les caractères minéralogiques sont assez variables , mais dont les fossiles sont ceux de la craie blancbe. £lle forme probablement le sous-sol du pays plat de Munster.

M. Heinrich (1), qui a publié aussi sur le mémo pays un travail Memoir* accompagné d'une carte géologique, a confirmé les vues de M . Becks, u, u.ruticii. en donnant des détails plus circonstanciés. Adoptant les six divisions précédentes , il fait voir que le premier sable vert passe à un conglomérat de fer silicate [Bohnerz) et de grains de quartz, cimentés par une marne calcaire, sableuse, grisâtre, jaunâtre, verdâtre, assez solide (conglomérat de Hils, Roem.). La marne planer inférieure se divise en quatre assises : 1" calcaire blanc jaunâlie^ solide, recouvrant le sable vert, renfermant des nodules siliceux, et d'une épaisseur de 6 à 7 toises (2) ; V, calcaire blanc verdâtre , de /i à 10 toises d'épaisseur et s'amincissant vers !'£. ; 3^ marne argileuse gris bleuâtre, dont la puissance varie comme celle de la seconde assise et qui diminue vers l'Ë. et le N. ; U'' marne argileuse gris

(1) Ne connaissant pas le travail original de M. Heinrich , nous empruntons ce qui suit aux psssages rapportés textuellement par M. Geinilz [Bas Quadersandst. oder Kreidegcb, in Ddutscitland ^ p. 19, 4 849).

(2) Nous traduisons ici Lachter par toise, mais nous ne savons pas exactement la valeur de Tunité de mesure employée par l'auteur, cette valeur n'étant pas indiquée, et variant suivant les divers États de TÂlIemagne.

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