‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 36 sur 111 · FORMATION CRÉTACÉE DE L'ALLEMAGNE CENTRALE · texte numérisé non relu

FORMATION CRÉTACÉE DE L'ALLEMAGNE CENTRALE

Nous comprenons sous le litre de Formation crétacée de VAlle- DiipesiUoii magne centrale : 1^ les dépôts de cette période qui occupent le bassin supérieur de l'Elbe, dans la Saxe et la Bohême, pour se prolonger au S.-E. jusque sur la frontière de la Moravie; 2'' plusieurs lambeaux situés à l'ouest de Leignitz , dans le bassin de TOder, en Silésie, et que traversent le Bober et ses affluents, puis un autre lambeau fort éloigné de ceux-ci au sud-est, et placé sur la rive de l'Oder autour d'Oppeln (les deux régions de la Saxe et de la Bohême d'une part, et celle de la Silésie de l'autre, sont reliées par un grand massif placé comme en intermédiaire à l'ouest de Glatz, très allongé du N.-O. au S.-£., et qui paraît être limité, du moins en grande partie, au S. , par des roches cristallines, et au N. , jjar le grès rouge) ; Z"* une surface assez considérable qui se trouve en Bavière, au sudouest des précédentes , occupant une partie des petits bassins de la Naab et de la Reyen, et allongé du N. au S. , depuis Wernberg, au nord-est d'Amberg, jusque autour de Ratisbonne sur le Danube.

Un caractère commun à ces diverses régions crétacées, séparées aujourd'hui par des pays souvent montagneux, où régnent des dépôts secondaires plus anciens et de transition , ainsi que des roches primaires et granitiques, c'est de ne présenter que des couches appartenant au second et à une partie du premier groupe de la formation qui nous occupe ; non seulement le troisième y manque, comme à l'ouest, entre l'Elbe et le Rhin, mais encore le quatrième que nous venons d'étudier sur le versant nord du Harz, dans le Brunswick et le Hanovre, et que nous retrouverons à l'est dans la région des Carpalhes. De sorte qu'indépendamment des caractères orographiques et hydrographiques actuels, qui nous servent de limites commodes pour la description des terrains , nous avons une contemporanéité qui justice pour ces dépôts leur réunion dans ce chapitre , où nous traiterons séparément de chacune des régions que nous venons d'indiquer.

750 Saie.

Si

L'ensemble des dépôts crétacé in bas^o «apérieor de l*Elbe coDslfloe une sorte d'ellipse, à cootoars décoopés fort îrrégDÎiers, aHongée do N.-O. aa S.-E., dont les extréoiités da grand axe seraient Tone prés de 3lei5sen, on mieux entre celte ville et Oberaa (Saxey, l'antre Ters Brûsan au nord -est de Boskowitz Moraiie), vers les sources de la Thaya, afOoent de la Marsch. Cette sarface très rétrécie dans la vallée de TEIbe, an -dessons et an -dessus de Dresde, prend nne grande extension en Bohême dont elle occupe près de la moitié septentrionale, pour se rétrécir de nouveau eu Sloravie au ^lâ du )iahriscliesgebirge qui sépare le bassin de TEIbe de celui de la Slarscb. ^ous décrirons d'abord les dépôts de la Saxe et ensuite ceux de la Bohême, et leur prolongement au sud-est. CiriM Sur la carte géognostîque de l'Allemagne par M. de Dechen (!}, les

\é»aX^ couches crétacées de la Saxe sont représentées par deux teintes, l'une consacrée à la craie proprement dite {/Treide)^ l'autre à la glauconie sableuse {Grûnsand ou Quadersandstefn). Sur la carte générale de la monarchie autrichienne (2), M. flaidinger a également adopté deux divisions correspondant aux précédentes. Enfin dans l'excellent travail de MM. C -P. Nanmann et B. Cotta (S) on retrouve encore, soit sur les cartes de détails, soit sur la carte d'assemblage réduite , tes deux divisions de la craie , désignées sous les noms de Planer et de Quadersandsiein,

Le planer ou diusion supérieure, qui correspond assez bien aux assises que nous avons nommées ainsi dans te nord-ouest de T Allemagne, forme d'abord, dans la vallée de l'Elbe au nord-est de Meisscn, une sorte de barre perpendiculaire à sa direction^ depuis Zscheita jusqu'à Oberau. Sur ta rive droite, lorsqu'on remonte le fleuve jusqu'à la hauteur de Dresde, quelques rares lambeaux sortant de dessous l'alluvion de la vallée se voient au contact des roches cristallines, tandis que la rive gauche offre une large bande continue

1] 4 feuille; Berlin, 4 83d.

[?) Geognostische Uebersichts Kûrfe dcr O^stefrelchhchen Mbnarchfe, 9 feuilles; Vienne, 4 646. *— Réduction, par J. ScbedA; 4 feuille, 4847.

(3) G eognoitische gênerai Charte des Kônigreichs Sachsen, 4 f.; Dresde, 4 8 45. — Gengnostiscftc spccial- Charte des KônigVficfts Sti(h>cn ttnd dcr aa^rensendcn Làtuler Althôilungen ^ fetiilles fl, MI, X, II et xu.

8AXB. 93t

passant au nid de la capitale et se eontinuânt jusqu'au-dessous de Pirna. Quelques lambeaux isolés se nioutrent aUsud^ nonjnin de GoUleube, puis au sud-nuest* entourés par le gneiss ^t les porphyresi aux environs de K6nigsWald , le long des masses basaltiques , cir* éonscrivant les porphyres de Teptiix, et enfin, un massif considérable, interrompu ç^ et là par les éruptions phonolidques, basaltiques et quelques tlois granitiqueS) 8*étcnd du pays situé entre Bilin et t^eit-^ meiitz jusqu'à TtCger et plus loin encore dans la Bohême*

La division inférieure ou du quadersandsiein se prolonge moins au N.-O. que la précédente. £lleconsti(ueaussl au sud-ouestde Dresde de nombreux lambeaux appuyés sur le grès rouge {fiotMiegendeê) ^ ou bien entourés par le gneiss et les porphyres^ et au sud-est| à partir des environs de Pirna, sur les deux rives de TBIbe, une vaste éten-* due de pays qui s'élargit bientôt pour se continuer en Bohême.

Les relations siratigraphiques du planer et du quadersandstein, soit entre eux, soit avec les roches sédimenlaires plus anciennes, ou enfin avec les roches cristallines , porphyriques et basaltiques des divers âges, sont parfaitement exposées dans les coupes qui aecompagnent la belle carte de MM. Naumann et Gotta. Nous indiqueitms ici quelques unes de ces dernières , la suite de notre travail devant être consacrée a l'étude des dépôts crayeux considérés à un autre point de vue.

Sur la feuille x de cette carte la coupe de Naundorf, près de et^^t^^ Tharand, montre le quadersandstein s'étendant horizontalement sur stfiiëi«i«i. les porphyres, à une hauteur absolue de35^*°,û6 (1). Dans la coupe de Wendisch-Carsdorf è Pilnitz et au delà, le quadersandstein, d'abord horizontal sur les tranches du gneiss, s'étend ensuite transgressivement sur le grès rouge, s'incline auN.-^Ë. pour passer sous les alluvions de i'Ëlbe , régulièrement recouvert par le plSner » et est représenté, au nord-nord-est de Pilnitî, par uti petit lambeau entouré de granité et adossé à un |)orphyre mandclstein. Dans le profil de Pirna II Stolpen toute la masse horizontale du grès crétacé s'appuie contre le massif granitique jusqu'à une hauteur de 296 mètres, tandis qu'à Pirna, sur le bord de l'Elbe, la même tocbe n'est qu'à 93*,6Ï d'altitude.

La coupe de TVillcmin (feuille ix} montre le quadersandstein reposant sur le gneiss et récouvert par une masse puissaote et con«> ■ I -1 ■ i'- ~ - - I

(4) Nous supposons que le {)ifd employé par les aiîtétirs eèt îe pied de Dresde, qui équivaut à C^jSSS.

cordante de planer, le tout couronné de pointements basaltiques et phonolitiques. Celle de Pirna à Bunaubourg, au sud-est, entièrement faite dans les couches crétacées, relevées régulièrement jusqu'au Hohe-Schneeberg, où elles atteignent 629*^,10 d'altitude, fait voir que le quadersandstein , tel que l'ont compris MM. Naumann et Gotta, se trouve partagé en deux par le planer. Ce dernier est ainsi placé entre un quadersandstein supérieur et un quadersandstein inférieur, comme dans le bassin inférieur de l'Ëlbe (1).

Dans le profil des bords de l'Eger, depuis les environs de Saatz jusqu'à Leitmerilz (feuille xii) , le planer, parfaitement horizontal» est recouvert au contraire par les sables, les grès et les argiles ter* tiaires. Les coupes de la feuille Yi montrent partout le contact im* médiat du quadersandstein avec le granité presque continu des environs de Dresde à Kreibitz. Enfin, entre ce dernier point, Tetschen, BOhm-Leipe et Gabel, jusque sur les frontières de la Bohême, les coupes de la feuille vu fout voir partout une multitude de masses basaltiques et phonolitiques qui ont été injectées à travers les assises puissantes du quadersandstein. Celles-ci ont pris, par suite de ces phénomènes, les formes, les positions et Taspecl le plus variés et le plus remarquables. Dans le profil de Zittau à Lindeuau, par exem* pie, on voit que le quadersandstein a été porté au TOpfer à une altitude de 529", 7 7.

Relation* j.es rclatious des dépôts secondaires avec les roches granitiques

des rocbeft # \ •

créiactfcf de la Saxe ont, depuis longtemps , frappé les observateurs (2) , qui

•l griiniliqaei. ^

(4) M. F. -Ad. Roemer (r/), après avoir décrit les grès supérieurs du Hanovre et du versant nord-est du Harz, qu'il place au niveau de la craie, ajoute que, dans la Suisse saxonne, ils sont plus difficiles à reconnaître à cause de l'absence des fossiles. Dans ce dernier pays, les grès horizontaux sont divisés en deux masses, dont l'une, inférieure, peut être regardée comme Téquivalent du quadersandstein inférieur, par la présence du Cardium Hillanum , du Pectcn tjiiin^ quecostatus^ de la Pinna decussata, et l'autre, supérieure, où manquent ces espèces, et qui, renfermant la Terebratuia alata^ représenterait la craie blanche à silex. Les assises de marne, qui séparent les deux grès, s'observent particulièrement dans la vallée de GoUleube, prèsdeRottwernsdorf.deKritschwitz eiau piedduSchneeberg. Ces marnes font partie de l'étage complexe du planer, et nous verrons que plusieurs géologues de la Saxe , s'appuyant sur des données insuffisantes, ont placé la dernière sur l'horizon du gault.

(2) Weiss, Jrch.J. Bergbau de Karsten, vol. XVI, p. 3. — Jrc/i,

(a) Die VèrsUintntng. des Nonid, Ktridegeb.^ etc., p. IdOj 1841 ; — Vojei an«si, une deicriplioii de la Sphatrulites saxonia duni le grès vert de Tharand (JVeii. Jahrb,^ iSaO. p. 316).

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