‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 7 sur 111 · I8TR1B ET PROVINCES ILLTRIENNES. 9S · texte numérisé non relu

I8TR1B ET PROVINCES ILLTRIENNES. 9S

tonjoura empreint de la sagacité qui caractérise les vues de cet éminent géologue.

On voit aussi que les quatre groupes de la formalion crétacée sont représentés fie ce côté des Alpes par quelques uns des principaux fossiles qui les caractérisent à l'ouest ; et si ces groupes s*y montrent avec des caractères pétrographiques an peu diiïé- . reuts, avec des épaisseurs très diiïérenles aussi et des sous-divisions ou élages moins variés et moins compliqués, nous y retrouvons cependant la preuve de ce que nous avons dit en commençant, que dans une formation les véritables divisions de premier ordre sont celles dont on peut suivre les caractères sur la plus grande étendue » horizontale, tandis que les élages ou divisions de second ordre ne sont reconnaissables que sur des espaces plus ou moins restreints , circonscrits ou bornés par certaines dispositions du sol ou des anciens bassins sous-marins.

^ 4. Xfttrie et provîncei iUynennes.

Un bien petit nombre des géologues qui ont étudié le versant des Alpes vénitiennes dont nous venons de parler ont étendu leui*s recherches au versant occidental des Alpes juliennes, dans les provinces illyriennes, Tlstrie, et réciproquement ; aussi la relation des couches crétacées, sur ces deux bords opposés de Tancien golfe ouvert au S. et qui ne s'étendait pas au N. au delà d'Ospitaletto et des sources de l'isonzo, est-elle encore très vaguement établie.

Sur la carte des Alpes orientales de MM. Sedgwick et Murchison, cari«i les couches jurassiques s'étendent des environs de Trieste jusque giloclaM!* près de Cividale en bordant la côte, à 1*0.. ou plongeant sous le terrain tertiaire. Au nord et au sud de ces deux points elles disparaissent sous les dépôts crétacés. La carte de l'Europe centrale de M . de Dechen montre ces mêmes couches rapportées à la craie {Kreidé)^ laquelle occupe en outre, à l'exclusion des roches plus anciennes, toutes les Alpes juliennes et dinariques.' Un petit bassin étroit, allongé du S.-K. au N.-0.,etqui aboutit à Trieste dans cette dernière direction, est seul rapporté au grès vert [Grûmand^ Quadersandsiein, ou glauconie sableuse). W Esquisse d'une carie géolch gique de l'Italie, publiée par M. de Collegno, et dont le coloriage s'arrête à la route de Leybach à Fiume, montre la teinte jaune consacrée au groupe nummilitique et à la formation crétacée, étendue d'une manière uniforme depuis Ternovo , au nord, sur la route de

tlifcrict.

9ll iSTRlB ET PftOViNCES ILLYRtENNÊ^.

Goiitz à Viliach, jiisqa*âti promontoire rie Pola , au sud. An nord et.à Test jusqu'à Idria elle est limitée par la teinte bleue consacrée h la formation jurassique, à ronesit par les terrains leriiaire oir plus récents de la plaine d*Udine, pais par la mer qui' entoure la péninsule de rislric. La carte géologique de Tempire d'Autriche diffère de la précédente en ce qu'on y voit la formation jurassique s'avan*^ cer vers le miJieu de celte. i)éninsule» puisse relever un peu à V¥L pour passer derrière Fiume et longer les deux chaînons de Kapcila et les Alpes dinariqnes , la craie {Kreide) ne formant plus ensuite qu'une étroite lisière le long de TAdriatiquc, dans la Croatie, la Daimatie, etc. Or, d'après ce (|ue nons avons dit do développement et des caractères du grou{)e nuniinilittque dans ces diverses provinces {ontè, \ol. III, p. 107), on peut présumer que les dé|iôi s crétacés y sont beaucoup plus restreints encore que sur cette dernière carte. o).«erv»i;oai Nous avons déjà rappelé que M. A. Boné, dans une esquisse des provinces illyriennes, faite à grands traits, a>ait mentionné sur beaucoup de points la pré.sence de couches crétacées caractérisées par des Hippurites, mais que Tassociation fréquente des Nummuliles et de ces rudistes, indiquée par le savant géologue de Vienne , ne nous avait pas permis de séparer nettement dans ce pays les rorhes secondaires des rorbes tertiaires. Les observateurs venus après lui n'ont pas été, 5 l'cxcopiion des deux derniers, beaucoup plus hcuretix pour marquer la limite des formations de ce pays.

La ville de Poia, dit ;M. F. deRosthorn (1),est entourée de craie renfermant quelques rares Hippuiiles et des Huttres plissées. Les édifices romains sont en calcaire crayeux, et les colonnes du temple d'Auguste, que l'on croyait en pierre artificielle, proviennent d'un conglomérat dolomitique que l'on trouve en place , à peu de dis*

tance au sud. La roche de Marsana , caractérisée aussi par des rudistes, est percée de cavités et d'une muhiiude de canaux ou grottes dont l'auteur a parcouru un très grand nombre el dont le fond presque toujours sec est recouvert de terre Ces excavations ne sont ps d'ailleurs exclusives à ces calcaires ; on en observe également dans les calcaires nummulitiques, lesdolomies, les calcaires noirs de Karstero, etc. Aux roches crétacéos précédetJtes succèdent des grès gris, très marneux, un peu sablonneux, que l'auteur compare aux marnes de Gosau , dans les Alpes du Salzbourg. Ces grès,

(I ) Brrichte. urber die Mittheil, \», Freund. d. JSatttrt%'iss, in ff^ien^ YOl. 111, p. 77, 4847.

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à parlir d*A]l)ona, s*élendcnt vers l« N.-O. jusqu'à Baiija et Tricsto; ils reposent é\î(lemment sur le calcaire à llippuriics, sur les calcaires dulomitiqnes et môme sur les calcaires à Nuiiimulites ; ils seraient par conséquent un représentant du macigno. M. de Rosthorn n'a d'ailleurs point reconnu de calcaire jurassique en Istric.

ÏM calcaire à Hippurites de Pola, dési'^né par M. de Morlot (1) Mémoire sous le nom de Karskalk, est blanc, fragile, d'une sonorité nniar- m. jo MoiIou quable, en bancs épais et réguliers, et renferme h peine ti pour 1 00 de substances étrangères. Dams l'ile de Lésina, on y a trouvé des poissons dont les formes appartiennent à la i>ériode crétacée. Près d'Opscliina, une bande de calcaire 5 Hipporites (H. cof^u-vaccinum^ Bronn) passe sous des couches à Nummuliies, et près de Lippiza, des empreintes de poissons rappellent des ry()es j ra^sique.<i, mais les couches paraissent Aire le |[»rolongeni<»nt de celles de Le ina. La formation à laquelle apjKirtiennenl les calcaires sous-jacents, sans fossiles, resterait à délermisier. Les couches sont généralement horizontales, mais vers l'ouest elles inclinent à l'Ë. Lorsqu'on se rapproche d'Idria, la roche devient dolomiiique, ce qui n'a pts lieu en Isirie, où des calcaires blancs, friables, ont été pris à tort pour des doloinies.

La puissance de ces couches, difficile à apprécier, serait, d'après la profondeur de la grotte de Trebich, d'au moins 330 mètres. Placées é\idemment sous le calcaire nummulitique (aniè, voL fil, p. iU9), leurs relations avec le grè-s deMtgné sous le nom local de tasselio, est moins certaine , k cause des dérangements qu'ils ont éprouvés. Par places, comme près de l'église des Kranciscains à Pi' sino, tes calcaires seraient adossés aux grés. A Isti ie, le calcaire ancien serait au-dessus du tasselio; à l'entrée du ravin dePinguente, vers Montana , le grès affleure vers le bas des fientes de calraires, comme si ces derniers étaient dessous, et, à lYippach , le calcaire plus ancien et sans fossiles semble reposer sur ce même grès.

Celui-ci , connu aussi sous l<'S noms de masegno et de cruslello, constitue des dalles wiblooneuses et marneuses, alternant avec des gi'ès gris bleuâtre, eu lits minces, réguliers, fragiles et s'altéraot facilemeuL Derrière la ville de Trieste , on observe des plissements et des conlournementK nombreux , et la roche ressemble sous tous les rapports au grès de Vienne, que nous a\ons vu placé au-dessus des

(t) Sur les relations géol. de llstrie [Natur»*isx, AbitandL^ etc., von Haitluii;('r, vol. 11. p. 272, 1848).

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Nummuliles, et représentant le flysch des Alpes. Le tas^llo n*a point offert d'autres fossiJes que des É,>ouges et des Fucoïdes ; aussi 31. de iMorJot, dont nous avons vu les incertitudes par rapport au grès de Vienne, qu'il rangeait définitivement avec )e macigno dans les marnes irihécsctla |)ariie la plus basse du lias, rapproclie-l-il aussi le grès dont nous parlons de la partie supérieure du trias. II est, d'ailleurs, diflîcilc de déduire quelque chose de précis des détails donnés par l'auteur, soit dans sou texte, soit dans ses coupes. Ce grès tassello serait , suivant lui , la roche la plus ancienne du pays. Vers la fin de la |)ériode crayeuse, une dislocation du sol brisa le km*skalk ancien qui le recouvrait, et le fit affleurer à la surface. Pendant . Tère nummulitique , les dépôts se formèrent à la fois sur le kars-kalk ci sur le tassello, là où ce dernier avait été mis à découvert,' et ensuite une révolution souleva les Alpes calcaires, non jusqu'à leur hauteur actuelle , mais d'une certaine quantité, et traça lès lignes de dis.'ocation N. -0. , S.-E. , qui traversent Tlstrie et la Carinlhie. On n'y aperçoit aucune trace de la direction N., S., assignée ailleurs aux dislocations de cette période; mais il y a des accidents alignés du N.-£. au S.-O., ou perpendiculaires aux précédents.

M. de Morlot signale (1) aussi quelques traces d*Hippui*ites, non loin de Gonobietz, et les calcaires crétacés prendraient une certaine importance au sud de Gnowitz, etc. Si les faits stratigraphiques mentionnés par l'auteur sont exacts, il en résulterait que des soulèvements se seraient produits dans celte partie des Al)3es, sans que leurs effets se fussent propagés ù l'ouest jusque dans les Alpes vénitiennes.

obitrvfttioM Aux euvipons de Trieste , M. Kieser (2) reconnaît aussi , dans les H. k?cicr districts montagneux de Nanos et de ia plus grande partie de KarsaaiLEw«id, ters, des calcaires à Hippurites qu'il rapjtorte à la craie. Ces roches forment des masses puissantes (marbre gris de Trieste) , dans les crevasses et les cavités desquelles (Timuvo) se perdent souvent les cours d'eau de la contrée , pour reparaître au delà , le long de la côteet jusque dans la mer. On remarque aussi des vallées circulaires raviuées et des eirfoncements d'environ 30 mètres de profondeur,

' (I) Bcn'c/ite uchrr die AÏiuhciL, etc., vol. V, p. 475. 1849.

(2) Observations géologiques sur les environs de Trieste, ibid., p. 297. — Quart. Journ. gmi. Soc. nf Lofidrw , vol. Vil, p. 35 des Notices, 1851.

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OÙ Tiennent s'engouffrer ces torrents. L'auteur conclut de ses observations : l"" que le calcaire à Hippurites est inférieur au calcaire à Nummuliles, et celui-ci au macigno ou grès tassello qui constitue les environs immédiats de Trieste ; 2^ qu'il y a un passage graduel entre ces deux derniers; S^'que le macigno était déposé avant le relèvement du calcaire crétacé, comme il résulte de leur panillélisme près d'Opschina ; 4" que, lors du soulèvement des Karsters, les cal* caires étaient déjà consolidés, tandis que le macigno, encore peu solide, /ut facilement plissé et quelquefois renversé, comme on Tobserve sur la route d'Opschina ; 5" que le macigno, depuis le soulèvement qu*il a éprouvé à la fin de la période nummuliiiquc, n*a plus été dérangé. Ainsi, M. Kieser paraît avoir saisi les vrais rapports stratigrapbiques méconnus par M, de Morlot , car loin qu'il y ait dans cette province des grès de Tâge des marnes irisées, tout ce que ce dernier géologue plaçait presque h la base du terrain sccon-» daire serait, au contraire, dans le terrain tertiaire, et, comme par* tout, au-dessus du principal horizon des Nummulitcs.

II résulterait de l'examen qu'a fait M. Ewald (1) des fossiles re^ cueillis par M, de Aloriot dans les calcaires à Hippurites de Poia que, de même que les assises du Bellunais, ces calcaires ne correspondraient pas h la série de Gosau, mais seraient parallèles aux couches du sud -ouest de la France, et, en particulier, aux calcaires blancs du Périgord et de TAngoumois, h cause de la présence de V Hippurites cornU'pasioris qui manque, au contraire, dans les Alpes françaises et de l'Autriche. La Caprine de Pula diiïèrc également de celles des autres régions des Al))e.H pour se rapprocher aus!*i des formes de l'ooesl. Les H ultres cl les Peignes seraient encore des formes nouvelles.

Néanmoins, V Hippurites organisans de Gosau, que nous avons vue cousiamment associée dans le sud-ouest de la France à Vil, cornu- pastoris, ne permet pas d'éloigner beaucoup ces divers systèmes découches, toujours compris dans le second groupe, entre le gault et la craie blanche. Rien ne prouve d'ailleurs, comme le croit M. £wa!d, qu'ils correspondent plus particulièrement à la craie micacée du bassin de U Loire, dé>ignée par M. Aie. d'Orbigny sous le nom îï étage turonien, et dont on a vu la mauvaise délimitation straiigraphique. Le savant paléontologiste de Berlin place les cal* caires crayeux de Gosau sur l'horizon du planer dQ l'Allemagne,

{^) Berichte ueber die Mittheil,^ vol. V, p. 29, 4 849.

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mais comme ce planer est lui-m^me an étage assez complexe, ootis rechercherons plus loin à laquelle de ses sons divisions correspondent en réalité les couches de Gosau. Celles de Pola représenteraient encore une de ces sons-divisions. Si, d'ailleurs, l'Hippurite d*Opsciiina est réellement Vif. comu^vaccinium, M. Ëwald ne verrait ancun motir pour ne pas mettre les bancs qui la renferment en parallèle avec les calcaires marneux de Gosau où elle se trouve anssL

Quoi qu'il en soit, nous ferons remarquer que, des quatre groupes crétacés , dont trois au moins ont nn développement considérable sur le \ersant des Alpes vénitiennes, un seul, celui de la craie tuiïeau, est représenté jnsqu\'t présent avec certitude par des fossiles de son troisième étage sur le versant occidental des Alpes juliennes dans ristrie et TUlyrie. Mais le substrat um au karskalk a*étant pas bien connu et ne paraissant aflleurer nulle part, rien ne s'opposerait à ce qu'on le supposât formé par le groupe néocomien, si constant sur l'ancien rivage opposé à celui dont nous venons de parler en dernier lieu. Mémoir* L'cssai géologique sur l'istric que viennent de publier MM. Ë. cLni»iia Cornatia et L. Chiozza (1) n'est sans doute pasi l'abri de quelques *i critiques, surtout en ce qui concerne les fussilesiet les conclusions, mais il n'en a pas moins rendu un véritable service k la science, et ce pays, que des études superficielles ou incomplètes avaient, comme on vient de le voir, fort embrouillé, est rentré dans les lois générales reconnues pour les régions euvironnantes. Quoique noas ayons déjii parlé de ses couches lertiaires inférieures dans le troi-* sième volume, nous croyons utile, en même temps que nous traiterons des assises crétacées, de revenir sur une descriplioo que nous avons dû laisser si imparfaite.

On appelle Carso {Karst) le plateau qui, de Ooino, Opschina, San-Severlo, etc. , s'étend vers l'Ë. Dans ce district, des grottes nombreuses et fort étendues renferment des amas d'ossements très considérables. Telles sont les grottes d'AdeIsberg , de Maddalena, et surtout celle de Panina, où l'on pénètre en bateau et où l'on peut naviguer pendant plus de deux heures et demie sur un vaste lac, I la seule clarté des torches.

Les principales roches de l'Istrie sont des calcaires el des grès

(t) Cenni f^colo^ici sitil'htr/o,^\ec carte ot planches do fossiles ^Ctoni, firil'J. R, J.siitttio lomb, di scu/iiCf Icttere cd arii, noi\ 4'cr.,vol. 111, Milan, 1852).

ISTRIE ET hUOVlNCES lLLVHIEN?liÎ!S. Ô9

dWîsès counne il suit, en allniil de bas en liant : cniatire noir, thlomtes , tahaite compacte , calcaire â Hf/ipurites , calcaire 6itu* mhteux , calcaire nummnlitiqve inférieur, gjrs de Trieste^ gr^èé de Pisino et tasscUo, calcaire nummulitigue supérieur.

(P. 7.) Le calcaire noir est la rucUe h plus ancienne du pays, el sort de dessous le calcaire à Hippnrites dans beaucoup d*endroîts. M. J.-J. llcckel (1) le rapporte 5 la craie, mais MM. Cornalia et Chiozza ne se prononcent )M)ittt sur son fige. Ce calcaire forme unt» large zone qui, de(!omen et de Druskowitz, dans le Carso, s*étend k S. Canziano et 5 Nucla. Il est schisteux et se divise en plaques très minces. Son inclinaison est variable. On y trouve des restes de plantes {Alethopteris Brovgniarti , Gôpp.) et des empreintes dd poissons à Comen, un nouveau genre de sauroîde , un autre aussi nouveau et voisin des l'hrissopê, Agass. , puis le Chirocentrites gracilis, Kuk. , le C. coronini^ id. , le C microdon, Heck. , un Calurus, 0, sp. , un Gyrodus , n. sp. , et leMicrodon eUgam? Agass. Des débris de reptiles rencontrés aussi à Comen ont été décrits et figurés sous le nom de Mezoleptos Zendrini.

La dolomie ne se trouve que dans les environs de Rovigno, Dignano, Pola et Monpaderno ; mais il cxisite, en outre, des calcaires plus ou moins magnésiens. La dolomie est compacte ou saccha* rolde, de leinlc obscure ou claire, et constitue, par l'agglomération de xtH petits cristaux , une roche d'apparence grésiforme. Quelqncfois elle est friable et tendre, se réduisant en une poussière cris* talline. La variété sacrharoûle alterne avec des calcaires seulement magnésiens, et rien ne prouve que ce soit un résultat de métamorphisme, on n*y observe point de fossiles; le plongement est au S.-B. vers P(>l3i et inverse du côté du canal de Lemmc , au nord de Rovigno.

Le calcaire compacte qui paraît recouvrir la dolomie domine surtout entre Pola et Rovigno avec une inclinaison au 9.-£. , semblable à celle de la dolomie. Les fossiles y sont rares. Près de Pola, le calcaire est blanc et tendre ; à Test, il passe au calcaire 5 Hippurites, et dort en être regardé comme la partie inférieure, sans cousliluer un étage distinct

, ari^--*- ■ Il - --■ - - - - r ■- — j__jj ijL. III inj .j LM

(4) Ucber efnigr bis lier tinber/innte Artcn Joss. Fisclie ans der G(};ni VON CôrZy etc., Vienne, 4 849. — BvitrU^c zur Kcnntniss dcrjnsx. Fische OEstrrrcisclis-Dcnhchiifttn d. K, Jkad. d, ff^'iS" itnschaften . fFien ,4850.

100 ISTAIB ET PROVINCES ILLYftlENNES.

Le calcaire à Hippurites s*étend des grès de Goritz à ceux de Tricste, dont il est séparé seulement par une bande de calcaire nummulitique inférieur. Il est ordinairement un peu gris , quelquefois jaunâtre et compacte, presque toujours parfaitement stra* tlGé. Les Hippurites abondent surtout à Mcdea, Duino, S. Croce, Monte -Spaccato, etc., prèsd'Opscliina. Au sud-est, entre Ferneticli et Lippiza, les traces de coquilles gas(ére|)odcs sont d'autant plus fréquentes qnVm s*approche de Basovizza où le calcaire, renfermant des lits de charbon , semble former le passage au calcaire nummulitique inférieur. Le calcaire à Hippurites, qui constitue principa'cinciit la partie sud-ouest de la pro\inr43. est aussi séparé du grès par la bande de calcaire nummuliiique inférieure , qui se prolonge de Brige à reiuboncliure de l'Àrsa. A Pihino, cependant, le gr&s du centre de Tlstrie parait être en contact avec le calcaire à Hippurites. Ce dernier est d'iiii as|K'Ct variable PrèsdePnla.il est blanc, tendre, cl c*esl des carrières de Ycruda que les Romains ont extrait les matériaux de leurs monuments. Près de Fili()pano, la roche est d'une texlui'c grossière, et, dans la vallée de Carpano, le calcaire veiué de ix)sc a une texture saccliaruïde comme à la porte de Pinguente.

La Caprineila dep9*€ssa^ n. sp., a été rencontrée au mont Spac^ cato près Trieste, puis les Hippurlles cornu vacciniwïiy Bronn, costulalus, Gold., et la Hadiolites loucasiana, d'Orb., a\ec d'autres espèces qui |)araisseni être nou\elles , ont été observées au nord de la ville, à S. Slefano cl à Viilanova dans la vallée du Quieto. A Pola sont signalées les SphœrulUes Jouanetii, Des Moul., acafivostaia (Hafliuiites^ id. , d'Orb.), la Hadiolites loucasiana, d*Orb. , et une Hamile? La seule Térébralule connue et voisine de la 7*. i)efrancei^ Alex. Broug., provient de Duino, et une Calyptrée (C cydopea?) a été trou\éeà Pola.

Au dessus de ce calcaire viennent ordinairement les assises num* mulitiques bien concorda nies, comme à la montagne d*Opschina et aux limites de la bande de calcaire nummuliti(iue , qui borde le dépôt de grès de l'isirie centrale, dpendant, il arrive quelqtiefois que les deux formations sont séparées par un calcaire bitumineux rempli de Cérites, et dans la partie inférieure duquel se trouvent des lits épais de charbon exploité à Carpano. Quelquefois , cette substance repose sur le calcaire saccharoïde à Hippurites; ailleurs elle en est séparée par une argile grise remplie de Cérites. Au nord dePisino, à Gherdoselia, le gisement charbonneux est le même, mais le calcaire bitumineux est plus schisteux et préscuie des empreintes

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